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fiidèle écho des paroles qne Molière tarait plus d'une (ma fait entendre dans ses entretiens intimes : « Je me fis à molmême des reproches sur une délicatesse qui me sembloit ridicule dans un mari, et j'attribuai ^ son humeur ce qui étoit un effet de son peu de tendresse pour moi.... Mes bontés ne l'ont point changée. Je me suis donc déterminé à vivre avec elle comme si elle n'étoit point ma femme. Mais si tous saviez ce que je souffre, vous auriez pitié de moi. Ma passion est venue à un tel point qu'elle va jusqu'à entrer avec compassion dans ses intérêts. Et quand je considère combien il m'est impossible de vaincre ce que je sens pour elle, je me dis en même temps qu'elle a peat-étre une même diJBGculté à détruire le penchant qu'elle a d'être coquette, et je me trouve plus de disposition i la plaindre qu'à la blâmer. Vous me îirez tja'iï faut être poète' pour aimer de cette manière; mais, pour moi, je croie qu'il n'y a qu'une sorte d'amour, et que les gens qui n'ont point senti de semblables délicatesses n'ont jamais véritablement aimé* Toutes les choses du monde ont du rapport avec elle dans pon cœur; mon idée en est si fort occupée que je ne ssis rien en son absence qui me puisse divertir. Quand je la vois, une émotion et des transports, qu'on peut sentir, mais qu'on ne sauroit exprimer, m'ôtent l'usage de la réflexion; je n'ai plus d'jeux pour ses défauts, il m'en reste seulement pour tout ce qu'elle a d'aimable. N'est-ce pas le dernier point de folie? et n'admirec-vous pas que tout ce que j'ai de raison ne serve qu'à me faire connottre ma foiblesse sans en pouvoir triompher? »
En beaucoup moins éloquent langage, Grimarest attribue a Molière une confession, au fond peu différente, de ses souffrances jalouses et des indulgentes excuses qu'en s'ac«
I. Dans Tëdition sans lieu ni date, et dans celle de 1690, on lit : fl qu'il faut être père ». Est-ce la première leçon^ ou une tsriante? Quoi qu'il en soit, nous ne croyons pas à une faute d'impression. AToir glisse là, dans la bouche de Molière lui-même, TaTcu de sa patemitë, serait bien digne de la perfidie du pam« phlet. fl Je crois qu'il n'7 a qu'une sorte d'amour • a*entcnd mienx que dans la phrase : fl il faut être poète t.
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coiânl Ini-mtme il cherchait dans son ooeor it une incurable coquetterie* : « Avec toutes les précautions dont un homme peut être capable, je n'ai pas laissé de tomber dans le désordre, où tous ceux qui se marient sans réflexion ont accoutumé de tomber.... Oui, mon cher monsieur Rohault, je suis le plus malheureux de tous les hommes.*., et je n'ai que pe que je mérite. Je n'ai pas pensé que j'étois trop austère pour une société domestique. J'ai cru que ma femme devoit assu*> jettir ses manières à sa vertu et à mes intentions ; et je sens bien que dans la situation où elle est, elle eût encore été plus malheureuse que je ne le suis, si elle l'avoit fait. Elle a de l'enjouement, de l'esprit; elle est sensible au plaisir de le faire valoir; tout cela m'ombrage malgré moi. J'y tirouve à redire, je m'ei^plains. Cette femme, cent fois plus raison^ nable que je ne Je suis, veut jouir agréablement de la vie ; elle va son chemin; et, assnrée^par son innocence, elle dédaigne de s'assujettir aux précautions que je hii demande. Je prends cette négligence pour du mépris ; je voudrois des marques d'amitié, pour croire que l'on en a pour moi ; et que l'on eût plus de justesse dans sa conduite pour que j'eusse l'esprit tranquille. Mais ma femme, toujours égale et libre dans la sienne, qui seroit exempte de tout soupçon pour tout autre homme moins inquiet que je ne le suis, me laisse impitoyablement dans mes peines ; eS occupée seulement du désir de plaire en général, comme toutes \é% femmes, sans avoir de dessein particulier, elle rit de ma foiblesse.... » Grimarest suppose qu'après avoir écouté ces confidences, « M. Rohault étala à Molière toutes les maximes d'une saine philosophie, pour lui faire entendre qu'il avoit tort de s'abandonner à ses déplaisirs* —-Eh! lui répondit Molière, je ne saurois être philosophe avec une femme aussi aimable que la mienDe ; et peut*étre qu'en ma place, vous passeriea encore de plus mauvais quarts d'heure. » On aura remarqué ce qui distingue de l'entretien avec Chapelle cet entretien avec Rohault, dans lequel GrimArest a laissé la marque de son opinion particulière sur les torts réciproques, insistant beaucoup plus que le libelle sur les reproches que s'adrès-