‹ Notice biographique sur François de Laval de Montmorency [microforme]Chapitre 19 sur 110 · EE ES · texte numérisé non relu

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Les lettres de l’Evêque de Pétrée à la Propagande donnent une idée exacte de l’état des esprits. Il écrivait en 1660: “II y a à Montréal des prêtres séculiers que l’abbé de Queylus avait amenés avec lui en 1657; et j'ai nommé pour faire les fonctions de curé, celui d’entre eux que j'ai cru plus obéissant, ou moins opposé que les autres, à l'autorité du St. Siége, en ce qui concerne la juridiction prétendue äc l’Archevèque de Rouen. Ils sont quatre prêtres avec un clerc, tous plus po:tés qu'il ne convient er faveur de l’Archevêque et pas assez envers le Siége apostolique ; parcequ'ils ont puisé les sentiments de l’abbé de Queylus auxquels ils sont trèsattachés.”

Le 22 Oct. 1661, le prélat écrivait au Souverain Pontife : “Je prie V.S. de me faire connaître quelle est sa volonté touchant la juridiction de l'Archevêèque de Rouen. M. l'abbé Queylus, venu ici année avec la qualité de vicaire de cet Archevèque, a voulu nous tromper par des lettres subreptices, et n’a obéi ni à nos prières, ni à nos défenses réitérées. Mais il a recu l’ordre du Roi de retourner incontinent en France pour rendre compte de sa désobéissance, etila été contraint par notre gouverneur de se conformer aux volontés du Roi. Maintenant, je crains que de retour en France, usant de tous les moyens, employant de nouveaux artifices, et faisant un faux exposé de nos affaires, il n’obtienne de la Cour Romaine quelque pouvoir qui trouble la paix de notre Eglise. Car les prêtres qu'il a amenés avec lui de France. et qui habitent Montréal, sont animés du même esprit de désobéissance et de division, et j'appréhende avec raison que tous ceux qui, dans la suite, viendraient se joindre à eux du Séminaire de $. Sulpice, ne soient dans les mèmes dispositions. S'il est vrai que le droit de patronage de la prétendue paroisse de Montréal ait été accordée au Supérieur de ce Séminaire, et le droit d’y pourvoir à l’Archevèq".e de Rouen, comme on dit qu’its l'ont obtenu par lettres subreptices, ce serait élever autel contre autel dans notre église du Canada; le clergé de Montréal devant m'être toujours opposé à moi Vicaire Apostolique, ou à un autre qui me succôderait un jour.”

Le St. Siége aussi bien informé donna immédiatement ordre aw Nonce d'empêcher l'exécution des Bulles accordées à M. de Queylus, et la Propagande avertit l’abbé qu’il n’eût à s’attribuer aucun droit dans l: Colonie de Montrérl, Ainsi furent soutenues les attributions de Mgr, de Laval, et confondues les intrigues des hommes en apparence les moins faits pour ce genre d'opposition.

Dans le même temps, on avait fait instance à Rome pour obtenir

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aussi l'érection d’une paroisse à Québec, en faveur de M Gabriel de Pestel, mais on écrivit de la Propagande que la demande n'avait pas été admise par faute d’attestations: il était difficile de ousser le défaut de délicatesse plus loin que ne le faisaient ie qui demandaient l'érection d’une paroisse dans le lieu même de 1

résidence d’un Vicaire Apostolique sans lui on parler.

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