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En nommant M. de Courcelles gouverneur et M. Talon intendan. le Roi les avait chargés d'examiner les piaintes portées contre M. Mésy, mais en mème temps il avait confié tous les pouvoirs
judiciaires à l’Intendant seul. Quant au but de l'expédition
contre les Iroquois, Colbert l’exprimait comme suit à Mgr. de Laval: “ Sa Majesté se propose ensuite d'établir un bon ordre pour le gouvernement et l'administration des affaires civiles et militaires du Canada, afin de pouvoir augmenter considérablement la colonie.”
M. de Tracy qui était un homme de sens, fit effacer dans les registres du Conseil Supérieur les entrées ridicules que M. de Mésy y avait fait mettre à l’occasion de ses débats avec l'Evèque, de ses querelles avec le clergé, et de certaines plaintes contre la confrérie de la Ste. Famille. Le rapport du tout adressé au Roi lui fit comprendre que le tort avait été du côté du gouverneur ; il écrivit à l’'Evèque en conséquence,
‘ M. l'Evesque de Pétrée, je n’attendvis pas moins de votre zèle pour l’:xaltation de a foy et de vre affon su bien de mon service que la conduite que vous tenez dans une mission aussy importante et aussi sainte que la vostre. La principale récompense en est reservée au ciel qui seul peut vous la donner preporticnnée à vre mérite, Mais vous devez faire estat que celles qui dépendent de moy ne vous manqueront pas dans les rencontres. Je me remets du surplus a ce que le Sr.Colbert vous mandera de ma part et prie Dieu qu'il vous ayt Mr. l'Evesque de Petrée en sa Ste. garde. Escrit à St. Germain en Laye, le ler d'avril 1666.
(Signé,) Louis.”
À Mr. l'Evesque de Pé:rée,
Ce1ix qui ont voulu faire croire qne Mgr. de Laval était tombé dans ia Gisgrâce de la Cour et que sa conduite dans le gouverneme” ‘ de son diocèse avait été blâmée, n'ont pas réfléchi sans doute qu'ii existait des documents historiques capables d'établir la vérité. Aussi est-on surpris de la persistance qu'ils ont mise dans leurs avancés, lorsqu'on parcourt la correspondance de l’illustre prélat avec les ministres. C’estsux cette époque surtout qn ilimporte de réunir comme un faisceau les dérlarations si formelles des ministres d’État tant en leur projre nom qu’en celai du Roi.
Le prélat avait pris part à la joie commune en apprenant l’heureux succès de la marche de M. de Tracy; il ft chanterie Te Deum
l'alon intenbrtées contre les pouvoirs l'expédition
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après la messe, et ordonna une procession in gratiarum actione. Au printemps Colbert lui écrivit la lettre suivante :
4 Monsieur, J'ay reçu les deux lettres que vous avez pris la peine de m'escrire du vingt-deux de Novembre de l’année ‘dernière 1666: après la satisfaction que le Roy vous tesmoigne luy-mesme qu'il a des soins que vous continuez, de prendre toujours avec le mesme zèle du christianisme de la Nouvelle France,establir une solide pié-
ié parmy les habitans, de les entretenir dans les exercices de nostre:
religion et de les maintenir dans les deux devoirs auxquels ils sont obligés envers Dieu et envers Sa Majesté, il seroit superflu qu je vous en parlasse. Ainsi je me renfermeray à vous dire en mon particulier que je vous envoye par son ordre la somme de six mil livres pour en disposer ainsy que vous le jugerez pour le mieux pour subvenir à vos besoins et à ceux de votre Esglise, et que l’on ne svauroit donner un trop grand prix à une vertu comme la vostre qui se soustient toujours esgalement, qui estend charitablement ses assistances partout où elles sont nécessaires, qui vous rend infatigable dans les fonctions de l’Episcopat, nonobstant la faiblesse de vostre santé, et les infirmitéz fréquentes dont vous estes attaqné et qui ainsy vous fait partager la peine d’administrer les sacrements dans les lieux les plus escartéz des principales hahitations avec le moindre de vos ecclésiastiques, Je n'ajouteray rien à cette expression qui est toute sincère de peur de blesser la mocestie qui vous est naturelle, Mais permettez-moy, Monsieur, avant de finir ces lignes,äe vous supplier quoyque vous fassiez l’une de vos plus importantes occupations de bien faire eslever les enfans, d'en user toujours à leur esgard avec la mesnie bonté que vous avez fait iusques icy, parce qu'il est certain que c’est le meilleur moyen de bien policer :a colonie et d’y former des gens capables de servir Dieu, et le prince dans toutes les professions différentes où ils se trouveront engagéz pendant le cours de leur vie, Cependant je demeure, Monsieur, Vostre très-haumble &i irès-obéissant serviteur (Signé,) CoLBERT.”
À St. Germein, le 5 Avril 1667.
Les éloges que le ministre adressait aux zèle de notre Kvèque, n'étaient pas de vaines formules: on en peut juger par les périls On en jugera encre pur ce qui
que ce zèle lui frent surmonter.
est rapporté dans la Relation de cette année (1668): “Sur la fin de l'hiver, toutes ces églises errantes s'étant ramassées à Tadousac, eurent la consolation,quelque temps après,de jouir de la présence de Mgr. l’Ev. de Pétrée, lequel après avoir fait partout sa visite on canot, c’est-à-dire à la merci d’une frèle écorse, et après avoir parcouru toutes nos habitations depuis Québec jusqu’au dessus de Montréal, donnant même jusqu’au fort de Ste. Anne, qui est le plus éloigné de tous les forts, à l’entrée du lac Champlain, voulut faire part de ses bénédictions à notre église des sauvages de Tadousac, s’y étant rendu sur la fin de juin après avoir bien souffert de la part des calmes et des tempêtes de la mer. Il y donna la confirmation à 139 personnes : ensuite, il entra dans leurs cabanes les unes après les autrex, pour visiter les malades et distribuer des aumones aux veuves et aux orphelins et parla à tous affectueusement dans un festin qu'il leur donna.”