‹ Notice biographique et bibliographique sur Michel de MontaigneChapitre 62 sur 140 · LXXXIV NOTICE · texte numérisé non relu

LXXXIV NOTICE

la hasse-cour, le vignoble et les ormes du chancelier, le philosophe périgourdin emportait de sa visite tine réflexion que nous retrouverons bieiitôt sur les solives de sa librairie.

Avant de rentrer en Guyenne, Montaigne reçut presque en même temps la nouvelle de la naissance et de la mort de sa première fille Thoinette. Dans sa douleur il dédia à sa femme parmi les traductions de La Boétie, alors sous presse, la Lettre de Consolation de Plutarque pleurant la perte d'un enjant.

La plupart des biographes de Montaigne prennent à la fin de leur travail le soin de nous entretenir de sa bibliothèque et des inscriptions peintes à l'encre sur les solives de ce lieu de méditation et de travail comme s'il s'agissait de décrire un tombeau et d'expliquer des épitaphes. Il y a là une erreur grave. Ce n'est pas à la fin de sa vie que l'auteur des Essais fit aménager pour lui la tour de la librairie où il s'enfermait pour être indépendant d'autrui et maître de lui-même, c'est à l'heure où il écrivit le chapitre de l'Oisiveté et celui de l'Amitié'.

Comme les grands artistes suspendent aux murs de leur atelier des morceaux d'art ancien, canons des suprêmes beautés, qu'ils ne perdent jamais de vue, de même Montaigne fit inscrire sur les solives du plafond de sa bibliothèque les sentences qui lui paraissaient le fondement de toute philosophie.

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