I . Registre de La Grange, p
9. Hutoire de Madame Henriette £ Angleterre (édition in»is d*Amaterdam, I74*)« p* 61 et 69.
,•^3. La Fie de M. de Molière, p. 68.
première fois le 9 novembre 1664, puis, sans iaterroption, jusqu'au 4 janvier i665. La musique et la danse l'aTaient soutenue. Par la suite, elle ne fut pas reprise da vivant de l'autenr.
Ce n'est pas elle qui va nous retenir dans le récit des brillantes journées de mai 1664, c'est une ceuvre d'une valeur toat autre, c'est un des plus mémorables événements littéraires, qui s'est glissé, on aurait pu ooire subrepticement, au milieu des divertissements de la cour galante. Voici comment l'annonce le Begistre de La Grange, dans rénumération des pièces représentées à Versailles pendant les trois jours des ffttes de mai : « La Princesse dÉUde fit une journée. — Plus les FAeheux, [le] Mariage forcé, — Et trois actes du Tiarum, qui étoient les trois premiers^. » Voltaire, dans le chapitre déjà cité du Siède de Louis XIV ^ on 'û donne nne si haute idée des Plaisirs de Vile emchoMée^ a très bien dit : « Ce qu'il y eut de véritablement admirable, ce fut la première représentation des trois premiers actes du Tartuffe. Le Roi voulut voir ce chef-d'œuvre avant même qu'il fût achevé.... La plupart de ces solennités brillantes ne sont souvent que pour les yeux et les oreilles. Ce qui n'est que pompe et magnificence passe en un jour; mais quand des chefiHd'œuvre de l'art, comme le Tartuffe^ font l'ornement de ces fêtes, elles laissent après elles une étemelle mémoire. »
Si, dans Timmortelle comédie, on ne voulait voir que la question d'art, ce serait assez pour proclamer très grand le premier jour où se révéla une partie de ses beautés. Quoique pour tous, même pour ses ennemis, Molière, avant son Tartuffe^ fût déjà « le Peintre 3i, il n'avait pas encore dessiné un portrait aussi merveilleusement achevé, poussé aussi loin une profonde et dramatique étude de caractère, n n'a même produit, sous ce rapport, rien d'égal dans les œuvres qui ont suivi, et parmi lesquelles, s'il est certain que l'on en trouve à citer de non moins admirables, c'est pour d'autres mérites.
Mais Tartuffe ne marque pas seulement une des plus ce-