‹ Notice biographique et bibliographique sur Michel de MontaigneChapitre 8 sur 140 · XVII! NOTICE · texte numérisé non relu

XVII! NOTICE

Pierre Eyquem ne prit pas uniquement soin de l'éducation de Michel. Il installa chez lui pour ses autres enfants un collège de répétiteurs . Il acquit ainsi une telle réputation d'organisateur d'enseigne?ne?it de famille, qu'un professeur, nommé Pierre Dufour, vint en ij4p s'offrir comme le précepteur des frères puînés de Montaigne. Ce solliciteur, qui n'avait pas jugé trop lourde pour lui la succession de Grouchy et de Euchanan, fut éconduit sous prétexte qu'il ne savait pas assez de grec ' .

Montaigne et ses frères ?ie paraissent pas avoir fait de grands progrès dans la connaissance de la langue réputée insuffisamment familière à Pierre Dufour. Mais il en fut tout autrement de Jeanne de Montaigne, plus jeune que Michel de trois ans, et qui à vingt-neuf ans épousa Richard de Lestonnac, seigneur d'Espaigne ou du Parc, a Mérignac.

Une divertissante anecdote, tirée de la Chronique de Gaufreteau, va nous montrer que la sœur de Montaigne n'avait, après dix-sept années de mariage, rien perdu de la science du grec :

« 1 jSj. En ce temps, il y auoit vue damoifellc, femme du vieux Lefîonna, confeiller au Parlement de Bourdeaux, ù" feur de Michel de Montaigne, maire de la di6le ville, qui ejioit grandement fçauante ; car elle parlait bon Latin ù" bon Grec. Sur quoy eji à noter que, comme vn jour, vn aultre confeiller

I. Furnius venerat ad nos, Montanoram spe adductus, qua excidit, quo grascas Hueras non teneat. Gelida. Let. xli.

Voir E. Gaullieur, Histoircdii Collrgc de Guyenne, Paris, 1874. p. 232.

NOTrCE XIX

du Parlement de Bourdeaux, fut venu trouuer fon mari pour le meîier en quelque ajjignation de deshauche Ù" d'amourettes eftrangeres, <ùr pour cet effeSî eut declairé fon dejjein au confeiller, mary de la di6le damoifelle en luy parlant Grec, ne croyant pas qu'elle l'entendoit, la diSîe damoifelle lui di6l des iniures en mefme langage ù" luy fit paffer la porte plus vitte que du pas '. »

La coniiaissance du théâtre latin et le goût des nouvelles italiennes mises à la scène amenèrent Montaigtie à accepter un rôle dans les pièces écrites par les professeurs du Collège de Guyenne qui étaient tenus de savoir composer et prononcer oraisons, harangues, dialogues et comédies. // ne souffrait pas encore du malaise de sa mémoire, et il ne tarda pas à exceller sur les planches du Collège^.

« Mettrai-ie en compte, dit-il, cette faculté de mon enfance, Vne ajfeurance de vifige, Ù" foupplejfe de voix ù" de gejïe, à n'appliquer aux relies que i'entreprenois > Car auant l'aage,

Alter ab vndecimo tutn me vix ceperat annus :

i'ay foujîenu les premiers perfonnages es tragédies latines

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