‹ Notice biographique sur J.-B. MolièreChapitre 149 sur 236 · I . B^gUtre de La Grange, p · texte numérisé non relu

I . B^gUtre de La Grange, p

9. IM Matsê histort^mê, lettre du s aoât 1664, et GéUêtie de même date.

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lëgat assista, le 3o, à la représentation d'un ballet, qui était celui de la Princesse etÉlide, La Gazette du a août dit qu il trouva le spectacle « tout à fait agréable et digne d'une cour si galante^ ». Lui voyant l'esprit si libre, et tant de complaisance à entrer dans les goûts du roi ponr la comédie, Molière ne craignit pas de solliciter l'bonn^ar de lai lire le Tartuffe. C'était comme un adroit appel à Rome de la condamnation de sa pièce par des prêtres et des prélats français. Il fallait être persuadé que ce hardi recours ne déplairait pas au roi.

Dans le temps même qu'il trouvait à opposer à ses censeurs la tolérance du légat, un curé de Paris, celui de Saint-Barthélémy, préparait contre lui un très violent écrit, le Roi glorieux au monde. Il est daté du temps où Louis XIV était encore à Fontainebleau*. Dans son'b'beiley Pierre Roullé (c'était le nom du terrible curé) appelait Molière « un démon vêtu de chair et habillé en homme », qui méritait un supplice exemplaire, et« le feu même, avant-coureur de celui de l'enfer », en punition, de sa comédie sacrilège. Il prétendait que le roi lui avait « ordonné, sous peine de la vie, d'en supprimer et déchirer, étouffer et brûler tout ce qui en étoit fait » . C'était se montrer bien mal informé. Loin d'avoir songé à une pareille rigueur, il paratt bien établi que, si Louis XIV n'ordonna pas,, comme on l'a dit, la saisie et la destruction de l'écrit du curé, il en témoigna sa désapprobation par une sévère réprimande. Molière, soit avant de quitter Fontainebleau, soit peu après, lui adressa le premier de ses placets, où il lui parle des violentes attaques de Pierre Roullé avec une chaleur d'indignation qui témoigne de sa confiance dans la toute-puissante protection. Il rappelle la déclaration que Sa Majesté avait faite qu' « Elle ne trouvoit rien à dire dans cette comédie qu'EUe lui défendoit de produire en public » .

I. Il est fort possible qu'on lui en ait donné le plaisir quatre fois, comme le dit \t. Registre de La Grange (p. 66); car il ne quîtu Fontainebleau que le 6 août.

3. Il en était rcTenu arant le r6 août. Ce doit avoir été très peu avant ou après la troupe, qui avait quitté Fontainebleau le i3.

la sévérité de la défense fut en effet tempérée par de remarquables adoucissements. Au défaut des représenta* tions, interdites au théâtre, il 7 eut de fréquentes lectures de la pièce, dont le tout-puissant maître de l'État ne s'in* quiéta pas, comme S'il, voulait donner raison au vers :

U eti avec le ciel des accommodements.

Dèê le a6 août 1664, l'auteur du Tartuffe fut invité à faire une de ces lectures chez une des amies de Port-Royal. Au moment seulement où elle allait commencer, on s'avisa que le jour était mal choisi, étant celui qui vit enlever à Port* Royal de Paris ses mères et ses religieuses.

Plus encore que les lectures tolérées par le roi, des représentations d^la pièce données chez les princes, montrèrent qu'on ne voulait pas tenir les yeux trop ouverts. L'édition de i68a constate' que « les trois premiers actes de cette comédie ont été représentés, la deuxième fois, à Villers-Cotterets, pour S. A. R. Monsieur..., qui régaloit Leurs Majestés et toute la cour, le aS* septembre... 1664. » La Gazette du 17 septembre a soin de, dire que le roi revint de Villers-Cotterets le 24. Loret croit que ce fut seulement le a5 :

Le Roi rerint, dit^on, jeudi >.

Si cela était (mais le dit'on marque de l'incertitude), Louis XIY, à la rigueur, aurait pu revoir, dans la journée, les trois actes joués à Versailles. L^ plus vraisemblable est qu'il ne voulut pas autoriser par sa présence la hardiesse qu'on se permettait, à la demande sans doute de Madame. Laisser la place libre marquait déjà bien assez de connivence. n est évident que le frère et la belle-sœur avaient la certitude de ne pas se faire accuser de désobéissance.

n faut que Gondé n'ait pas craint davantage d'être en faute, lorsque, le 29 novembre de la même année, il de-

I. Voyes aussi le Heguire de La Grange, p. 67. a. La Mus0 historiques lettre du 97 sepicïnbre 1664. Le jeudi était le %S septembre.

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manda que le Tartuffe fût joué au Raincy, chez la bdle-nère de son fils, la Princesse Palatine, très peu dévote en ^ temps-là. Cette représentation est fameuse, comme nne preuve frappante que Ton ne croyait pas la pièce à jamais proscrite, et que Molière lui-même n'était pas tant découragé, puisque la plume, qui avait eu à l'achever, n'était pas tombée de sa main. Voici le témoignage du Registre de Li Grange : « Le samedi 29* novembre, la troupe est allée va Raincy, maison de plaisance de Mme la princesse Palatine, près Paris, par ordre de Mgr le prince de Condé, pour y jouer Tartuffe en cinq actes*. » Le même fait est affirmé aussi expressément qu'on peut le désirer dans l'édition de 1682 : « Cette comédie parfaite, entière et achevée en cinq actes, a été représentée, la première et la seconde fois, au château du Raincy..., pour S. A. S. Monseigneur le Prince, les 29* novembre 1664 et 8* novembre... i665, et depuis encore av^ chftteau de Chantilly, le ao* septembre 1668*. » Se faire jouer la pièce « parfaite et entière », quand le roi n'en avait vu à Versailles que trois actes, Condé, qui n'était plus un frondeur, pouvait-il croire que, sans parler de la désobéissance, ce ne fût pas blesser le respect, s'il ne s'était assuré que l'on voudrait bien tout ignorer?

On a plus d'une fois la surprise de voir les faits les mieux attestés être mis en doute par la découverte inattendue de nouveaux documents. Lorsque se préparait, pour le 8 novembre i665, une seconde représentation de Ttirtuffè an Raincy, M. le Duc écrivit en octobre 4 un homme d'affaires de son père un billet que Mgr le duc d'Aumale a trouvé dans les archives de Chantilly, et qu'il a îaxi connaître le i** septembre v 881. Ce billet* avertissait que le prince de Condé, qui irait au Raincy le lendemain de la Saint-Hubert (c'est-à-dire le 4 novembre), y voudrait faire jouer les Mé^

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