Ms. de Brossette^ p
a. Voyez sur les erreurs de Brossette, rédition des OSwres de Boileau donnée par Berriat-Saint^Prix, tome III, p. 466-496.
iS6 NOTICE BIOGRAPHIQUE
mémoires^ Dans son témoignage, il est donc difficile de croire qne nous n'ayons pas celui de Baron, sous la dictée duquel sans doute il a écrit qu'Armande était fille de Madeleine. Il n'y avait guère pour Baron de secret dans U maison de Molière; s'il avait des raisons de ne pas aimer Mlle Molière, s'il a pu faire à Grimarest plus d'un conte sur elle, par celui-ci il l'aurait moins frappée que la veuve Béjart, Madeleine, et surtout son bienfaiteur, livré par loi, dans cette triste affaire, à des conjectures injurieuses.
Nous avons déjà fait remarquer que La Grange, lorsqu'il a parlé dans son Registre du mariage de Molière, n'a point donné les noms du père et de la mère d'Armande Béjart, quoiqu'il l'eût pu faire naturellement et sans la moindre affectation d'apologie. De même, notant à sa date la mort de Madeleine Béjart, il n'a pas saisi l'occasion de la dire bellesœur de Molière. Que celui-ci n'ait jamais voulu rétiibMr^ preuves en main, la vérité défigurée par ses ennemis, noua n'avons rien à dire contre les raisons qu'on en a proposées, mais on est étonné de la discrétion de La Grange, lï pourrait être soupçonné d'avoir évité, soit de lui-même, soit par le conseil de Molière, de toucher à une question scabreuse, sur laquelle savaient à quoi s'en tenir ses camarades sous les yeux desquels il écrivait son Registre,
Un très petit fait, qui n'a nullement la valeur d'un témoignage, est cependant assez curieux'. Le lo mai 167?, un arrêt fut rendu sur l'affaire d'une créance de Madeleine Béjart, dont Mlle Molière avait hérité (affaire Antoine Baratter). Quelques mois avant le jugement, les qualités des parties avaient été ainsi établies : « Entre messire Anthoine Hercule, baron de Saint- Victor*..., et Jean-Baptiste Poquelin Molière, comédien du Roi, et damoiselle Armande Grésinde Béjart, sa femme, héritière de défunte Magdelaine
1. R^me à la critique que Vom a faite de la Kie de M. de Jfelière. Voyez les Œuvrer de M, de Molière^ Paris, par la Compagnie des libraires associés, 171c, tome I, p. 117 et 118.
9. Il a étë dëcouTert et raconte par M. Emile Gampardon. Voyez le MoUériste d'août i883, p. i56et 157.