‹ Notice biographique sur François de Laval de Montmorency [microforme]Chapitre 20 sur 110 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Défense de vendre de la boissor enivrante aux sauvages—Témoignage de la Mère Marie de l'Incarnation—Peinture des maux causés par la boisson—Ferland— Histoire de Montréal par M. Dollier—Proposition du Major Andros—Arrèt du Conseil Supérieur de Québec—Défenses du Roi, d’après M. de la Colombière—Lettre du Roi au Vicaire Apostolique--Esprit de conciliation de l'Evêque—Relation de 1660—Excommunication portée en 1669—Persécution contre l’Evêque et le clergé—Faiblesse des autorités devant les réclamations—Opinion de la Vén. Mère de l'Incarnation—Réponse de la Sorbonne à une consultation de l'Evêque.

( ê Daxs un autre démêlé où la gloire de Dieu et le biez des âmes. | étaient concernés, tous les ecclésiastiques agirent de concert sous | | la direction de leur Evèque, mais ils rencontrèrent une opposition incroyable de la part du Gouverneur d’Avaugour; c'était à l'occasion de la défense qu'ils faisaient aux marchands dé vendre des boissons enivrantes aux sauvages. Pour se faire une juste idée du dommage irréparable que ce commerce causait à la propagation de | la foi, il faut lire ce que les contemporains en disent : | Î « C'est une chose déplorable,” dit la Vén, Mère Marie de l’Incarnation, ‘“ de voir les accidents funestes qui naissent de ce trafic, Mgr. notre prélat a fait tout ce qu’ii peut imaginer pour en arrêter le cours comme une chose qui ne tend à rien moins qu'à la destrucon de la foi et de la xeligion dans ces contrées. Il a employé toute sa douceur ordinaire pour détourner les Français de ce commerce si contraire à la gloire de Dieu et au salut des sauvages. Ils | ont méprisé ses remontrances parce qu'ils sont maintenus par une E ! puissance séculière qui a la main forte, Ils lui disent que par- | tout les boissons sont permises. On leur répond que, dans une nouvelle église, et parmi des peuples non policés, elles ne le doivent pas être, puisque l'expérience fait voir qu'elles sont contraires à la propagation de la foi et aux bonnes mœurs que l'on doit attendre des nouveaux convertis. La raison n’a pas fait plus que la douceur., Il y a eu d’autres contestations très grandes sur ce sujet. Mais enfin le zèle de la gloire de Dieu a emporté notre prélat et l'a

pignage de la Mère joisson—Ferland— jor Andros— Arrêt rès M. de la Colomde conciliation de 1669—Persécution levant les réclamanse de la Sorbonne

le bier des âmes.

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notre prélat et l'a

obligé d'excommunier ceux qui exerceraient ce trafic. Ce coup de foudre ne les a pas plus étonnés que tout le reste : ils n’en ont

tenu compte, disant que l'Eglise n’a point de pouvoir sur les affaires de cette nation.”

M. Ferland fait, dans son cours d'histoire du C., un résumé des maux causés aux sauvages par la boisson.

“ Dès le temps de Champlain” dit-il, ‘s'était révélé un abus que cet homme sage s’efforça promptement de faire disparaître. Les sauvages témoignaient une véritable passion pour le vin et l’eau-de-vie ; ils en buvaient, dans l'intention de s’enivrer et souvent avec l’arrière-pensée de commettre quelque mauvais coup: durant teur ivresse: #5: 265 M6 Re he MR RUN SC De là résultaient des maux graves : les sauvages en souffraient au physique et au moral, tandis que les Frauçais qui prenaient part à ce commerce s'avillissaient, en se livrant à des fourberies indignes et à de honteux désordres, * # %* # % % % % % 3% Aussi les désordres s’accrurent avec une effrayante rapidité ; l’eaude-vie fut distribuée sans ménagemeat aux sauvages, et la petite chrétienté qui avait donné les plus belles espérances tomba dans un état déplorable de confusion et de démoralisation.” * %# % %*

M. Dollier remarque dans l'Hist, de Montréal que ‘“ Sans l’eau de vie, nous aurions des milliers d'exemples de conversion parmi les. sauvages ; mais cette liqueur est pour eux un apyât diabolique, qui entraine presque tous ceux d’entre eux qui fréquentent les Français. On les voit tous périr par ce malheureux commerce; et c'est une extrême afliction pour les personnes qui sont le plus dans les intérèts de Dieu; car il n’y a quasi rien à faire qu'avec les enfants et les: vieillards. Tous les autres, soit Algonquins, soit Iroquois, ont une telle avidité pour les boissons qu'ils ne cessent de boire qu'après être ivres à n’en pouvoir plus.”

Le Major Andros alors Gouverneur d'Orange et ensuite de Manate, proposa au Gouverneur du Canada de défendre de concert chacun dans son gouvernement la vente de l'eau-de-vie aux Sauvages. Mais cette ouverture ne fut pas bien accueillie,

Souvent l'Evèque avait la douleur de voir que le bien était étouffé parle peu de concours que lui donnaient les autorités civiles dans le pays.

“ Le Vicaire Apostolique, dit M. de la Tour, s’opposa comme un mur d’airain, au désordre extrême qu'il prévoyait irréparable ; il parla avec force, il agit avec vigueur ; il employa toute son auto-

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