‹ Notice biographique sur J.-B. MolièreChapitre 11 sur 236 · Le Ti* du livre I · texte numérisé non relu

Le Ti* du livre I

4. Susanntty dont l'auteur était le P. Adrien Jourdain. Elle a été publiée en i654, à Paris, chez Cramoisj (in-xi). Elle est ainsi mentionnée dans la' Bihliotheea seriptorum societatis Jesu^ p. 9 : c Susannam tragmdûm aetam coram Christianissimo Rege 9, — Cette Snsamie était une sainte marQrre, et non la chaste Snsanne de U Bible.

a4 NOTICE BIOGRAPHIQUE

dÎTertissemenU de ce collège, d'assez nombreux ballets. Comédies et ballets I c'est à se croire au Palais-Royal, chez Molière. Mais les ballets dansés sur le théâtre des Pères n'entrèrent pas dans son éducation : ils ne sont pas de son temps, auquel ne furent pas refusées du moins les comédies et tragédies. Il ne put y être chargé quelquefois d'un rôle, que si les externes, ce que nous ne saurions dire, étaient admis parmi les acteurs. On aurait aimé à s'imaginer qu'il lui avait été permis d'essayer son talent dans une tragédie du P. Etienne Dechamps, Asmandus et AvUum^ tableau de ia parfaite amitié^ qui fut représentée par les écoliers de Clermont, dans la salle du Palais cardinal, en présence de Son Eminenee; mais il ne faut pas s'arrêter à cette séduisante supposition : outre qu'il est dit que la pièce fut jouée par les pensioimaires^ la date de son impression, qui est de 1641, indique à peu près celle de la représentation, donnée sans doute lorsque les études de Molière étaient depuis quelque temps achevées.

On comprendra pourquoi nous «avons rappelé quelques-unes des représentations les plus mémorsibles du collège de Clermont. U nous a semblé qu'elles ajoutaient à la physionomie de la maison où notre jeune écolier fut élevé quelques traits qui donnent à penser sur le fruit qu'il y put retirer de ses études.

Cestsans intention trop malicieuse que, parmi ces souvenirs, nous avons donné place aux ballets, qui n'y ont paru que plus tard. Nous ne doutons pas qu'ils n'eussent une certaine gravité religieuse. Et quant aux comédies, elles n'étaient dans la pensée des maîtres que des exercices littéraires, propres à former le goût.

On n'aura pas de peine à supposer que ces délassements instructifs, qui répondaient si bien au^ inclinations du jeune écolier, ne lui déplaisaient point. Mais n'exagérons pas la valeur des leçons que lui offraient les œuvres dramatiques de ses professeurs. Croire que le dieu rencontré par Voltaire dans le temple du Goût les écoutait toujours avec plaisir serait une illusion L'auteur de FoUaire et ses mattres^ Alexis Pierron, n'avait pas reculé devant le labeur d'en lire plusieurs, la fameuse Susamte de i65o, entre autres, et aussi le

SUR MOLIERE. aS

théâtre da célèbre P. Porée. Comme il n'avait pas l'habitude d'atténoer les sévérités de son bon et honnête jugement, il les déclare d'un * insupportable ennui ^ Nous n'avons nul désir de reviser le procès. Toutefois les médiocres ouvrages de collège que Molière put voir représenter n'avaient point de peine à égaler en mérite beaucoup de ceux que jouaient à la même époque les Bellerose et les Montfleury de l'hdtel de Bourgogne. Chappuzeau d'ailleurs nous a tout k l'heure appris que sur les théâtres scolaires il y avait place aussi pour Plaute et Térence, un peu expurgés sans aucun doute. En debors des représentations réservées pour les fêtes, ces grands modèles étaient étudiés pour leur latinité. Il y eut l^ probablement pour le jeune Poquelin la première révélation d'un art que n'avaient pu lui faire connaître les farces de nos tréteaux. Après s'être amusé, enfant, devant les parades des bouffons barbouillés, il était mis en face de ces chefs-d'œuvre de l'antiquité qui, tout en se reconnaissant sortis du chariot de Thespis, avaient gardé bien peu de traces de leur rustique origine.

11 semble donc que son temps de collège n'ait pas été seulement profitable à la culture générale de son esprit, mais ait pu Àvoriser sa vocation de poète de théâtre. Voilà un genre de succès que ses maîtres ne cherchaient certainement pas et qu'il leur aurait déplu de prévoir. Quelque bonnes que fussent leurs intentions, est-il bien sûr qu'ils échappent au reproche d'imprudence? Ils l'ont mérité, si l'on accepte le jugement du prêtre qui a écrit la Défense du Trmté du prince de Conti, Dans ce livre, imprimé en 1671, ^t que nous aurons plus loin à citer de nouveau, l'abbé Voisin s'élève contre les comédies des collèges : « Certes, dit-il, ce n'est pas un petit mal d'accoutumer ainsi les enfants à se plaire à la comédie, de sorte que, sortant des écoles avec cette inclination, ils n'ayent pas moins de passion pour les pièces de théâtre que pour celles du collège*. » Il y a là quelque vérité ; mais, s'il y avait dans de tels exercices un péril, ce n'est pas pour Molière qu'on aurait le courage de le regret-

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