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tions de ce pays pour y connoistre mieux à quoy peuvent aller les h dixmes, et il s’est einployé partout avec succès à pacifier les g différents et à remédier aux désordres. ët Ces deux Messieurs se sont appliqués avec tout le soin et M l'exactitude possible durant tout le cours de cette année à trouver in des moyens d'établir des cures fixes dans ce pays, et après ri plusieurs conférences que nous avons tenues ensemble, nous avons v dressé ur état qu'on vous envov* signé de nous trois, où vous je verrez, Monsieurs, qu’à cause de la pauvreté des peuples, il est qi impossible de faire subsister les curés, à moins que S. M. ne donne sa le petit supplément que nous vous marquons. Nous luy sommes se infiniment obligéz de la bonté qu'elle a de ncus accorder ce qui est nécessaire pour faire passer de France icy quatre ecclésias- lu tiques ; je n’en ay fait venir aucun jusqu'à présent, qui ne m’ait ce
coûté quatre cents francs, tant pour son passage quo pour le voyage de Paris à la Rochelle, pour la dépense jusqu'au jour de l’'embarquement, et pour un calice et des ornemens d’autel, sans parler des livres dont un missionnaire doit être pourvu.
11 me parait important d'établir un curé au Port Royal situé en l'Acadie, afin d'y maintenir les habitans dane l’obéissance deue au Roy, parcequ'ils sont éloignés de Québec et tout proche des Anglois : il y a sept ans qu’un de mes ecclésiastiques * travaille utilement à ce dessein, en même tems qu'il est chargé par commission du soin des âmes. Mais comme l'habitation a près de vingt lieues d’étendue, et qu’elle est la plus peuplée de l’Acadie, il y faut encore un prestre pour ayder celuy qui y demeure depuis si longl temps. . Cet ecclésiastique m'a donné avis qu'il est passé er: ce lieu | là des hérétiques de La Rochelle qui prétendent s’y établir sous prétexte de pesche, et qui ont déjà trop de communication avec les Auglois de Boston; je vous supplie très humblement, M. de ne pas souffrir ce désordre dons vous voyés bien les suites. Le secours que vous nous avés obtenu de S, M. pour contribuer au rétablissoment du clocher de notre cathédrale est une nouvelle marque de vostre protection dont je vous suis sensiblement obligé; nous allons pa commencer cet ouvrage sans aucun retardement, y ayant déjà qua-
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*# M. Louis Petit qui avait sa résidencé à Port Royal, d'ou il faisait des missions dans tout le reste de l’'Acadie. Il se trouvait à Port Royal lorsque Phipps parut pr avec sa flotte en 1690, Le Gouverneur Manival chargea M. Petit de négocier une { capitulation ; mais les Anglais ne la respectèrent pas,livrèrent la place au pillage | gans excepter l’église, et emmenèrent M. Petit prisonnier sur le vaisseau amiral, i (Voir Haliburton, Nova Scotia.)
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tre ans que l’on ne sonne point les cloches ; la dépense sera bien plus grande que l’on n’avoit préveu, et si je ne cruignoïs point de vous être importun, je vous prierais très-humblement de représenter à S. M. qu’à raison de la pauvreté des habitans l'ouvrage demeurera imparfait, à mois. que par sa piété elle ne continue de nous secourir. Comme MM. de la Barreet de Meulles m'ont témoigné qu’ils vous exposent l’un et l’autre Ia pauvreté de notre hopital de Q,., je me joins à eux pour vous dire que nonobstant la pension annuelle que le Roy luy donne, il est si chargé de malades et de debtes que sans des secuurs extraordinaires il faut qu’il succombe, Et vous scavez, M. de quelle conséquence il est de le soutenir.
Le Sr. Bourdon * chirurgien que M. de la Barre a 1mené avec luy rend de grands services à cet hôpital et à tout le pays, c'est en cette considération que je vous süpplie de luy procurer quelque gratification de S. Mi... sssssvosos istonopopessots acer dronpecossenessneee se Pardonnez-moy, M., la longueur de cette lettre, je crois n'avoir dit que le nécessaire. Je vous demande la continuation de vos bontés pour moy et de vostre protection pour nostre Eglise et tout le pays. Personne no vous honore plus que je le fais et je suis avec autant de reconnaissance que de respect, M. vostre très-humble et trèsobéissant serviteur, à
Québec le dix novembre 1683,
LE MEME AU MEME—1687
Monsieur,
Ayant apris de M. de St. Valier que vostre intention estait que Jattendisse le retour de Roy pour prendre une dernière résolution sur mon départ, je vous prie de trouver bon que sans attendre la lettre que vous luy avez ditque vous me feriés l'honneur de m'’escrire sur cela, je vous représente avec respect que le temps du dés part des vaisseaux presse et que je vous demande avec confiance la grâce de finir le plus tôt que vous pourrez cette affaire, Vous pourrés assurément en parler au Roy durant le voyage et me faire savoir ses ordres, afin que je prenne mes mesures, Je puis vous protester, M. que si dans la manière dont je me suis comporté avec
l'Il était probablement fils Ce Jean Bourdon, Ingénieur en Chef, et plus tard Procureur Général, qui mourut à Québec le 12 janvier 1668.
En es panemtis
vousj'avois manqué en quelque chose, j'en aurois un sensible déplaisir et je vous prie d’estre bien per:uadé que si je retourne, ce n'est uniquement que pour y achever de finir mes jours en repos et avoir la consolation de mourir dans le sein de mon Eglise. J'espère que bien loin d'y mettre obstacle à la paix, j'y seray un moyen de parfaite union comme vous le connaîtrez dans lasuite. Ayez donc la bonté de m’accorder vostre protection. J'attends une réponse favorable, et suis Votre, etc.,
LE MEME AU MEME
Monsieur,
Ayant eu advis que les huguenots de La Rochelle avoient obtenu un pouvoir de tenir une pesche sédentaire à l’Acadie sous le nom de deux ou trois catholiques de Paris et qu'ils avoient équipé un vaisseau avec un petit bâtiment où ils faisaient passer cent hommes dont cinq seu:ement étoient catholiques, j'ay présenté un mémoire à M. de Seignelay dont je vous envoye copie luy faisant voir que cet establissement étoit grandement préjudiciable à la religion, à l’état et au pays, et contre l'intention du Roy qui ordonne par son édit d'établissement de la Colonie 4: Canada qu'elle ne sera peuplée que de catholiques. Il me dit qu'il y donneroit ordre: cependant comme j'ay veu que la chose s’exécutoit, j’ay été voir le Père de la Chaiïize et luy ay fait voir le mémoire. Il en a bien conceu l'importance et m'a dit qu'il liroit le mémoire au Roy mot pour mot et qu'on y mettroit ordre. J'en ay parlé à M, de la Barre et à M. de Meule, et le Pére de la Chaize en a mesme parlé à M. de la Barre. Le fondement qu'on allègue et où la pluspart donnent mesmes plusieurs de ceux qui sont assez bien intentionnez pour qu'on permette cet establissement, est ‘ qu'il faut des hommes en Canada et qu'il faut que le pais s’établisse, qu'il faut pour cela permettre à toutes sortes de personnes de s'y établir, que ceux qui ont fait des établissements en ont usé de la sorte ; que la république de Rome étoit au commencement un amas de brigans; etc.” J'ay répondu que si le Roy veut que le Canada s’habitue qu'il se trouvera des catholiques en assez grand nombre pour cela: que le meslange des huguenots avec les catholiques est très pernicieux surtout dans un pais éloigné: qu’il corrompra la foy et les mœurs des peuples, surtout des nouveaux convertis qui passent en Canada ;qu'il causera la division entre les catholiques et les huguenots dans le pais :
déplaie n’est tavoir re que le parlonc la e favo-
nt obtesous le nt équier cent enté un faisant à la re- Jrdonne ne sera ordre :
voir le h a bien Roy mot a Barre à M. de donnent ez pour nmes en ela perqui ont ique de J'ay rérouvera eslange out dans peuples, | causele pais :
qu'ils empêcheront l4 conversion des sauvages, leur inspirant l’aversion des catholiques comme font les hollandais de Manate et les anglais de Boston en hayne de la religion, et par intérest pour avoir leurs pelleteries. Que s’il arrivoit guerre, les héretiques se joindroient aux hollandais de Manate ot aux anglais de Boston voisins du Canada. * Qu'’au reste les républiques ou colonies qu’on dit avoir été formées du ramas des personnes de toute religion étoient ou payennes on hérétiques, mais qu’il n’en va pas de mesme des colonies chrétiennes et catholiques où la diversité de religion porte nécessairement la division. On sait ce que les huguenots ont fait souffrir à la France.
Quoyque le navire parte avant qu'on y ayt mis ordre et qu'on les ayt empeschés puisqu'il y a trois semaines qu'ils sont en rade et n'attendent que le vent, le Roy néantmoins donnera desordres ou dès cette année ou aumoins l'an prochain atin qu’ils desistent de leur entreprise ou qu’ils ne fassent leur establissement que de catholiques suivant l’édit du Roy, car l’arrest qu’ils ont obtenu pour faire leur establissement ne leur permet pas de le faire de huguenots et la permission est donnée à trois personnes de Paris qui sont catholiques.
Je me suis trouvé ce matin chez M de Meule où estoit un homme qui a eu ordre de M. C‘Ibert de faire la preuve de la potasse du Canada. C’est un homme qui a de ces sortes de manufactures à Paris de potasse et de savon : il a dit à M. de Meule que la potasse du Canada est très-bonne, si elle étoit bien faite et beaucoup meilleure que celle de Norvège, qu’elle ne brusle point le linge et qu’elle est bien forte, qu'on peut en faire de bon savon et que c’est une ües bonnes manufactures qu'on peut tirer du Canada. Cet homme a dit que si on lui en envoyoit pour 100,000 éscus tous les ans, il en feroit le débit et la prendroit. Ÿ
Aujourd'hui, 30 may, je viens de chez M. de la Barre qui m'a dit qu'on ne souffrira pas que les huguenots s'établissent en Canada, que l’an prochain on ostera tous les huguenots; on a fait venir le Sr. Cheurier auquel on a déclaré qu'on ne voulait pas qu'aucuns
«* L'exemple de la Tour etait trop récent pour avoir été oublié. ‘Il était en rapport constant avec ses amis de Boston.” [Hist. de la Nouv. Ec. t. 1, p. 59,]
t On voit per ces détails que Haliburion, dans son Hist, de la Nouv. Ecosse n'est pas exact, lorsqu'il dit qu'on ne donnait que peu d'attention aux avantages que Von pouvait tirer de la Colonie, en encourageant et augmentant son commerce (Vol. 1, p. 67.)
huguenots s'établissent dans l’Acadie il a dit qu'il y mettroit ordre et qu’il n’y en demeureroit pas. J’ay vu depuis peu M. de Chevry de qui dépend principalement la pesche sédentaire qu'on établit à l’'Acadie qui m'a dit qu’il n’y hivernera que trente hommes eette année, qu'il ne s’y établira pas de huguenots. Le Sr. Berger a ordre de bastir une chapelle pour l’an prochain. Si on avoit un prêtre à leur donner,ils le prendroient volontiers. Le Sr. Berger qui a la direction de l'établissement de la pesche sédentaires à l’Acadie a fait abjuration entre les mains du Père de la Chaize. Il espère que ses enfans suivront sa conduite.
M. DE ST. VALIER A MGR. DE LAVAL
* De l'Isle Percée ce 16 juillet (1685).
C’est en arrivant à l'Isle Percée que je vous escris, mon très cher père et prélat, pour vous dire que nous sommes venus de la Rochelle icy en cinq semaines et encore si nous n'avions pas cherché
* M. de St. Valier s'était embarqué le 8 mai 1685 pour venir à Québec, où il arriva le 30 juillet, Le lieu du départ était La Rochelle: sur le même vaisseau étaient le marquis de Denorville, sa femme et une partie de sa famille ainsi que deux prètres. Cinqautres prêtres qui avaient pour chef M. l’abbé D'Urfé, ci-devant Doyen du Chapitre du Puy s'embarquèrent sur un autre vaisseau, avec 500 soldats, La maladie se mit dans les troupes, et enleva 150 hommes. Un des prêtres mourut dans la traversée, et un autre languit encore quelques Jours après être arrivé à Québec.
‘ J'avoue,” écrivait le prélat quelques années après, f ‘que je fus sensiblement touché de la mort de ces deux ouvriers évangéliques, sur lesquels j'avois beaucoup compté pour le bien de la Colonie, parce que je connoissois leur verta et leur grâce : mais après tout je leur portay plus d'envie que de compassion, et bénissant mille fois Dieu de l'honneur qu'il leur avoit fait de les appeller à luy par une espèce de Martyre de charité, j'entray autant que je le pûs en esprit dans leurs saintes dispositions, pour avoir quelque part au mérite de leur sacrifice, puisque je n’avois pas esté jugé digne de participer à leurs souffrances et à leur sort, Quel bonheur pour moy, si j'avais suivi mon premier instint qui me portoit à la Rochelle à m'embarquer avec eux, et si ayant couru les mêmes risques sur la mer j'avois eu la même fortune ! Mais il fallut qu'on m'en empêchât, sous prétexte de prudence, en s'opposant à mon désir, et je ne méritois pas de terminer si tôt mes jours par une fin si glorieuse.”
t Etat présent de l'Eglise et de la Colonie Française, Québec Aug. Côté, 1857,
4 44 131 Doi
, ordre £ LA la
Jhevry à passer par le petit passage plus tôt que par le grand, je crois que HR
ablit à nous pourrions estre présentement bien près de Québec si nous n'y if
s eette estions pas déjà arrivés. Je ne vous diray rien du destail du voyage, [ei RP
r à or- sinon que nous ne scavons pas ou peuvent estre les flustes du Roy. ‘
prêtre Pour nous, nous sommes Dieu merci en assez bonne santé, hors '
qui a la Madame de Rouville * qui est toujours dans ls lit, Pour moy je fl
cadie à ne m'y suis pas tenu heureusement et j'ay mieux aymé estre debout à fe
ère que que de demeurer dans cette posture. J'’ay eu le bonheur de dire ART tous les jours la messe icy, hors trois jours de gros temps. Zour bi
ce qui est du mal de mer, je m'en sens quelquefois si anéanti que je crois qu’il n’y a qu’à rendre l’âme, mais après que le mal est | passé, cela n’est rien.
J'ay mené avec moy Messieurs Digoy et Thomas. f Je suis fort | | content de la docilité et de la vertu de ce premier ; pour le second, j ; x saer je doute fort qu'il puisse s’accoutumer dans le Séminaire. Je le > la Ro-
trouve bien délicat. Je me réserve à vous rendre compte de mon voyage quand je seray arrivé à Québec et de vous mander tout ce
qui sera passé et dans ce vaisseau et dans les autres depuis la date à il arriva de cette lettre que je laisse à l'Isle Percée en passant. Je suis avec: Neue. bien du respect tout uni dans le cœur de Jésus,
ant Doyen dats. La
cherché
Vostre très humble et très ohéissant
es mourut serviteur, 8 arrivé à DE ST. VALIER n. par le Roy à l'Evesché de Québec. ÿ ue je fus éliques, AIRE Mon. pe LAvaz À Mess. DE B., Des. M. ET GL. près tout nirmile À Paris ce 18 mars 1687. :
à luy par ll . #!!
e pûs en Messieurs, «| ; AU ‘ ‘ ; , Aa) 1e de Je vous donne avis de tout ce qui s’est passé depuis le retour fine AA eur pour de M. de St. Valier qui ne pourra pas avoir ses Bulles cette année à la Ro- et p«r conséquent repasser en Canada, et moy conformément aux F mêmes sentimens que N.S. me faict la miséricorde de me continuer, j'y lut qu'on 52 s tà mon Ù * Mlle Marguerite Josephte Tavenay, native de Bourges et venue dans Ia Nou- : kr une fin velle France à la suite de Mde de la Pelterie. Elle épousa François Hertel qui fut hi
anobli en 1716, et dont on connaït les actes de bravoure. il
ug. Côté,
t Ce sont ces der : Ecclésiastiques que Mgr. de St. Valier mentionne, sans les à }
| à 11 nommer, au commencement de sa lettre imprimée sous L: titre: Æstat présent de Ra V'Egi se, etc.
RAT ESPERANT RSS
retourne comme au lieu où mon cœur est inséparablement attaché,
n sorte que, quand je serois assuré de mourir sur la mer, je m'embarquerois pour n'estre pas privé au moins de la consolation de mourir dans l’accomplissement du bon plaisir de N. S. dans lequel doit consister notre bonheur pour le temps et l'éternité.
Je ne vous remeneray pas notre bon M. Guyon, puisque ce bon plaisir en a disposé et nous l’a enlevé le dix de janvier dernier. Il a faict une mort fort chrétienne et a reçu en ce passage une protection toute extraordinaire de la Ste. Vierge.
* L'on peut dire que selon l’usage commun de parler du monde c’est une perte très considérable pour le Canada. Tous les talents naturels que Dieu luy avoit donnés l’avoient rendu capable de se rendre utile à l'Eglise. Mais il nous a voulu faire connoistre qu’il n’a besoin de personne. Aliæ cogitationes meæ aliæ vestræ. Il nous faut adorer ses conduites et le bénir de nous avoir osté ce secours et appuy trop humain: nous devons ensuite luy donner de véritables marques de la charité et amour que nous avons eu pour luy en ce monde par le secours de nos prières.
Après avoir eu le Sacrement de l’'Extrême-Onction avec plein jugement, iltomba dans un deslire duquel estant revenu, il me pria de m'unir à luy et tous les ecclésiastiques qui estoient dans la chambre, afin de remercier la très sainte Vierge de la faveur et bonté qu’elle avoit eue de venir à luy et de l’assurer qu'elle ne l’abandonneroit pas, m’adjoutant la larme aux yeux : ‘“ Mgr., ces malheureux démons vouloient que j'abandonnasse la très sainte Vierge, mais on mettroit toute ma chair par morceaux plustôt que de la quitter. Mettons-nous tous, me dit-il, à genoux et prions-la de m'accorder cette miséricorde, mais il est nécessaire que ce soit avec une grande confiance de l'obtenir, Car, comme, dit-il, c’est une grande grâce, elle ne peut s’obtenir qu'avec une grande et entière confiance.”
Je dis les htanies de la Sainte Vierge auxquelles il voulut répondre Ora pro nobis jusques à la fin avec bien de la dévotion et tendresse de cœur.
Lorsque je les eue finies, je dis le Memorare, et lorsque je fus à ces mots £go tali animatus confidentia, il me dit: “ Mgr., arrètonsnous là, et redoublons notre confiance ; ”” et en fist plusieurs actes pleins de dévotion et d’édification. Et ensuite tant que je lui disais
* Cette relation est tire d’une autre lettre datée le 9 juin 1687.
ttaché, » m’emtion de 3 lequel
ce bon nier. Il me pro-
| monde y talents le de se tre qu’il
Il nous ) BECOUTS de véripour luy
ec plein | me pria la chamet bonté e l’abans malheue Vierge, que de la ions-la de e ce soit it-il, c’est wrande et
klut réponon et ten-
e je fus à , arrètonseurs actes | lui disais
qu'il falloit faire, aussitost que je luy marquois que c’estoit pour l'amour de la Sainte Vierge, il s’animoit d’un courage et d’une force au-dessus de l’estat auquel il estoit.
Le voyant diminuer, je me persuadai qu'il approchoit de sa fin, ce qui faisoit que j'avois peine à le quitter, cependant comme M. Dudouyt croyoit qu’il devoit encore vivre bien plus de temps qu’il ne fist, on fut d’avis que je m’allasse un peu reposer dont j'avais besoin. En le quittant, je luy parle de la très Sainte Vierge etluy dis que sans dout£ il esprouvoit une grande assistance de cette bonne mère, il me répondist bien doucement : ‘“ Elle ne me quitte pas,” et estant sorti de sa chambre, il expira une demi-heure après.
Ne manquons pas, je vous prie, à ce que nous luy devons en l'autre vie,
Je passeray dans le premier navire tant soit peu commode qui partira à la réserve de ceux qui doivent mener les soldats ou sans doute je serois trop incommodé. L'on nous écrit de la Rochelle que deux petits vaisseaux, l’un de 35 tonneaux et l’autre de 60 ou 70 tonneaux, partent dans ce mois-cy. Hors ceux là l’on ne voit pas de vaisseaux raisonnables, qui se disposent plus tost qu'à l’ordinaire, c. à. d. vers la St. Jean, à la réserve de celuy que l’on nomme {a Diligente, dans lequel estoient M. de Denouville et de St. Valier, allant en Canada, que le Roy a accordé à la Compagnie de la pesche sédentaire de l’Acadie, qui doit partir à la my may et ne doit demeurer que deux ou trois jours à leur pesche que l’on appelle Chedabouctou, proche Canceaux, dans lequel je m'embarqueray si cela est, parce que l’on croit qu'il arrivera plus de six semaines à Québec plus tost que les autres. Ce vaisseau mène un nouveau gouverneur à l'Acadie, à la place de M. Perrot * qui est révoqué à cause de sa vie ordinaire qu'il continue là comme il l’a faict en Montréal. M. Geoffroy est venu par un navire anglais qu'il a esté prendre à Boston où il a demeuré trois semaines. M. de St. Castin a fourny la dépense de ce voyage,
Le dit Sr. Geoffroy doit retourner à l’Acadie, mais non pour la
* C’est de ce Perrot que M. Bibaud dit dans son Dictionnaire historique :
“ Le Sieur Perrot, neveu par mariage de l’Intendant Talon, gouverneur de Montréal l'an 1670 fut maltraité par le comte de Frontenac et obtint justice du Roy. S’étant brouillé avec le Séminaire, il passa au gouvernement de l'Acadie en 1684 puis alla perdre la vie à la Martinique.”
Du temps de Mgr. de Laval, on jugeait M. Perrot plus sévèrement que ne le fait M. Bibaud.
mission de Mr. de St. Castin; je pense que l’on ne peut pas se dispenser d’envoyer un ecclésiastique au Port Royal à la place de M. Geoffroy pour aider à M. Petit qui n’est plus en estat de se pouvoir passer d’un second.
Priez bien N,. $. et la très sainte Famille pour moy et me croyez en son amour tout à vous,
+ F, Ev. de Q.
LE MEME AUX MEMES
À Paris, ce 9 juin 1687.
Vous connoiïstrez par les copies des lettres actives et passives que vous trouverez cy jointes * ce qui m'oblige de rester en France. Je n’eus pas plutost reçu ma sentence que Nostre Seigneur me fist grace de me donner les sentimens d'aller devant le très St. Sacrement luy faire un sacrifice de tous mes desirs et de ce qui m'est de plus cher en ce monde,
Je commencé en faisant amande honorable à la justice de Dieu qui me voulloist faire la miséricorde de reconnoistre que ic’estoit par un juste chastiment de mes péchés et infidélités que sa providence me privoit de la bénédiction de retourner dans un lieu où je l’avois tant offensé, et je luy dis ce me semble de bon cœur et en esprit d’humiliation ce que le grazd prestre Heli dist lorsque
Samuel lui déclara de la part de Dieu ce qui luy devoit arriver :—
Dominus est, quod bonum est in oculis suis faciat ;—mais, comme la volonté de Nostre Seigneur ne rejette point un cœur contrit et humilié et que—humiliat et sublevat—il me fist connoistre que c'estoit la plus grande grâce qu’il me pouvoit faire que de me donner part aux estats qu’il a voulu porter en sa vie et en sa mort pour nostre amour,—en action de grâces de laquelle je dis un Te Deum avec un cœur rempli de joye et de consolation au fond de l’âme, car pour Ja partie inférieure elle est laissée dans l’amertume qu’elle doit porter. C’est une blessure et une playe qui sera difficile à guérir et quiapparamment durera jusqu’à la mort, a moins qu’il ne plaise à la divine providence qui dispose des cœurs comme il luy plaist apporter quelque changement à l’estat des affaires ; ce sera quand il luy plaira et comme il lui plaira sans que les créatures puissent s'y opposer n’estant en pouvoir de faire que ce qu'elle leur permettra.
* Voir les lettres ci-dessus.
auri
se disde M.
uvoir
royez
iS8ives ter en re Seiant le , et de
e Dieu
’’estoit
a pro-
lieu où
œur et
orsque
POD eu .| ime la et hue’estoit er part nostre vec un M pour le doit guérir plaise y plaist quand sent s'y mettra.
Il est bien juste cependant que nous demeurions perdus à nous-mesmes et que nous ne vivions que de la vie du pur abandon en toutce qui nous regarde au dedans et au dehors : il faut mettre toute nostre confiance et nostre force en Nostre Seigneur, en sa sainte mère et toute sa Sainte Famille. C'est l'œuvre de Dieu, et nous avons par sa miséricorde cherché uniquement sa gloire en ce que nous avons faist, ou pour mieux dire en ce que le sentiment des serviteurs de Dieu a faist unanimement, Ainsy j'espère qu'il tirera de cette espreuve le bien de l’église et qu’il fortifiera de son divin Esprit tous ceux qui auront eu part à ses souffrances.
Jc ne doute point que l'on ne soit fort surpris dans le païs de voir que je ne repasse point; M. de Villeray et tous ceux qui estoient ‘en France m'ayant toujours vu dans ce dessein et ce désir, sauront bien que l’estat de ma santé n'en aura pasesté cause, L'on a desjà dict icy que c’estait par ordre, comme vous le cognoistrez par la dernière lettre que j'escris au P. de la Chaize, et il y a bien de l'apparence que ce bruit ira jusques à la Rechelle et ensuite -en Canada, mais je n’y dois pas contribuer. L'esprit de Nostre Seigneur nous y oblige, et il tirera sa gloire de tout. C’est de la main de Nostre Seigneur et de sa Sainte Mère que nous devons tout recevoir comme une grâce bien spéciale, et je puis dire pour moy la plus grande et la plus précieuse que j'aye encore reçue de ma vie. Priez les que j'en fasse un saint usage. J'espère néanmoins la miséricorde de mourir en Canada quoique j'aye bien mérité d’être privé de cette consolation: Verumtamen non mea sed Dei voluntas fiat.
Cette lettre vous sera rendue en main par M. Tremblé qui est l'unique ecclésiastique qui passe cette année et qui devait m'accompagner. M. Lefebvre de Pontoise qui avait il y a’quelques années deu passer en Canada s’estoit déterminé de quitter une cure où il est, pour aller à Siam, lorsque M. de Lyonne présentement Evesque de Rosalie et Vicuire Apostolique du royaume de Siam partit, mais empesché par une maladie d'exécuter ce dessein, il s’estoit de nouveau résolu de passer en Canada, mais les parens qui avoient esté l’obstacle la première fois l’ont esté encore la seconde, Ce n’est pas sans un solide fondement que Nostre Seigneur a donné pour règle à tous ceux qui le veulent suivre dans son saint Evangile: ÆRelinque mortuos sepelire mortuos.
M. Tremblé qui est sous-diacre de ce Carême passe tout seul en la compagnie de deux Jésuites. Si nous avions eu le temps, nous aurions obtenu de Rome un extra tempora pour l’ordonner avant
son départ de Paris. C’est un sujet sur lequel il y a du temps que j'ay jeté les yeux comme l'un des sujets qui nous estoit les plus propres. Les missions de la Chine ou plus tost le Séminaire de Siam avoit bien la mesme veue et comme en effut avec Mgr. de Lyonne il ne se trouvait qu'un seul prestre, j'ai eu de la peine de conserver celuy-cy. Le besoin de mettre un sujet à la conduite de nos enfants du Séminaire sur l’esprit duquel on puisse agir avec une entière confiance m'a porté à vous l'envoyer cette année.
C'est un bon sujet, il a de la grâce, de la docilité, il a l’'esprit ferme et généreux, esgal et régulier, le jugement bon; il est sage et prudent, en sorte qu’il sera beaucoup utile au Sémiuaire. Il faut user de précaution pour conserver sa santé dans cet employ.
Les personnes qui n’y sont pas habituées ne manquent point d'y contracter un mal de poitrine, le poesle étant c.\pable de ruiner la meilleure et plus forte complexion. M. Tremblé sait fort bien son plain chantet a bonne voix; c’est lui qui soustenoit icy presque tout le cœur: il est très capable de le montrer.
M. Trouvé doit passer dans la Diligente et demeurer à Chedabouctou avec le gouverneur de l’Acadie que l’on y viendra quérir de Port Royal.