‹ Notice biographique sur J.-B. MolièreChapitre 10 sur 236 · I. Acte I, scène m, p. i · texte numérisé non relu

I. Acte I, scène m, p. i

s. Guillot-Goiju, comédien de Thôtel de Bourgogne, où Molière, dans sa treidème année, put conunencer à le roir, succéda à Gaultier-Garguille dans la farce, en i634.

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léparé complètenuent l'ëtude de l'art du comédien de celle de l'art plus élevé de fauteur comique. Le théâtre tout en« tier a été sa passion, sans distinction trop marquée des deux talents d'imitation, dont le concours est nécessaire pour lui donner la vie.

Nous ne regrettons pas que Grimarest nous ait arrêté sur le seuil du collège de Clermont, avec son anecdote du grandpère, insistant pour qu'on y laissât entrer l'enfant par Tespoir de l'enrôler un jour parmi ces comédiens qu'il lui avait fait aimer. Si peu digne de foi que soit l'indiscrète et déraisonnable intervention de Louis Cressé, nous avons cru reconnaître l'orîgîne de la petite histoire dans la tradition, recueillie par le biographe, des spectacles dont l'amusement aurait été procuré à la jeunesse de Molière. Au moment de parler de la solide instruction qu'il reçut, il était bon de ne pas perdre de vue qu'il put y mêler le souvenir de leçons beaucoup moins sérieuses ; il y aurait eu double influence sur son esprit de ces peu comparables écoles ; et il se serait formé dans le magique creuset du génie Un singulier, mais heureux , amalgame.

Pour développer les dons naturels de ce génie, des maftres tels que les Bruscambille et les Gaultier-Garguille auraient beaucoup laissé à désirer. Heureux fiit donc pour les lettres françaises le jour qui vît Molière admis dans les classes d'une célèbre maison d'éducation. Le collège de Clermont, auquel on confiait les enfants des meilleures familles, ceux mêmes de la première noblesse S s'était acquis une grande renommée. On y suivait un plan d'études qui, un demi-

I • « Le collège de Qermont, que Loub XIII fit rouvrir tu 16189 a d'ordinaire jusqu'à dix-huit cents ëlères. Les lettres y sent étudiées par de nobles jeunes gens très nombreux, et presque toujours enriron quatre cents; parmi eux, des fils de grands et de difi'érents princes (Nobilet adolescentes^ magno numéro^ ei plerum-' que ad quadringèntos^ atque in his Proeerum ae Principum variamm fiiii), » Ainsi parle d*un temps bien voisin de celui des études de Molière le Belge Alegambe, dans sa continuation, imprimée en 1643, du Catalogue des écrivains de la Société de Jésus, eommeneé par Ribadeneira. Voyez la Miiloihêca tcriptorum societatii Jeta (Rome, 1676, in*foUo), à la page 147.

tiède avant le temps da jeune écolier Poquelin, avait été réglé par la Bfliio stmiioraun^ très admirée de Bacon« Bien phia tard encore, les méthodes d'enseignement n'y avaient pas changé, lorsque le P. Jouvency les expliqua dans son livre De ratione diseendi et docendi, imprimé en 169a. Dans l'application du programme, il y avait assurément à décompter sur quelques points. Peu de place était donnée par les mattres de Clermont à l'étude du grec, tout autrement florissante chez leurs rivaux de Port-Royal, qui, dans leurs Petites Écoles, en nourrirent la jeunesse de Racine, comme le collège des Jésuites ne put faire celle de Molière. Chez ceux-ci le latin était surtout cultivé, et, il est juste de rajouter, par de savants *et souvent ingénieux littérateurs, qui ne négligeaient pas non plus la langue française. Tels on les trouve encore dans les premières années du siècle suivant, lorsqu'ils se nommaient le P. Jouvency, le P. Thouliier, futur membre de l'Académie française, plus 'célèbre sous le nom de l'abbé d'Olivet, et le P. Le Jay, et le P. Porée, ces mattres de Voltaire. Leur brillant élève, dont la reconnaissance était sujette à des intermittences, a écrit un jour : « De mon temps, on n'apprenait que des sottises au collège dit de Louis*le-Grand ^ ». Biais c'était au moment où les Pères se trouvaient, suivant son expression, « dans de mauvais draps » et où leurs collèges venaient d'être fermés. Voltaire a répété, avec quelques développements, les mêmes plaintes contre les leçons de ses professeurs dans le Die» tianmaire phUoiophique^ au mot Éducation. Il avait été moins ingrat dans ce passage d'une des éditions du Tejnple dm goài ; « La vérité est que de tous les Religieux les Jésuites sont ceux qui entendent le mieux les belles-lettres, et qu'ils ont toujours réussi dans l'éloquence et dans la poésie. Le Dieu [du goût] voit de bon œil beaucoup de ces Pères*. » Nous pouvons, sans craindre de nous tromper, faire remonter cet éloge au temps des études de Molière. On a nomnié parmi ceux qui les ont dirigées le P. Le Moyne, célèbre

I. Ltttre a» présuUMt de Rufity^ 18 avril 176s. s. CMuvrts de Foliaire (édition de M. Louis Moland), tome Vin, p. 593.

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auteur du poème de Saint Lauii^. Des recherches récentei récartent; un catalogue pour Van 1640 désigne comme professeurs de rhétorique les PP. Briet et Nau, comme professeor d'humanités le P. de SoUeneufve*. Bien qu'il faille renoncer pour Molière aux leçons du P. Le Moyne, dont la riche imagination a eu, malgré ses excès, de grands admirateurs, il n'en est pas moins certain qu'à Clermont ses maftres, quels qu'ils aient été, aimaient et faisaient aimer la poésie, et aussi le théâtre. Us égayaient leurs distributions de prix en y faisant jouer des chefs-d'cravre de la scène axitique, souvent des pièces qu'eux-mêmes composaient. Chappuzeau, dans son Théâtre françois, publié en 1674. a écrit un chapitre' sur les Spectacles qui se donnent aux col' lèges, il y avait vu représenter des ouvrages de Plante, dé Térence et de Sénèqne^ H ne nomme pas le collège de Clermont, mais il doit l'avoir eu particulièrement en vue. Ce fut là qu'en 1640, une tragédie latine*, œuvre d'un profès, fut jouée avec un tel succès que le jeune Louis XIV voulut qu'elle fût jouée devant lui. Elle lui ^t un plaisir qu'il n'avait peut-être pas oublié, lorsque, bien des années après, dans une visite qu'il fit au même collège (c'était en 1674), il honora de sa présence la représentation d'une autre tragédie. Ce Jour-là, un spectateur s'écria dans son enthousiasme :^ « Tout ici est admirable !» — « Je le croia bien, dit le roi, c'est mon collège. » Les Pères se crurent autorisés par cette parole royale à changer désormais le nom de leur collège de Clermont en celui, qu'il porte aujourd'hui encore, de collège Louis<4e-Grand : patronage d'autant plus mérité que, depuis 1662, nous trouvons notés, parmi les

I. Les Points obscurs de la vie de Molière^ p. 4i« %, \ojez dans le Moliériste de juillet 1886 un article de M. H. TiTÎer, aux pages 97-107.

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