‹ Notice biographique sur J.-B. MolièreChapitre 136 sur 236 · Ibidem, p. 354 «t · texte numérisé non relu

Ibidem, p. 354 «t

SUR MOLIÉAE. 291

pas quelle fleur d'urbanité, quelle intelligence délicate des choses de l'esprit il y avait dans ce monde de la noble élégance. Beaucoup plus tard, lorsqu'il n'avait pas les mêmes raisons de se défendre contre ceux qui cherchaient à lui faire des affaires avec la cour, il a fait parler sur elle, tout comme Dorante, son aimable personnage du Clîtandre des Femmes tOKHiMes, Ceci dît, il est permis de faire la part d'une sage et politique précaution dans un éloge venant fort à propos en un temps où Ton excitait les gens de qualité \ ne plus souffrir ses plaisanteries. Il a toujours été dans son caractère de joindre à une grande liberté une adroite prudence ; il se rendait compte de l'impossibilité de tant oser sans manoeuvrer habilement. C'est ainsi que lorsqu'il fit imprimer sa Critique en i663, il dédia à la très pieuse reine mère cette apologie d'une comédie dont une scène avait été accusée d'un manque de respect à la religion. Il ne faudrait pas comparer son épttre dédicatoire à Anne d'Autriche à la lettre écrite par Voltaire au pape Benott XIV, pour mettre sous sa protection la tragédie de Mahomet. Rien, d'un côté, qu'une tactique prudente ; d'un autre, une singerie malicieuse.

Après P Impromptu de FersaiileSy si Molière jugea inutile de continuer la guerre, les comédies n'avaient pas dit leur dernier mot contre lui. Mais, avant de suivre ses ennemis jusqu'à la fin de leur campagne, il faut dire quelques mots d'un très illustre auxiliaire qu'ils se sont toujours flattés d'avoir dans leur parti et n'avaient certainement rien épargné pour enrôler.

Us n'ont jamais alors attaqué Molière sans exalter Corneille, pour écraser sous sa gloire l'auteur de bagatelles comiques. De Visé, dans une Lettre sur les affaires du tlukttre^ déclare qn' « il y a au Parnasse mille places de vides entre le divin Corneille et le comique Élomire^ ». Le Panégyrique de t École des femmes^ qui donne à Molière le nom de Zolle, à Corneille celui de grand Ariste, dit de celui-ci * : « Ce grand homme est assez étonné de se voir sur les talons

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