I. Scène 1, p. 39a et 393 du ume.IIL
Aa libelle dicte par la plus visible baine contre Bille Mo* lière nona n'ayons ajouté aucune foi, lorsqu'elle y est accusée des plus bonteux désordres avant même la première représentation de laPrineesse dÉlide;m^^ venant au temps où son rôle l'y fit briller dansées fêtes de Versailles, si l'on nous donne encore des détails, convaincus de mensonge, sur tes infidélités, on ne dit rien d'improbable en la montrant exposée par ces fêtes de 1664 aux compromettantes galanteries de la jeune cour.
Grimarest, parlant à son tour dea premières inquiétudes de Molière, nous paratt avoir eu en vue la même époque; et 3 peut bien avoir puisé k une source plus sûre que celle du livre calomnieux. Il en contredit les accusations les plus graves, mais reconnaît, tout en les atténuant, des torts à la jeune femme : Elle « ne fut pas plutôt, dit-il, Mlle de Molière, qu'elle crut être au rang d'une duchesse; et elle ne se fut pas donnée en spectacle à la comédie que le cour* tisan désoccupé lui en conta.... Molière s'imagina que toute la cour, toute la ville en vouloit à son épouse. Elle négligea de l'en désabuser; au contraire, les soins extraordinaires qu'elle prenoit de sa parure... ne firent qu'augmenter ses soupçons et sa jalousie. U avait beau représenter à sa femme la manière dont elle devoit se conduire pour passer heureusement la vie ensemble ; elle ne profitoit point de sea leçons, qui lui paroissoient trop sévères pour une jeune personne, qui d'ailleurs n'avoit rieii à se reprocher^. » La voici donc simplement représentée comme une Célimène trop curieuse de coquets ajustements et qui sans doute ne prenait pas un bâton pour mettre dehors ses admirateurs. Bien que nous n'ayons pas hésité à faire justice des fables du libelliste, nous ne nous hasarderons pas à garantir que la vérité tout entière se trouve chez Grimarest. De la coquetterie qu'il ne dissimule paa à de beaucoup plus grands écarts de conduite le pas pouvait être aisément franchi par une comédienne, par une Béjart. U ne faut pas cependant céder à la crainte d'être naïvement crédule. U est loin d'être prouvé tiue Molière ait été aussi trompé
\. La ru de M. iê Moiière^ p. 68*70.
qa*on Ta dit : il avait iie^ttcoap d'ennemi» intéressés à l'enrftler parmi les maris dont il avait fait rire. Cétait si bien ches eu^ un psrti pris, qae nous les avons vns se hiter, dès i663y contre toute vraisemblance, de s'en donner la j<Me dans leurs comédies.
On peut regarder ceci seulement comme suffisamment attesté, qu'il ne trouva nullement dans son mariage la douce union qui eût été la juste récompense de sa tendresse, et que la paix dont il avait besoin dans sa vie déTorante ne cessa d'être troublée par des tourments de jalousie. Sa femme n'eut pas asses de coeur pour se résoudre jamais à les lui épargner. Nul accord entre ces deux caractères. Il en fut plus malheureux que bien d'autres, parce qu'il était plus aimant, et aussi parce que, si gaie qu'ait été le plus souvent sa verve, il était d'un naturel mélsncolique.
C'est surtout lorsqu'on ne rejette pas absolument le Jugement modéré de Grimarest sur Mlle Molière que l'on croit à son portrait dans le Misanthropcj tl que les chagrins d'Alceste prennent une grande ressemblance avec ceux de Molière. Si Grimarest n'a fait nulle part une comparaison si naturelle, elle n'a pas échappé à Bruzen de la MarUnière, qui, dans une de ses Additions à la biographie de 1705*, cite les vers 17S1-1768 du Misanihrope\ è l'appui de cette remarque qu'il vient de faire : « Le Misanthrope prêt de pardonner à Célimène toutes les coquetteries dont elle vient d'être convaincue, pourvu qu'elle veuille se retirer avec lui, ressemble assez à Mblière, si l'on juge de lui par la conversation que j'ai rapportée. »
La conversation dont il parle est celle dont un peu plus haut' il avait emprunté une partie à la Fameuse Çomédimme^ celle où les deux amis qui s'entretiennent sont Molière et Chapelle.
Les confidences douloureuses que Molière fait à son ami, et les rudes conseiU par lesquels celui-ci y répond, ont été bien souvent cités, et avec de grands éloges, que nous ne disons pas tout à fait immérités; car une peinture, fsite