‹ Notice biographique sur J.-B. MolièreChapitre 13 sur 236 · Aux pages xn et xm · texte numérisé non relu

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cbiBseï », et qu'il y acquit ton^stime et set bonnes gr&ces. Ce serait donc à une communauté d'études qu'il aurait dû la bienveillance et la protection dont ce prince, à les entendre, \*bonora toujours ; cependant les bons souvenirs de jeunesse sont une explication plus que contestable de la faveur de Contî, qui ne [fut pas d'ailleurs aussi constante que le dit rancîenne ^biographie, et nous voyons là bien plutôt un banal bommage rendu, à propos du collège de Clermont, k l'un des grands de la terre, qu'un de ces renseignements certains que l'on est habitué à puiser à cette excellente source. Reste simplement ce fait que, dans le même temps, TAltesse Sérénissime et le fils du marchand furent écoliers dans la même maison. Mais comment faut-il entendre que l'enfant d'humble condition suivit « dans toutes ses classes » le noble condisciple, né le i x octobre 1619', par conséquent moins âgé que lui de près de huit ans ? Ou ce doit être une erreur, ou l'on a seulement voulu dire que Molière put suivre des yeux le jeune prince dans sa carrière d'étudiant, mais à la distance que l'âge mettait entre leurs classes. Nous n'oublions cependant pas qu'en ce temps-là les enfants des dieux ou des demi-dieux couraient sur le terrain scolaire, aussi bien que sur tout autre, beaucoup plus vite que les simples mortels. Si même nous regardons moins haut que l'Olympe, il paraît que les fils de grande maison pouvaient franchir rapidement les degrés d'instruction, qui s'abaissaient pour eux au collège de Clermont. Bussy de Rabutin qui, vers la fin de 1619, plus tôt donc que Molière, y fut mis comme externe, dit dans ses Mémoires^ : « J'entrai en seconde que je n'avois pas douze ans, et j'étois si bon humaniste qu'à treize on me jugea assez fort pour entrer de là en philosophie sans passer par la rhétorique. » Conti,'comme on le pense bien, n'était pas fait pour marcher à pas plus lents. Nous avons des témoignages qui nous rassurent sur ce point, en marquant quelques-unes des époques de sa vie de collège. Ils nous permettent de

I. Mémoires de Bogêr de. Raiutiny comte de Bussjr (édition de Ladoric Lalanne, 1857), tomel, p. 6.

!i8 NOTICE BIOGRAPHIQUE

comparer le temps de ses classes avec celui des classes de Molière.

Gabriel Cossart, jeune professeur de rhétorique au collège de Clermont, prononça, k la rentrée du 19 septembre 1647, un discours latin pour rendre grâces au prince de Conti d'un séjour de dix ans dans cette maison ^ « Ce jour solennel de notre académie, disait l'orateur, est le premier depuis qu'elle a eu l'extrême douleur d'être privée de votre présence après en avoir joui, sans interruption, durant dix années. » Il semblerait d'abord que ces dix années de collège ne donnent pas ridée de classes parcourues à grandes enjambées. Mais ce qui avait retenu si longtemps à Clermont le prince, en qui l'on voyait alors un futur cardinal de Bourbon, c'étaient ses études théologiques. En 1644, le a8 juillet, il y avait soutenu publiquement, en présence du prince et de la prin* cesse de Condé et du cai>dinal Mazarin, des thèses « sur toute la philosophie », et, ndns dit-on, de manière à montrer « sa grande capacité et vivacité d'esprit' »• Quelques {ours après, le 3 août, il reçut le degré de mattre ès-arts' : il n'avait pas encore quinze ans. L'année suivante, il soutint deux thèses de théologie au collège de Clermont; et en 1646, le 10 juillet, une autre thèse, également de théologie, dans la salle de la Sorbonne. C'étaient, dit la Gazette de 1646, « les fruits de son étude de deux ans en théologie, qu'il continue encore à présent*. » Continua-t41 jusqu'à la fin de l'année scolaire seulement, en 1646? Nous croirions plutôt, d'après le discours du P. Cossart, à la solennité de la rentrée de 1647, que l'on doit prolonger ses études à Clermont jusqu'aux vacances de cette dernière année. A l'entendre ainsi, il aurait été confié aux Pères à la rentrée

I. Jrmonio Borhonio serenusimo prineipi de Conty,., Gratîarum aetio pro seholît Claromontanîs,,. deeenni eommoratîone ornatis, Aa- 6ita ad earumdem scholarum instaurationem. Ht Kal, Oet. anno 1647. Parisiis apud Seb. et Gabr. Cramoby, 1647. (Pièce in^4« de 33

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