Défetue du Draité du orinee de Conti^ p. i5S
2i6 NOTICE BIOGRAPHIQUE
ter. An reste, les régents de Glermont auraient pa répondre aux critiques qu'ils n^entendaient faire servir leurs comédies latines qu'à l'étude des humanités; et contre le danger de recruter ainsi pour de moins innocents théâtres des acteurs ou des auteurs, ils croyaient avoir pris assez de précautions en Xermant l'accès de leur collège aux pièces françaises. Le P. Jouvency, dans son plan d'enseignement, qu'il publia, comme nous l'avons déjà dit, vers la fin du dix-septième siècle, a soin de parler ainsi, des exercices dont la langue nationale était l'objet chez les Pères * : « Rejetons bien loin ces parties inutiles des livres françois, les fables dangereuses et les comédies.... Tout cela n'est fait que pour énerver les esprits ou corronftpre les mœurs. Si quelquesuns soutiennent qu'il faut laisser quelquefois les hommes goûter à ces bagatelles^ ils ne nieront pas qu'elles doivent être interdites à la jeunesse. » Quand il a prononcé, à la date de 169a, ce rigoureux arrêt contre les comédies françaises, le P. Jouvency n'a pas songé à épargner l'élève de Glermont qui était devenu Molière. Dans notre théâtre, il ne recommandait que Corneille*. Plus indulgents, les PP. Bouhours et Rapin ont donné des éloges au poète comique élevé par leurs anciens.
Sur le profit que Molière retira de l'enseignement du collège de Ôermont la Préface de i68a dit', avec son habituelle sobriété, mais en attestant l'essentiel : « Le succès de ses études fut tel qu'on pouvoit l'attendre d'un génie aussi heureux que le sien. S'il fut fort bon humaniste, il devint encore plus grand philosophe. L'inclination qu'il avoit pour la poésie le fit s'appliquer à lire les poètes avec un soin tout particulier : il les possédoit parfaitement, et surtout Térence. »
Nous lisons chez les mêmes biographes* qu' « il eut l'avantage de suivre feu M« le prince de Conty dans toutes ses
I. De ratione dueendi et docendi^ p. 3i, à l'article : Di TimjrA- CULA LnoiïA.