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a. Scène dernière. — 3. Pages 58 et Sg.
SUR MOLIÂRE. 341
tyee tant d'art, des combats déchirants d'an cceur, n'est assurément pas d'an écrivain médiocre. Mais, non content de loaer ces pages comme les mieox écrites da vilain pam« pUet, on lea a crues dignes de confiance par l'accord où il a para qu'elles étaient avec le caractère des deux amis» et par la vérité d'accent dans les paroles attribuées à Molière. Pour donner cette inqpression de vérité, il faut, a-^-on dit» qu'elles soient authentiques, et peut-être .ont-elles été tirées de lettres dont le libelliste aura eu connaissance. Nous croyons au contraire qu'il n'y a qu'un très habile artifice de rhétorique dans le récit de ce fameux entretien ; et quand on supposerait que tout n'y fût pas de pure invention, il serait encore visible que la conversation a été fort librement chargée d'interpolations pour faire confirmer, ea quelques endroits, par Molière lui-même ce que le libelle a conté des scandaleuses aventures de Mlle Molière. Grimarest, qui aimait, Im* aussi, à imaginer des scènes, a voulu donner à son tour la sienne, par émulation sans doute, et avec l'intention de l'opposer à celle de la Fameuse Comédienne, Molière, selon lui, ne trouvait pas dans ChapeUe un ami assez consolant pour qu'il le fît entrer dans ses peines domestiques; c'était à deux amis plus sérieux, Rohault et Mignard, qu'il se livrait sans réserve ; ils sont les confidents avec qui Grimareat lui fait épancher son cœur.. Dans cet épanchement, les paroles qui lui sont prêtées viennent, en ce qui touche à la conduite de sa femme, à l'appui de l'idée que le biographe a Toulu nous en donner; ce qui suffirait popr inspirer le soapçon d'une scène non moins arrangée que celle du pam« phlétaire. Dans les deux confidences, si peu authentiques, il y a toutefois un assez curieux témoignage de ce que l'on croyait savoir des sentiments de Molière, et l'on est porté à admettre que ce)i fictions ont peint l'état de son âme d'après une tradition certaine, surtout lorsqu'on en rapproche maints vers du Misanthrope, où nous avons trouvé si peu douteux que, sous la figure d'Alceste amoureux, le poète nous a confié ses propres pensées. Citons quelques passages de la Fameuse Comédienne ^, qui semblent un assez