Lettre du si août i66i
a3a NOTICE BIOGRAPHIQUE
homme ». Quand Molière avait déjà fait connaître à Parts les autres ouvrages que Ton sait, on ne doit pas supposer l'admiration de la Fontaine, surtout dans une lettre où il parle du bon goût et de YeUr de Ténnce^ particulièrement inspirée par la pièce où se reti*ouvent, très joliment mises en scène, les plaisanteries des vieux fabliaux. On ne risque guère de se tromper cependant en s*imaginant qu'on aperçoit les deux spirituels amis champenois au Petit-Bourbon, parmi les spectateurs qui donnèrent à celle-ci le plus d'applaudissements et furent mis le plus en joie tantôt par les colères de Sganarelle, tantôt par ses réflexions d'une singulière philosophie sur ses infortunes imaginaires. S*il est de la plus grande vraisemblance que le conteur a été un des premiers à voir une comédie qu'il ne pouvait manquer de trouver si divertissante, il est encore moins douteux qu'il fut présent le jour où elle fut représentée avec CÉtourdi chez Fonquet, au temps que, la salle du Petit-Bourbon étant ruinée, celle du Palais-Royal n'était pas encore ouverte.
Le Registre de La Grange a noté, durant ces mêmes vacances forcées, plusieurs autres visites, où le Cocu imaginaire fut joué : chez le maréchal de la Meilleraye, chez la Basinîère, trésorier de l'épargne, chez le duc de Roquelaure, chez le duc de Mercœur , chez le comte de Vaillac^ Le roi avait moins attendu pour voir la nouvelle comédie. Le 3i juillet, peu de jours après son retour, elle fut une des pièces jouées pour lui à Vincennes, et là encore, une seconde fois, le ai du mois suivant. Monsieur la fit représenter au Louvre le So août. II faut qu'elle ait beaucoup plu à Louis XIV pour qu'elle ait de nouveau été jouée, toujours à Vincennes, le a3 novembre, devant lui et devant Mazarin. La remarque a été faite par Despois que le roi la vit neuf fois, c'est-à-dire plus souvent que les autres pièces de Molière, les comédies-ballets exceptées. A la cour tout aussi bien qu'à la ville, il n'y a pas de doute sur le plein succès.
En régalant à celui des Précieuses ridicules, Doneau a négligé de dire si le talent des acteurs y contribua autant qu'au pirecédent. L'intention où il était de faire jouer sa