Ibidem^ p. 179 et
qu'il aimait, en même temps il jugeait avqc trop de bon sens les inévitables inconvënients, dans un mariage, de la vie de théâtre où il avait engagé sa femme, pour ne pas se résigner à quelque indulgence. Il n'a jamais cessé de jouer ses comédies avec Armande, d'y choisir pour elle* des rôles très propres à la faire briller. Il a fait plus : dans quelques-unes de ces pièces, îl a laissé éclater l'amour dont les torts de l'ingrate ne l'avaient pas guéri ; et c'est alors surtout qu'on trouverait à faire le% conjectures les plus vraisemblables sur les moments de ses* réconciliations, tout au moins de ses offres de paix.
Grimarest place dix mois avant la première représentation duMaUule imaginaire (lo février 1673) l'intervention d'amirqui essayèrent de rétablir l'union entre les époux, « ou, pour mieux dire, de les faire vivre avec plus de c<mcert* ». Ce serait vers le mois d*avril 167a. Pour nne fois que Grimarest hasarde une date précise, il ne parait pas avoir reçu de bons renseignements. Nous ne voudrions pas lui objecter ce petit fait raconté par Brossette : dans la
i. La rie de M, de Molière^ p. s8o et s83. — On a parlé aiW leurs de cette rëconcUiatioD, la dernière en date, à laquelle auraient travaillé des amis, non pas dix mois arant la représentation du Malade imaginaire^ mais lorsque cette comédie venait d*étre achevée. Les officieux amis que Ton nomme sont Chapelle et le marquis de Jonzac : a Molière..., dans rintentioo d*offrir à sa femme le rôle d*Angélique, et sachant combien la douceur de sa voix ajoutoit à Texpression dessentiments naturels, aroit su rendre oe rôle assea. aimable pour faire applaudir, d'un bout à Tautre, l'actrice qu'il en chargeroit. Jonzac fit sentir à Mme Molière le I»rix d'un pareil soin de la part d'un mari maltraité. Peut-être ce jnotif la toucha-t-il foiblement ; mais l'espérance de plaire dans un rôlet écrit pour elle la décida* Le rapprochement eut lieu dans la soirée même. » Nous ne trouvons cette anecdote que dans l'écrit assez singulier intitulé : Extrait des Mémoires de Madame Guérin^ veuve de Molière^ et qui est en grande partie une compilation de la Fameuse Comédienne, Cet extrait a été publié dans la seconde livraison de la Collection des Mémoires dramatifues (Paris, iSai). L'anecdote est aux pages i85 et 186, où l'on fait entendre qu'elle est tirée du libelle ; cependant nous ne la lisons dans aucune dès éditions que nous en avons vues.
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scène première des Femmes sapantes^ les rers 73 et 74 étaient d'abord ainsi :
Quand sur une personne on prétend s'ajuster, C*est par les beaux cdtës qu'il la faut imiter.
Boilean n'en ayant pas été cQntent, Molière le pria de les refaire, « tandis qu'il alloit sortir un moment avec sa femme ^ », On pourrait 'conclure de là que le ménage n'a« Tait pas alors grand besoin que des amis prissent soin d'y remettre le bon accord ; mais il faudrait savoir quand Boileau proposa la correction qui fîit adoptée, si ce fut avant la première représentation, donnée le 1 1 mars 167a, ou seulement après l'impression, dont rj/cAep/ est du 10 décembre suivant. Il y a une difficulté plus sérieuse à opposer à Grimarest. La naissance d'un troisième enfant de Molière, le t5 septembre 167a, sept ans après celle du second, aurait dû l'avertir que bien avant le mois d'avril de la même an* née la séparation avait cessé. Cet enfant, Pierre-Jean-Bap» tiste-Armand, qui vécut un peu moins d'un mois, eut pour parrain Pierre Boileau (Puymorin), frère de Despréaux, pour marraine la fille de Pierre Mignard*. Il est assez vrai« semblable que les médiateurs dont Tamitié avait amené une réconciliation furent principalement Mignard et les Boileau. Il est à remarquer que, des enfants de Molière, ce dernier né e%t le seul à qui l'on ait donné, après le prénom du'parrain, les prénoms, amicalement rapprochés, du père et de la mère, comme avec l'intention de constater l'union étroitement rétablie. La distraction de Grimaf est, qui n'a pas tenu compte de la dernière grossesse de Mlle Molière, est d'autant plus singulière qu'il venait de nous donner d'une aggravation de l'état valétudinaire de Molière une explication médicale, aussi peu soucieuse de délicate réserve que certaines promesses de M. Purgon dont Argan se vante à sa femme*. Molière, dit-il, < pour rendre l'union plus par-