NOTICE XCIX
larmes à l'admirateur dédaigné \ Avant de prendre la direction du collège de Guyenne, il revint à Paris, visita Rome et vécut plusieurs mois à Annecy où il écrivit et Ht paraître son poème de la Savoie.
Cette énumération sommaire des déplacements de Pelletier, et la diversité de ses ouvrages expliquent mieux que des détails circonstanciés pourquoi ce véritable savant ne put se maintenir dans les fonctions de principal au delà d'une année scolaire. Il n'avait aucune des qualités d'un directeur d'enseignement. Dans l'eticeinte du collège, à la tête des professeurs et des élèves, il était le premier perturbateur de l'ordre. Il favorisait également les saisies doctrines et les aberrations scientifiques. Enfin il ne pouvait supporter aucun blâme sans se plaindre de persécution. Malgré ses bizarreries, à cause de sa sincérité même et de son inépuisable érudition, il devint l'ami d'hommes étninents, de Pierre de Brach, de FI. de Raymond, de du Bartas, mais aucun d'eux ne réussit a le défendre de ses adversaires. Devant des attaques trop fondées, il fut contraint de se retirer et de céder son poste au vénérable Elie Vinet.
I. Ses vers furent également dédaignés. Il avait écrit en l'honneur de Louise Labé une ode commençant ainsi :
« A/oii eur voulut qu'vn iour Lion ie vlffe. a
Elle fut exclue, on ne sait pour quel motif, de la deuxième partie des œuvres de Louise Labé, composée de tous les poèmes inspirés par les louanges de la Belle Cordière. Voir l'édition de Lyon. Durand et Perrin, 1824. Notes, p. 232.
C NOTICE
A tous les instants de sa vie, Pelletier pécha par excès d'humour. Chez lui l'astrologue, le mire et le savant faisaient trop bon ménage. C'est bien ainsi qu'il nous apparaît dans les deux pages des Essais oii le moîitre l'auteur^. Dans la première, il offre à Montaigne une pièce d'or plate ornée défigures célestes comme spécifique contre le coup de soleil et la douleur de tête'. Dans la seconde "> Pelletier entretient son hôte de la propriété des asymptotes. Il s'en attribue même la découverte.
Il disait en effet qu'il avait « trouuê deux lignes s'acheminans l'une vers l'autre pour fie ioindre, qu'il verifioit toutejois ne pouuoir iamais iufiques à l'infinité arriuer à fie toucher'^. »
Jusqu'ici aucune des particularités de la vie de Montaigne n'a donné naissance à quelque méprise. Il en est une cependant qui paraît avoir égaré certains biographes et les avoir amenés à certifier que l'auteur des Essais avait à sa sortie du parlement embrassé la carrière des armes. L'inci-