I. Voyez notre tome IV, p
Mouàaa, x st
3aa NOTICE BIOGRAPHIQUE
libertin, d'un esprit fort, Molière fit cette peintare avec une étrange hardiesse, qui éclate dans de terribles paroles de son incrédule. Il ne manque pas, il est vrai, de charger de scélératesse celui qui les prononce ; et il semblait juste de dire qu'après avoir flagellé la dévotion feinte, une des formes de l'impiété, il avait voulu imprimer une égale flétrissure à cette autre impiété plus franche, qui se joue ouvertement du ciel. De plus méfiants purent penser que le langage d'un sceptique ne lui avait pas été assez pénible i faire entendre. Après tout, ce langage était bien duit Je caractère du personnage, tel à peu près qu'il l'avait trouvé chea ses devanciers. Molière s'écarte davantage de leurs traces dans la scène où, pour mettre le comble, comme dit Sganarelle^, aux abominations de Don Juan, il lui fait prendre devant son père le masque de l'hypocrisie. Ce n'est chez le pervers qu'une boutade d'ironie, qui ne donne pas un sérieux démenti à son ordinaire audace, dédaigDeuse des lâches dissimulations. Y eût-il là cependant une petite violation de la règle, qu'avant Boileau, Molière connaissait assez :
Conserrez à chacun ton propre caractère*,
il valait la peine de passer outre pour atteindre son but. D fallait absolument imaginer un prétexte à un nouvel acte d'hostilité contre les hypocrites. Les voilà frappés, et cette fois en plein théâtre, aussi durement que dans la comédie dont ils s'applaudissaient de s'être débarrassés. Ils durent reconnaître la difficulté de faire lâcher prise à l'implacable adversaire, lorsqu'ils entendirent Don Juan expliquer à son valet tout le profit à tirer de ce qu'il appelle un « vice à la mode », un des vices de ce siècle'. Il n'était pas douteux que cette éloquente tirade retentirait comme un cri de vengeance.
Les hardiesses ne manquent pas dans ce Festin de Pierre, U en est une à distinguer de celles dont nous venons de par*