‹ Notice biographique sur François de Laval de Montmorency [microforme]Chapitre 41 sur 110 · LA PRUDENCE · texte numérisé non relu

LA PRUDENCE

Celui qui lit la vie de ce saint Evêque est frappé de la pensée qu'il était dirigé uniquement par l'intérêt de la gloire de Dieu, et le salut éternel de sa propre âme. C'était son unique mobile, ce qui lui faisait mépriser tout ce qui était terrestre et ne viser qu'aux biens impérissables. Ceux mème qui ont critiqué quelques uns de ses actes ne peuvent s'empêcher de le reconnaître. ‘‘ La droiture de ses intentions, la pureté de ses vues et l’ardeur de son zèle, dit M. Faillon, * doivent excuser ce qu'il y aurait ou d’excessif dans sa conduite.”

Il n’entreprenait rien sans avoir pris le conseil de personnes sages. D'autre purt sa correspondance prouve combien sages étaient les conseils qu'il donnait aux autres.

La prudence doit être accompagnée de simplicité f: or cette simplicité brilla particulièrement dans les paroles et les actions de notre saint. ‘“ Nous l'avons vu, dit Charlevoix, dans ses dernières années conservant encore cette simplicité évangélique qui rendait si respectables les premiers successeurs des apôtres.”’

‘ La sagesse et la charité, dit M, de la Tour, présidaient à tontes les démarches de ce digne successeur des apôtres.”

Il avait des assemblées fréquentes avec ses grands Vicaires, les principaux de son chapitre, les Supérieurs des communautés et les religieux distingués par le mérite et la vertu: point d'affaire importante qu'il n’y proposât. Dans toutes celles des paroisses, les pasteurs étaient principalement consultés ; il les appelait en leur écrivant exactement avant que de rien faire chez eux, ou de rien accorder à leurs paroissiens. C'était moins un supérieur qu’un confrère, qui cherchait le bien avec eux, et qui ne le cherchait que dans la vue du bien même.

Aussi jamais prélat ne fut mieux obéi ni mieux secondé que M. de Laval, parce que bien loin d’avoir cette jalousie de métier qui veut tout faire, qui craint le mérite, qui ne goûte que le üespotisme, jamais prélat ne témoigna à ses inférieurs plus d’estime et. de confiance, ne chercha plus à faire valoir leur zèle ét leurs talents, n'eut moins envie de commander et ne commanda moins en eflet, {

net * Vie de la Sœur Bourgeoys.

+ Benoit XIV, lib. 5, c. 24, n. 10.

t Mémoires sur la vie de Mgr. de Laval,

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LA Jusrice.

Et d'abord en ce qui concerne la religion, nous avons vu que Mgr. de Laval fut vraiment et manifestement religieux, puisque dans toutes ses actions il s'appliquait à plaire à Dieu, Mais de plus, il était prêt à faire le sacrifice de sa vie pour procurer la gloire de son saint nom.

“Il s'offrit en sacrifice six jours avant son saint trépas pour porter la peine de tous les péchés du Séminaire qu'il avait fondé, il pria Dieu de l’exterminer lui seul,afin d'épargner tous les autres membres de la maison et d'y maintenir jusqu'à la fin des siècles le: très-saint amour et le véritable culte de Dieu.

La piété, qui est une autre partie de la justice, porta Mgr. de Laval à bien des démarches pour procurer le bien spirituel de ses frères et de ses neveux: sa correspondance en fournit d'amples preuves. On apperçoit dans ses lettres le respect qu'il ressentait envers les ecclésiastiques, à commencer par le Souverain-Pontife, le sacré-Collége et les Evêques, parmi lesquels il traita d’une manière particulièrement affectueuse son coadjuteur et successeur, Mgr. de St. Valier, les prêtres de sa maison, ceux qui tombaiunt malades ou mouraient auprès de lui. Combien de fois dans ses lettres n'a-t-il pas essayé d'excuserles défauts qu’on pouvait reprocher à d’autres ?

Il obéissait ponctuellement à ses supérieurs. Ce qui a paru surtout dans la question de la juridiction où les intentions du Souverain Pontife lui étaient clairement manifestées, dans l'affaire du Formulaire et dans l'établissement de la liturgie romaine: il obéissait *rès-facilement au médecin. *

Il se montra très-reconnaissant envers ses bienfaiteurs, et en particulier envers les domestiques qui le soignaient. “ Quand je pense seulement, dit son infirmier, à ces manières si tendres et si déférentes de Sa Grandeur à mon égard, j'en ai le cœur si attendri que je m'en expliquerais mieux par mes larmes que par mes paroles.”

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