FU de Molière y tome XXIII des Œuvres, p
3. Histoire de France (édition in- 11 de 1879), tome XV, p. 63 et 64.
4. Rerenant à la charge sans produire d'arguments nouveaux, il dit k la page 38« du même rolume, dans aea Ifotes et ÉelmTeissemenis : c Molière-Arnolphe ne pouTait-il être le père d'Agnès
Il n'appnie d'aillenrs la probabilité do mariage incestueux que sur ces faits entièrement faux : < ce qui est sûr, c'est que Vannée 1645, où naquit la petite, était celle ou Molière devint un des amants de la mère ». Nul besoin de signaler les erreurs de dates. L'histoire de notre grand poète n'était pas une de celles que l'illustre historien savait bien.
Grimarest peut bien avoir imaginé, comme il s'y plaisait quelquefois, des scènes de roman, lorsqu'il a parlé des difficultés qu'aurait éprouvées Molière pour se marier. Il dît que Madeleine Béjart, voyant qu'il avait de l'amour pour Armande, et que cet amour prenait le chemin du mariage, s'efforça de traverser un dessein qui contrariait ses vues; car < elle aimoit mieux être l'amie de Molière que sa belle-* mère.... Elle le menaçoit souvent en femme furieuse et extravagante de le perdre, lui, sa fille et elle-même.... Cependant la jeune fille... se détermina un matin de s'aller jeter dans l'appartement de Molière, fortement résolue de n'en point sortir qu'il ne l'eût reconnue pour sa femme, ce qu'il fut contraint de faire. » L'opiniâtre opposition vaincue par l'étrange démarche de la hardie pupille a tout l'air d'un dénouement de comédie qui n'a pas coûté de grands frais d'invention, étant à peu près celui de V École des maris. Les efforts passionnés de Madeleine Béjart pour empêcher le mariage ont eux-mêmes été jugés peu vraisemblables; on les trouve en désaccord avec la riche dot qu'elle a donnée à Mlle Molière et avec les bienfaits du testament. Aussi n'oserions-nous pas donner à ce récit la valeur d'un sérieux témoignage. Cependant le dépit d'une femme dépossédée de son amant par de jeunes charmes serait très naturel; et peut-être comprendrait-on aussi qu'une fois forcée de se reconnaître vaincue dans la lutte, elle ait pris galamment son parti; qu'elle n'ait plus écouté que sa tendresse pour une chère rivale et fait taire sa douleur devant l'intérêt qu'elle avait à laisser du moins Molière dans des liens étroits avec la famille Béjart. L'histoire, dans la Fioneuse Comédienne^ est tout autre, et ne soulèverait
comme le roi [pouvait être] amoureux de sa sceur (belle-«œury c'est la même chose au point de vue canonique). »
a68 NOTICE BIOGRAPHIQUE
pas quelque8*unes des mêmes objections. La Bëjart, jaloase de la de Brie, aaraît,pour la détruire, favorisé de bonne heure r inclination de Molière pour l'enfant confié à ses soins. La de Brie lutta de toutes ses forces jusqu'au moment où il ne fut plus possible d'encbainer la liberté de Molière; et ce moment fut celui où, ayant établi sa troupe à Paris, il lui imposa très facilement ses volontés ^ Saura-t-on jamais la vérité sur ces scènes d'intérieur, qui échappent aux regarda des curieux, et sur lesquelles probablement Molière ne 8*est expliqué devant personne?
C'est assez de traditions douteuses et de conjectures sur ce mariage. Ne cherchons ce qui reste à en dire que dans un document certain, dans le contrat. Il n'est pas indifférent d'y remarquer la signature du père de Molière; il fut dressé en sa présence et en celle d'André Bondet, beau*frère du futur époux. Tous deux furent aussi présents â la célébration du mariage. Ainsi, comme d'ailleurs nous l'avions appris déjà, Jean Poquelin ne demeurait pas étranger à la vie de s«n fils, le comédien, et sans doute avec moins de scrupule que jamais, voyant à quelle renommée, à quelle faveur de la cour le théâtre l'avait élevé. Il acceptait pour belle-fille celle qui lui était présentée comme sœur d'une comédienne ; mais il est difficile de croire qu'il eût accueilli cette Béjart dans sa famille s'il l'avait crue d'une naissance irrégulière, dissimulée par une fausse déclaration ; surtout s'il n'avait pas été certain, lui qui devait savoir bien des choses, que Molière ne pouvait être soupçonné d'épouser son propre enfant.
Le nom de Molière n'est pas ajouté à celui de Jean-Baptiste Poquelin dans l'acte du mariage religieux; il l'est dans le contrat, mais sans la qualification de comédien; le père seul y est dit « tapissier et valet-de-chambre du Roi», quoique Molière, comme nous avons déjà eu occasion de le dire*, eût repris ce titre après la mort de son frère cadet, et qu'il ait, dit la Préface de i68a, exercé sa charge « dans son quartier jusques à sa mort ». Dans CÉttu de la