SA CHARITE ENVERS LE PROCHAIN
“Comme il avait puisé dans le cœur de J.-C, les flammes dont le sien était embrasé, et qu’il avait travaillé longtemps à amortir le feu de son tempérament, on voyait dans les saillies les plus impétueuses de son zèle, un mélange de force et de douceur, de har: diesse et de sévérité, de compassion et de fermeté, une facilité, une latitude de cœur qui lui faisait embrasser toutes les occasions de faire le bien qui était à sa portée et de s'appliquer aussi fortement à chacune que s’il n’avait jamais connu que celle-là...
‘On l’a vu dans un vaisseau où il se comportait en François Xavier, où en traitant les matelots et les passagers, il les nettoyait de leurs vermines et respirait le mauvais air et l’infection qu’ils exhalaient pour soulager les malades à bord d’un vaisseau ; on l’a vu se défaire en leur faveur de tous ses rafraichissements, et leur donner jusqu’à son lit, ses draps, ses couvertures, et pour administrer les sacrements il exposait sa vie et celle des personnes qui lui étaient les plus chères... .
“ Il épargnait pour avoir un magasin garni de hardes,de souliers, de couvertures qu'il distribuait gratuitement avec une bonté et une prudence véritablement paternelles. C’est un commerce qu’il n'a jamais interrompu, pour lequel il ne s’est jamais fié qu’à luimême et dont il s’est mèlé jusqu’à la mort..."
Au fort de l'hiver il trouve un petit garçon ayant les pieds nuds et le reste du corps fort mal couvert, touché de cet objet que sa foi lui représenta sans doute comme le très-saint enfant Jésus, il amène cet enfant dans sa chambre, il lui lave les pieds, il les lui baise avec tendresse et avec une dévotion charmante. Il ne se
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