I. La troisième de la TYcisUme Journée
a. 1m Muse historique, lettre du 19 juillet 1661.
SUR MOLIERE. a43
terre, de Monsieur et de Madame, mariés depuis quelques mois. Et puis, autre occasion, si Ton avait des doutes sur la première, la même comédie fut jouée le surlendemain, 1 3 juillet, dans la soirée, chez la surintendante.
Ce même jour, il y en eut aussi une représentation devant le roi, à Fontainebleau, « pour Reine et Roi contenter* », et très évidemment sur le gr^nd récit que Ton avait fait de celle du II. Noos pouvons omettre plusieurs autres visites où la pièce Alt représentée chez de grands personnages; il suffit de dire queLoret parle du « sujet si riant et si beau » comme du « charme de tout Paris* ». Du a4 juin au 1 1 septembre 1 66 1, il n'y eut pas au Palais-Royal un seul jour de comédie sans C École des maris. Une des meilleures preuves que Molière n'avait reconnu aucune hésitation dans l'approbation générale, c'est que cette fois, dès les premières représentations, il ne se montra pas plus inquiet du jugement des lecteurs que de celui des spectateurs. L'École des maris est le premier ouvrage qu'il ait fait imprimer, qu'il ait mis de luimême au jour, comme il dit dans son Épttre à Monsieur, la première aussi de ses dédicaces : jusque-là il avait laissé les libraires, éditeurs de ses pièces, faire ces politesses liminaires. Il se pourvut d'un privilège qui est daté du 9 juillet 1661 . Comme s'il ne voulait pas laisser languir l'heureuse for* tone revenue, Molière, deux mois après l* École des maris^ eut une nouvelle pièce toute prête. On l'avait, il est vrai, beaucoup pressé ; ce qui l'eût mis en grand danger, s'il n'avait pas été un de ces esprits féconds auxquels ne manquent jamais les promptes ressources. On ne lui demandait rien moins qu'un ouvrage impromptu. « Jamais, dit-il >, entreprise au théâtre ne fut si précipitée que celle-ci; et c'est une ^chose, je crois, toute nouvelle qu'une comédie ait été conçue, faite, apprise et représentée en quinze jours. » Autre péril : il s'agissait d'un prétexte à ballets, ces amusements favoris de Louis XIV, qui trop souvent ont dérobé au grand poète comique un temps précieux. Pour satisfaire aux conditions imposées,