I. iM riêdêM.dê Jfo/Ofw, p. i47-i5i
Mit Molière, et lai faisant exprimer une foi entière dai l'innocence des coquetteries de sa femme. Cette coniiclkA da pen de graritë des sujets de plainte qu'elle lui donnait n'est pas très facile à admettre. S'il l'avait eue, il n'annh pas été si cruellement tourmenté, ^ moins que l'on n'explique tout par une telle humeur noire, qu'il y aurait peu d'hyberbole ches les satiriques, lorsqu'ils l'ont nommé hypocondre.
Dans la comédie de Chalussay, l'hypocondrie d'ÉIomire est une maladie, une vraie folie, qui est attribuée aux îoquiétudes que lui donnait sa toux, à ses excès de travail, aux soucis de la direction de son théâtre, et à ses pemes domestiques. Nous ne prenons pas pour un documeat une caricature grossière, à laquelle sont mêlées qndqaes vérités silr tout ce qui pouvait porter Molière à la mâancolie. Il faut seulement reconnaître qu'U paraft y avoir été enclin. Avant le tjmps de son mariage, il avait déjè la réputation de n'avoir pas dans le caractère la gaieté qu'il mettait dans ses pièces. On faisait dire à Scarron dans ta Pompe funèbre*^ imprimée en 1660, qu'il ne voulait pas choiidr Molière pour son successeur, le jugeant « un bouffon trop sérieux » ; et dans le Songe du réfeur^ qui est de la même année, on trouve ce petit vers* :
Molière qui n'est plu rieur.
« Médecin^ gm/ris^ioi toi^mAHe^ ditBayle, Molière, qui divers tisses tout le public, divertissez-vous vous-même'. » Ce n'ett pas cependant sans une veine d'imagination vraiment joyeuse qu'on écrit les scènes les plus plaisantes qui aient jamais égayé le théâtre comique. Molière avait évidemment deux coQjtraires dons, celui du franc rire, et celui du sérieux poussé jusqu'à la tristesse. Non seulement il est dana notre nature de ne pas échapper aux étranges contrastes des deux hommes qui sont dans chacun de nous; mais on les trouve