‹ Notice biographique sur François de Laval de Montmorency [microforme]Chapitre 31 sur 110 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Bulles érigeant l’'Evèché de Québec, 1674—Dépendance immédiate—le Père Dablon sur l'absence de l'Evèque, 1672—Procès de M. Fénélon Sulpicien de Montréal—Procès de M. Morel, Chanoïine et Missionnaire de la côte de Lauzon—Réclamations de Mgr. de Laval en faveur 43 droits de l'Eglise— Son éloge sur ce point par Mgr de St. Valier—Mauvaise humeur de l’intendant Talon—Frontenac—Bouteroue—Talon—Duchesneau—Lettre du Ministre à Frontenac—Tiraillements entre Dachesneau et Frontenac sur la traite—Jugement de Charlevoix sur leurs défauts et qualités— Décision de la Cour favorable à la morale publique—Traversée orageuse—Lettre de M. Dudouit, 1682—Mandements contre le luxe et les charivaris—Opinion de l'historien Ferland sur Mgr. de Laval—De la Barre et De Meules—Gouverneuret intendant—Lettre de M. Dudouit à Mgr. de Laval, 26 Mai 1682— Lettre de l'Evèque à M. de Seignelay—Etablissement tenté à Port Royal par les hérétiques —-Intolérance des Anglais—M. Petit prisonnier—Lamotte —Cadillac et Perrot en Acadie.

Pour assurer la prospérité de la religion dans ce nouveau pays, on désirait beaucoup que le Vicaire Apostolique eût le titre et les attributions d'Evêque titulaire. Il paraît que le désir d’avoir un chapitre dans la cathédrale entrait pour quelque chose dans le mouvement que l’on se donnait pour obtenir une Bulle. La lettre que le Roï écrivit sur ce sujet au Souverain Pontife, le 28 juin, 1664, est très honorable pour Mgr. de Laval.

“ Le choix que Votre Sainteté a fait, disait-il, de la personne du Sieur de Laval, Evèque de Pétrée, pour aller en qualité de Vicaire Apostolique faire les fonctions épiscopales en Canada, a été suivi de beaucoup d'avantages pour cette église naissante. Nous avons licu de nous en promettre encore de plus grands succès, s'il plait à Votre Sainteté de lui permettre d'y continuer les mêmes fonctions en qualité d'Évèque du lieu, en établissant pour cette fin un siége épiscopal dans Québec; et nous espérons que Votre Sainteté y sera d’autant mieux disposée que nous avons déjà pourvu à l’entretien de l’Evèque et de ses chanoïines, en consentant à l'union perpétuelle de l’abbaye de Maubec au futur Evèché. C’est pourquoi nous la supplions d'accorder à l'Evèque de Pétrée le titre d’Evèque de Québec à notre nomination et prière, avec pouvoir de faire en cette qualité les fonctions épiscopales dans tout le Canada.”

Des négociations nombreuses, qui sont racontées par M, Faillon,* firent traîner l'affaire en longueur, en sorte que le Roi en était encore à écrire à Mgr. de Laval le 17 mai 1669: “ Vous devez être assuré que je ferai toujours toutes les diligences nécessaires à Rome pour l'érection de l’Evèché de la Nouvelle France.” Mai: la vérité était que la Cour faisait mille difficultés sur les clauses de la Bulle et que le St, Siége ne voulait pas céder de ses droits. Mgr. de Laval crut donc nécessaire d'aller traiter lui-mème cette affaire en France, et écrivit à la Propagande :

“Je n'ai jamais recherché jusqu'ici l'épiscopat, disait-il, et je l'ai accepté malgré moi, convaincu de ma faiblesse, mais en ayant porté le fardeau, je regarderai comme un bienfait d'en être délivré» quoique je ne refuse pas de me sacrifier pour l'Eglise de Jésus- Christ et pour le salut des âmes. J'ai appris toutefois par une: longue expérience combien la condition de Vicaire Apostolique est peu assurée contre ceux qui sont chargés des affaires politiques. je vœux dire des officiers de la Cour, émules perpétuels et contempteurs de la puissance ecclésiastique, qui n’ont rien de plus ordiaire à objecter que l'autorité du Vicaire Apostolique est douteuse et doit être restreinte dans de certaines limites. C’est pourquoi après avoir tout considéré mûrement, j'ai pris la résolution de me démettre de cette charge, et de ne plus retourner dans la Nouvelle- France si on n’y érige l’Evèché, et si je ne suis pourvu et muni de Bulles qui m'en constituent l'ordinaire. Telle est la fin de mon voyage en France et l'objet de mes vœux.”

Les négociations continuèrent entre les deux cours, et le Roi écrivit, le 15 Décembre 1673, une lettre au Pape pour le prier d’expédier les Bulles de l'Evêché de Québec. Elles furent enfin signées le 1er Octobre 1674. Clément X., qui était alors Souverain Pontife supprimait la paroisse de cette ville, l’érigeait en église cathédraie et donnait le soin des âmes au Chapitre. La clause de la dépendance immédiate du St. Siége avait été maintenue.

Le Roi fut obligé d’abondonner ses demandes contraires, comme il en informa le duc d’Estrées son ambassadeur: ‘ Mon cousin, lui disait-il, après avoir examiné le mémoire que vous m'avez envoyé sur les difficultés qui se sont trouvées dans l’expédition des bulles d’érection de l’Evêché de Québec, j'ai jugé à propos de vous ordonner de ne plus insister sur la demande que vous aviez faite que cet Evèché dépendit de i’ Archevêché de Rouen, ou de quelqu’autre de

* Hist. de la Col. Française.

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