‹ Notice biographique sur François de Laval de Montmorency [microforme]Chapitre 57 sur 110 · MGR. DE ST. VALIER À M. DE CHAMPIGNY · texte numérisé non relu

MGR. DE ST. VALIER À M. DE CHAMPIGNY

De Paris ce 22 janvier (1688.)

Vous voulez bien que je vous demande, Monsieur, vostre protection pour nos églises,

J’envoye un entrepreneur et six massons ettrois charpentiers. Voilà bien du monde capable de travailler, je leur ay fait de grandes avances, je voudrois bien qu’elles ne fussent pas inutiles et quelqu'un tint la main à les faire agir.

Animez-les à agir et donnez cette commission à quelqu'un dans vostre absence. J'en escris un petit mot à Monsieur de Mezerets, f mais je souhaiterais qu'il y eut quelque homme plus

* Jean Bochart, chevalier, Seigneur de Champigny Noroy, 6e. Intendant, qui succéda à M. de Meulles en 1686.

t Louis Ango Des Maizerets était alors Jeune prêtre. 11 devint plus tard grand chantre dela cathédrale, Vicaire Général et Supérieur du Séminaire de Québec qu'il gouverna pendant près de 40 ans. Il passa plus de 50 ans de sa vie occupé de l'éducation de la jeunesse. (Voir son éloge dans l’Abeille No. 16 de 1849.)

ps que agissant et qui les poussat davantage, Pardonnez-moy la liberté Du | | es plus que je prends, Je cognais les bontés que vous avez pour moy, et ni à fi aire de pour nostre église. Uri:

gr. de Cet entrepreneur que je fais passer est un homme sage, s’il y a j | peine quelque avance à faire, donnez ordre à quelque marchand de la EMI la con- faire sous la direction de quelqu'un. Je crois que nous aurons du in fl puisse monde suffisamment pour travailler à la cathédrale et à la succur- j| SAIT r cette sale. Je voudrais pouvoir vous marquer le profond respect avec à! 1 . . | È lequel je suis, RE La ax Vostre très-hurable, très obéissant serviteur, {| PRE n;i î Sémi- Monsieur de Champigni, HN dans A JEAN, Evesque de Québec.

t point > de rui- MATE AN MGR. DE ST. VALIER À M. DE DENONVILLE. cy pres- De Paris ce 22 Janvier, 1688.

Je vous escris ce petit mot, Monsieur le Marquis, par un entre- | Cheda- preneur de bastiment que j'envoye en Canada avec six massons et ra qué- trois charpentiers, pour travailler à nostre église cathédrale, et succursale. * Je vous suplie, Monsieur le Marquis, de vouloir bien k vous employer pour les mettre en estat d'agir et de travailler, Ils me coustent un peu cher, mais je crois que ce sera un bien pourven u’ils ne perdent pas de temps.

L'entrepreneur est un homme sage, animez les à bien faire et à } > protec- ne pas perdre de temps, et dites à Monsieur de Mezerets ou à quelque autre que vous croirez plus propre pour les faire agir d’y tenir la

pentiers.

de gran- La utiles et * L église succursale est vraisemblablement celle de la Basse Ville demandée en 1680 par le mémoire suivant.

À “Mémoire touchant une place de la basse-ville de Québec pour y bastir une cha- ’un dans pelle qui doit servir d'ayde à la paroisse, le Meze- “Comme les rigueurs de l'hyver sont cause bien souvent qu'on ne peut pas por- pl me plus ter les sacremens aux malades de la basse-ville de Québec sans s’exposer à de EN QUE grands accidens, et que les vieillards, les enfans, les femmes grosses, et les infir- A? ndsnt-qui mes ne peuvent aller à la haute-ville pour y entendre la messe, l’évesque de Qué- | ; bec a été obligé de permettre une chapelle en la basse-ville pour servir d'ayde à la | paroisse et qu’on se serve pour cela de la maison d'un particulier, en attendant plus tard qu'il y ait une chapelle et d'autant qu’il n'y a plus de place vacante en ce lieu là, 1 minaire de Sa Majesté est très humblement suppliée d'accorder une place appellée le vieux | s de sa vie magasin du Roy pour y construire la dite chapelle qui doit servir d’ayde à la dite: {

No. 16 de paroisse.”

main dans nostre absence jusquà ce que je puisse estre arrivé, Je voudrois estre parti par le dit navire. Je fais bien des vœus pour vostre campagne.

Je suis avec plus de respect que personne du monde, Vostre très-humble et très-obéissant serviteur, Monsieur le Marquis de Nonville,

JEAN, Evesque de Québec.

MG. DE ST. VALIER A MGR. DE LAVAL, De Paris, ce 20 inars 1688. *

Je viens de recevoir, Monseigneur et très-cher père, la lettre pleine de consolation que vous m'avez escrite d'Orléans. J'espère que celle-cy vous trouvera arrivé en borne santé à la Rochelle, Je le souhaite de tout mon cœur, et que vous trouviez un vaisseau prest à partir, afin de porter vous mesme les premières nouvelles à Québec de vostre retour. Quelle joye pour tout le monde, pour toute l'Eglise de Canada, je voudrois pouvoir me trouver à vostre arrivée, j'y assisteray en esprit.

Je ne vous dis rien de tout ce qu'il ya à faire pour nos . ecclésiastiques, je crois que vous devez les faire embarquer sur le premier vaisseau avec vous; pour nos ouvriers, je pense qu'ils 8eroient mieux sur un autre vaisseau marchand, mais s’il ne devoit partir que quelque temps après le vostre, je crois qu’il vaudroit mieux les embarquer avec vous, car je crains qu'ils ne se dissipent et qu'ils ne dépensent beaucoup.

Il y a quelque chose de changé pour le départ de nos ecclésiastiques de la Cadie, ils ne doivent plus aller par le St. Louis mais par la frégate du Roy, commandée par M. de Beauregard qui va droit au Port-Royal. Ils seront ainsy deux mois plus tost au terme où ils veulent aller, ils doivent faire embarquer avec eux leurs ballots. J’escris à M. de Beauregard qui sera bientôt, s’il n'y est desia à Rochefort, ils doivent luy escrire, et l'aller voir là s’il est nécessaire.

L'on parle icy d'une chose qui est de renvoyer M. Perrot à l’Acadie, je 1 que la

* M. de Saint Valier était parti de Québec 14 18 noveuibre 1686. Il fut sacré évèque de Québec le 25 janvier 1688 ; Mgr. de Laval -'étuit démis de l'évêché:

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chose n'arrive, mais tenez la chose secrette ; il n'aura aucun pouvoir, il ne laissera pas que de faire beaucoup de mal. Je fais ce que je puis pour parer le coup, mais je n'ose quasy m'expliquer de peur de m'attirer plusieurs personnes qui l’entendent et qui l'irritent tons les iours contre nos ecclésiastiques.

Je suis de tout mon cœur dans l'amour de N.-$. et de sa Sainte Mère avec tout le respect et l'amour qu'un fils peut avoir pour son père,

Votre très-humble et très-obéissant serviteur,

JEAN, Evesque de Québec.

MGR. DE Sr. VALIER À MGr. pe LaAvaL, chez les RR, PP. Jésuites,

à Larochelle.

De Paris, ce 24 Mars, (1688?)

Je viens de recevoir, Monseigneur et très-cher père en N. $, la lettre que vous m'avez fait l'honneur de'm'escrire de Saumur. Elle m'a un peu affigé en m'apprenant la peine que vous avez eue de vous rendre à Larochelle a cheval, mais vous estes bien ayse d'avoir encore à souffrir les fatigues des plus forts et des plus jeunes pour aller trouver vostre chère épouse. Dieu vous soutienne, mon très cher père, dans vostre voyage, je luy demanderay de tout mon cœur.

Je crois que vous aurez bientost pris le parti de vous mettre sur le premier vaisseau qui partira pour le Canada. Je vois bien que vous ne demeurerez pas longtemps de cette munière à Larochelle ; ilme semble qu'on m'a fait comprendre que Monsieur Delormes ne mènera que quarante soldats. Je crois que cela estant il n’y a point à délibérer d'ambarquer tous vos ouvriers massons et charpentiers sur ce mesme vaisseau; ils seront sous vos yeux, et je suis seur qu'ils en seront mieux, voulant bien quelque fois les recommander au Capitaine et à Monsieur Thibauile, et vous informer comment ils les conduiront et les porteront. Vous aurez la bonté aussy de prendre soin de les faire employer d'abord qu'ils arriveront, Ils demandent encore beaucoup d'avances. Je leur en ay déjà tant fait. Réglez ce que Monsieur Thibauile et Mr. Delormes leur donneront tout le moins qui le pourra, il scait pourtant qu’ils portent de petites commodités et de petits rafraichissements,

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mil.

Je vous ay mandé que j'appréhendoïis avec raison le retour de Monsieur Perrot à !’ Acadie, c'estait avec grand fondement, Dieu mercy le coup est paré, j'en rends grâces au Seigneur, mis n’en disons rien pour encore, car tout est incertain dans le monde,

Je voudrois pouvoir vous marquer, mon-très cher père, combiez ja fais fonds sur la promesse que vous m'avez fait de m'offrir souvent à N.S. Personne n’est plus véritablement et parfaitement que je le suis dans son s, amour,

Vostre très humble et très obéissant serviteur et fils,

(Signé,) JEAN, Evesque de Québec.

A Monseigneur,

Monseigneur l'Evesque de Québec, Chez les R. Pères Jésuites, à Larochelle.

MGR, DE ST. VALIER À MGR. DE LAVAL

De Paris, ce 2 avril, 1688.

L'on m'escrit de Bourges, Monseigneur, que les procureurs de céux qui tiennentdes bénéfices de la dépendance de labaye de Meobec, menacent d'appeler comme d'abus du décret d'union que pourra faire Monsieur l’Archevèque de Bourges, je ne scay pas si cela ne sera pas que'que obstacle invincible. Mr. de Brisacier me mande aussy qu’en posant lex assignations l’on a verbalisé des iournées entières, ce qui marque une opposition très forte. Je ne scay s’il est à propos de faire une union générale et s’il ne vaudroit pas mieux ne faire que l’union du prieuré de Bénévent et de celuy de Monsieur Lenoir qui y consent, et dans les suites on feroit l'union des autres quand le temps seroit plus favorable ; ce seroit assez mon sentiment et celuy de nos Messieurs que j'ay consulté. M. Gallot me mande, sur ce que je luy avois escrit de l'union de la manse monacale au chapitre de Québec, qu'il avoit fait faire des procédures autrefois pour informer de commodo et incommodo, et qu'il ne scait où elles sont et que vous pourriez nous en dire des nouvelles, Escrivez-moy un petit mot.

Je viens de recevoir vostre lettre, J'aurois esté bien ayse de scavoir le parti que vous aurez pris et dans quel vaisseau vous passerez.

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Je vous envoye une lettre que j'escris à Monsieur le Marquis de Denonwille, on ie luy marque quelque chose qui regarde sa famille qui luy fera sans doute beaucoup de plaisir, Faites luy tenir en seureté, Je ne scay si vous aurez relu toutes celles que je luy escrivois et que j'avois mis dans le paquet de Monsieur de Mezerets, il est important que toutes ces lettres partent par le ler navire.

Je voudrois bien que nos ouvriers fussent desia partis de Larochelle, mais je voudrois bien aussy qu'ils ne passassent pas avec tant de soldats. Vous aurez reglé toutes ces choses pour le mieux. J'ay satisfait icy les femmes des trois charpentiers auxquelles les maris avoient laissé des billots. Vous me ferez plaisir de leur dire au cas qu'ils ne soient pas partis. Je vous avoue, mon très cher père, que vos lettres me donnent une sensible consolation, mais ie n’en pourray guères plus recevoir et parce que vous ne serez pas longtemps sans vous embarquer et que je ne dois plus rester à Paris que quelque jours à la fin de la semaine de la passion.

J’ay esté bien en peine du voyage que vous avez fait à cheval jusques à Larochelle,

Je vous avoue que si le vaisseau de Gillon part en mesme temps que les autres, je vous croirois mieux dans celuy-là avec les ecclésiastiques et les ouvriers que dans les autres. Je feray ce que je pourray pour donner satisfaction à Monsieur Dombout. Nous verrons les choses de plus près à Larochelle, que nous ne pouvons le faire d’icy.

Je donne les ordres demain et je fais prestre Monsieur de Montigny vostre neveu, * et Mr. l'abbé Bailli et un autre. Je me recommande, mon très cher père, à vos Sts. Sacrifices et suis plus qu'homme du monde dans l'amour de N.$., Tout à vous et avec bien du respect,

Vostre très humble et très obéissant serviteur et fils,

JEAN, Evesque de Québec.

Je viers de recevoir dans le moment vostre grande lettre. Je suis assurément très mal édifié de la réponse du Sieur Maucler ; quand je seray à Larochelle, je verray sil y a quelque chose à

* Ce neveu était vraisemblablement le second fils de son frère, au sujet duque! M. Dudouyt écrivait à Mgr. de Laval, le 3 Juillet 1682: “On a obtenu une

place au Séminaire de Joyeuse pour le second de ses enfants; il y scra très bien”

escrire à la Cour, car puisque le vaisseau part dans deux jours, il n'y a pas moyen de remédier absolument aux maux qui arriveront, M. Malliot pourrait bien se repentir de n'avoir pas ménagé un prestre. Je loue vostre résolution de faire faire cette mission. Vous ne me mandez pas le partage que vous faitos des quatre ecclésiastiques. Je trouve que la disposition que vous en faites, est très bonne, deux avec Delormes, deux avec Gillon et un avec vous.

Nous tacherons de satisfaire à l'acte que vous désirez, M. le Supérieur est bien disposé de mesme. Si nos ecclésiastiques estoient partis, vous pourrez ouvrir et faire exécuter ce que je peux leur mander par ceux qui restent. Il n’y avoit pas moyen de prévoir le besoin de cette chapelle au pré de l'étang. Mais s’il n’est pas impossible d’en faire une à Larochelle, vous pourvoirez à tout. Je vous croiray très bien dans {a diligente, mais je suis persuadé qu’elle ne partira pas plus tôt que le mois de may, et je sera y assurément à Larochelle auparavant qu’elle parte. Au nom de Dieu ne différez pas le départ de nos ecclésiastiques jusques à ce temps là. Donnezleur votre petite chapelle, donnez leur de petits rafraichissements et mettez les deux prestres dans le vaisseau de Gillon avec nos ouvriers, recommandez-leur de prendre quelque soin. Je pars dans six iours de Paris. Peut-estre que j'auray fait le tour de mes abayes et q"e je seray à temps à Larochelle, auparavant que vous partiez.

Si cela est, les Chapelles ne nous manqueront pas.

Je suis, mon très cher père, parfaitement à vous.

MGR. DE ST, VALIER À MGR. DE LAVAL

D'Orléans, ce 12 avril 1688

J'ay receu, Monseigneur et très cher père, vostre dernière lettre dans laquelle jay veu la manière dont on a mis les soldats qui vont en Canada dans le vaisseau de monsieur Massiot. Elle est digne de compassion pour ce qui est d'y mettre des ecclésiastiques. J'’avoue que je n’aurais pas résisté aux saintes pensées que N. S. vous en a donné, Car je plains beaucoup ces pauvres amis abandonnés. Vous m'aviez véritablement aflligé et mortifié sensiblement, si vous vous estiez servi des ecclésiastiques destinés pour l’Acadie; mais pour Monsieur Chabot, je pense que vous auriez fait une œuvre très agréable à Dieu et très utile au Missionnaire qui auroit rendu dans cette occasion de grands services, il est robuste et auroit résisté à

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la fatigue. J’aurois joint à luy Monsieur Foucaut plein de bonne volonté de souffrir pour Dieu, et j’aurois toujours envoyé Monsieur Maudou avec M. Erberi par le vaisseau de M. de Lormes, et aurois gardé pour vous le prestre de St. Sulpice que vous destinez pour vous accompagner. Je vous escris mes petites vues, mais il est trop tard pour les exécuter. Je trouve la disposition que vous avez fait de nos ouvriers pour les faire passer dans le vaisseau * très-sage, je souhaite qu'ils soient desia partis.

Monsieur de Brisacier f m'a promis de satisfaire à la lettre de

change de quatre mil livres que vous avez tiré sur luy. Je lui ay rendu quelque argent qu'il m'avoit presté, afin qu'il peut le faire plus commodément.

Peut estre que j'auray fait mes affaires à temps pour pouvoir partir aussy tost que vous de La Rochelle. J’ay esté bien ayse de: sortir de Paris pour avoir quelque repos. J’ay fini toutes les affaires que j'avois commencé heureusement. Je crains de trouver un grand nombre à régler dans les abayes auparavant que d’en sortir.

Je vous ay demandé ce que vous aviez fait des procédures faites autrefois pour l'union de la manse monacale de Meobec. M. Gallot m'escrit que vous m'en pourez dire des nouvelles, J’aurois aussy à vous demander où vous avez mis l'original de l’enqueste faite par feu Monsieur l’evesque (d'Evreux) pour la suppression de la manse monacale de Lestrées, sur une commission de Rome de la Congrégation de Propaganda fide. J'en aurois besoin présentement, j'en ay trouvé des copies, mais je ne scay où est l'original.

Si vous me faite l'honneur de me faire réponse, adressez toujours vos lettresà Paris, à Monsieur le Supérieur, lequel me les fera tenir partout où je seray.

Jay apris l’accident qui est arrivé aux navires, je souhaite qu'il n'en arrive aucun à la diligente qui doit vous mener. Ne soyez pas en peine de moy, je scay bien des navires qui partiront dans may, et je pouray bien prendre le Ler qui partira après que je seray arrivé à La Rochelle, Je recommande votre chère santé, et le salut de tout le pays à N. $. et à sa très Ste, Mère. On ne peut estre plus que je le suis dans son saint amour,

Votre très-humble et très-obéissant serviteur et fils,

JEAN, Evesque de Québec.

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* Le Soleil d'Afrique, vaisseau du Roy.

t Membre du Séminaire des Missions Etrangères de Paris,

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LE MEME EN MEME

D'Amboise, ce mercredi au soir, 14 avril 1688

Je vous ay escrits d'Orléans, Monseigneur et très cher père, et je vous escris d'Amboise pour vous demander éclaircissement sur une chose que j'ay apprise en passant à Nostre Dame de Cléri. L'on m'a dit avoir veu passer un ecclésiastique boiteux qui allait en grande diligence à La Rochelle pour s'embarquer pour le Canada. Je n’en ay pas appris d'avantage, je ne scay ce que c’est que cet ecclésiastique, mais je vous demande en grâce de le laisser à La Rochelle, à moins que vous ne vissiez tant de grâces que vous ingeassiez que ce fut un véritable gain pour le Canada. Je ne scay si ce que je vous escris est bien nécessaire ou si ma lettre sera toute à faitinutile, Je l’hasarde néanmoins, je passeray demain à Tours et de là je me rendray à Percay, à Meobec, à Bénévent. Je voudrois bien apprendre des nouvelles du départ de tous les lers navires de nos chers ecclésiastiques, des ouvriers, et scavoir aussi précisément le temps du départde la diligente.

Si vous voulez me faire la grâce de m’escrire, il faut adresser vos lettres à Paris au Séminaire d’où on pourra me les faire tenir au lieu où je seray.

Personne n’est avec plus de respect que moi, mon très-cher père,

Votre très-humble et très-obéissant serviteur et fils en N. S$. Jean, Evesque de Québec.

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