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plusieurs de nos littérateurs de renom prirent tour à tour la parole. Mgr Taschereau y lut un discours qui fut sans contredit le meilleur, et qui restera l'ornement des annales de cette institution. Mais la gloire d'auteur n’a jamais tenté le cardinal. Sa gloire, à lui, son bonheur, c’est de travailler à la vigne du Seigneur, de la manière qu'il croit la plus efficace. Et nous sommes le témoin que ses travaux ont été immenses, et que tout son temps est consacré au gouvernement de son diocèse.
Chaque année, il ne manque jamais d’en visiter une partie et il l’a déjà parcouru quatre fois dans toute son étendue. Dans ces visites, cent vingt miile fidèles ont reçu de ses mains le sacrement de confirmation.
Pas de missions qu'il n'ait vues par luimême et dont il n'ait encouragé les commencements toujours si pénibles. C’est en se rendant compte des besoins et des ressources de nos townships, que son zèle pour l'œuvre de la colonisation n’a fait que grandir. Convaincu que pour retenir les Canadiens dans le pays, il ne suffit pas de leur donner des terres à cultiver, mais
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qu'il leur faut des prêtres pour bénir leurs travaux et des églises où ils puissent se réunir eb prier, le cardinal s’est efforcé de multiplier les missions et les chapelles, et, par son ordre, de courageux missio:naires vont partager avec les colons, les fativues et les privations que l’on rencontre toujours dans les nouveaux établissements. Avec l'aide de la Propagation de la Foi, et d’une
- société de colonisation dont il est le fonda.
teur, il à érigé canoniquement quarante paroisses et établi trente-et-une missions, dont dix ont actuellement un curé résident.
“ Dans ses tournées pastorales annuelles, le cardinal est presque indifférent aux démonstrations éclatantes, que lui font les grandes paroisses, et il ne s’y prête que pour ne pas froisser un sentiment digne d’éloge, uniquement inspité par la foi ; mais quand il arrive dans une mission nouvelle, quand il voit la chapelle rustique, qui ne se distingue des cabanes qui l'environnent que par ses dimensions, mais donne un témoignage des eftorts et de la foi vive de ces braves colons, alors son cœur se dilate, il se
sent tout ému, il est plus touché de Ja
bonne volonté s’exhalant de cette misère,
que des brillantes solennités des paroisses riches. Il va visiter ces pauvres gens, il les
encourage, il compatit à leurs privations, il
se sent plus père au milieu d'eux. Son visage, naturellement froid, semble se transformer, et ne respirer que la joie et le bonheur,
.quand il arrive dans une de ces missions
naissantes, où la forêt ne s’est en quelque
sorte reculée que juste pour donner place à une petite chapelle. Assez souvent, il lui
faut, pour cela, franchir des dix, douze et quinze lieues par des chemins exceptionellement mauvais ; mais il ne voudrait pas, pour tout au monde, omettre la visite d'une seule de ces missions. Du reste, cette visite se fait avec les mêmes solennités que dans les riches églises des anciennes paroisses: l'entrée se fait avec chape, mitre et crosse, suivant toutes les prescriptions du Pontifical; et souvent il a recom
mandé au cérémoniaire qui l'accompagne, de faire pour ces pauvres gens comme pour les grandes paroisses. Malgré la fatigue de
de la
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reste, solenes anchape, ssCripecom pagne, e pour vue de
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ces voyages continuels, malgré des nuits
souvent passées sans sommeil, à cause des
moustiques, ce fléau des nouveaux défrichements, Son Éminence donne aux autres prêtres de la visite, l'exemple de la poncetualité, en même temps qu'elle les encourage au travail par un visage toujours souriant. |
“ Avec des sentiments comme ceux-là, on comprend que Son Éminence ne confie à d’autres la visite pastorale de son diocèse, que lorsqu'elle ne peut faire autrement.
Même alors son cœur suit la visite, et va de paroisse en paroïsse avec son vénérable remplaçant. On en jugera par l'extrait suivant d'une lettre écrite de Rome, en 1884, au milieu des préoccupations des affaires
les plus importantes, à l’un des prêtres ! qui
faisaient partie de la visite pastorale cette année-là, et qui a bien voulu nous le communiquer, On nous saura gré de la production de ce petit trésor, où le cœur de Son Éminence se montre à découvert :
1 M. l'abbé C. O. Gagnon, aujourd’hui Camérier Secret de S. S. Léon XIII.
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‘“ Mon cher monsieur,
“ J'ai reçu hier, avec beaucoup de plaisir, “ votre lettre du 25 juin, écrite de Saint- L Georges de Beauce, en plein milieu de la ‘“ visite. Je regarde souvent cet itinéraire, “que je parcours en esprit, en regrettant “ de ne pouvoir le faire aussi de corps. Ce “ qui me contrarie et me contriste le plus, “c'est de ne pouvoir connaître par moi- “ même les progrès de ces diverses missions “ naissantes dont il est si intéressant et si “encourageant de suivre les accroisse- “ ments. De plus,cette connaissance person- “ nelle est souvent nécessaire pour résoudre “ bien des difficultés. Vous avez grande- “ ment raison de dire que j'aurais éprouvé “ un grand bonheur en voyant les progrès “ de Saint-Zacharie, et je vous remercie de “ l'intérêt tout particulier que vous avez “ manifesté pour cette mission naissante, “ qui paraît en si bonne voie de prospérité.
"# Quaranie confirmands ! C’est plus qu'il “n’y avait d'émes quand j'y suis allé en . “ octobre 1881 !”........,..... Lip “ Votre tout dévoué en N.S$,
“4+E À. ARCH. de Québec.”
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“ Qu'on le remarque bien, cette visite pastorale n'est pas une simple tournée de Confirmation, bien que l'administration de ce sacrement en soit l’occasion. Son Éminence, suivant en cela l'exemple de ses zélés devanciers, visite tout : l’église, l'autel, les vases sacrés, le vestiaire, la sacristie, le presbytère et surtout les comptes de la fabrique ; et elle prend des notes sur ce qu'elle voit. Il en résulte quelquefois des reproches ou des avertissements charitables, mais le plus souvent des compliments et des encouragements. Aussi peut-on affirmer que Son Éminence connaît toutes les ressources, tous les besoins, tout ce qu’il y a à améliorer, à perfectionner, à créer dans toutes les paroisses et missions de son vaste diocèse.” 1
Dieu a visiblement béni les œuvres de son servitenr fidèle. Et cette bénédiction, le cardinal l'attribue en grande partie à la belle et touchante dévotion des Quarante- Heures, qu'il a établie dans toutes les
1 Le premier eardinal canadien.