‹ Notice biographique sur J.-B. MolièreChapitre 162 sur 236 · I. Page xc 9. Page · texte numérisé non relu

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3 Dictionnaire historique et eriti^ue^ à l'article PoQUiux (éditic» de 1701).

particolièrement dans un grand génie, dont la formation n'est jamais mieux aasorëe qne par la combinaieon de forces qui sembleraient devoir se repousser. Et puis, sans renoncer à croire chez Molière à deux prédispositions opposées, tenons compte aussi de l'amertume plfilosophique par laquelle ne saurait guère manquer de se laisser gagner le railleur qui fait une continuelle étude du cœur humain et de ses faiblesses. Mme de Staël a dit ayec une profonde yé« rite : c n y a quelque chose de triste au fond de la plaisanterie fondée sur la connaissance des hommes*. »

Si, comme il nous a semblé, Molière s'est peint luimême, du moins par de certains cAtés, dans son Alceste, c'était un aveu de l'humeur noire qui faisait de lui un atm» bilaire amoureux. Avec ce penchant à mettre plus encore que du sérieux dans ses affections, il dut être bien malheureux lorsqu'il ne rencontra que frivolité chez celle qu'il ne pouvait se défendre d'aimer. Avoir épousé une Célimène. s'il est vrai que Mlle Molière n'ait rien été de plus, lut le tourment de sa vie, qui, au milieu de soins accablants, dut renoncer à la douceur reposante d'un bon ménage et d'une affection partagée.

« La grâce » de Célimène-Armande était « la plus forte ». Quelle idée s'en faire? Sachant que l'amour est le plus souvent inexplicable, Alceste se contente de dire :

Elle a l'ait de me plaire.

J'ai beau Toir 'ses défauts, et j'ai beau Vea blâmer, £11 dépit qa'on en ait, elle se fidt aimer*.

C'est nous faire craindre qu'on ne soit en danger de perdre sa peine lorsqu'on cherche par quel charme Armande avait touché le cœur de Molière ; on aura toujours cependant quelque curiosité de demander aux témoignages qu'on peut recueillir sur elle l'attrait qu'ils lui reconnaissent.

Le. plus malveillant de ces témoignages, tout en lui refusant d'avoir jamais été belle, avoue qu'elle ne s'était pas étudiée en vain à devenir séduisante : « La petite Béjart

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