XCVIII NOTICE
Dans ces conditions, il valait mieux vivre loin de lui, sans ■sujétion officielle, à l'abri de toute dépêche des secrétaires d'état.
Fidèle aux traditions paternelles, Mo?itaigne avait conservé d'étroites relations avec le collège où il avait reçu, d'illustres professeurs, un inoubliable enseignement. Il y avait gardé de l'influence puisqu' en ij6y il décida Jehan Guijon ' à accepter le poste de régent de rhétorique.
C'est à la fin de 1 57-?, ou vers le milieu de 1 57/ que Montaigne donna l'hospitalité à Jacques Pelletier appelé au principalat du collège de Guyenne. Versé dans les lettres comme dans les sciences. Pelletier était en même temps un infatigable voyageur. Il était déjà venu à Bordeaux en z J4p pour obtenir au collège un emploi de professeur. Vinet l'avait emporté sur lui. En 15 y-?, il avait reparu dans la même ville, cette fois comme médecin, et il en exerça la projession. Plus tard on le retrouve à Lyon précepteur du fils du maréchal de Brissac. Après le prompt départ de ce dernier pour Paris, Pelletier figure au nombre des plus illustres amoureux de Louise Labé. Du Verdier nous apprend que cette passion, demeurée sans récompense, fit verser bien des
I. Jehan Guijon sortait du collège de Navarre. Selon toute apparence, il était envoyé à Bordeaux par Kicolas de Grouchy qui surveillait alors à Paris l'impression de sa critique latine du de comitiis de Sigonius et plaçait sous le patronage de Michel de l'Hospital cette œuvre dont la supériorité a été proclamée par Panvinius, Pitiscus, Freytag et plus récemment par M. J. J. Ampère dans son Histoire romaine à Rome.