‹ Notice biographique sur J.-B. MolièreChapitre 175 sur 236 · I. Page · texte numérisé non relu

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SUR MOLIÂRE. 367

plutôt la violation d'un usage seulement? « L'usage, dit V Histoire du thétùre français^ ^ observé de tout temps entre tous les comédiens françois, étoit de n'entreprendre point de jouer, au préjudice d'une troupe, les pièces dont elle étoit en possession et qu'elle avoit mises au théâtre à ses frais particuliers, pour en retirer les premiers avantages, jusqu'à ce qu elle fût rendue publique par l'impression. » Rien de plus équitable ; mais la volonté des auteurs, mattres de leurs ouvrages, n'était peut-être pas soumise au respect de cette convention, qui n'obligeait que les troupes, et encore, semblerait-il, moins comme une loi que comme une simple coutume. U serait intéressant de mieux connaître ce qui s'éladt passé en i66a entre le Marais et l'Hôtel de Bourgogne pour la tragédie de Sertorius^ qui, avant l'impression, fut jouée sur les deux théâtres. Si ce ne fut pas du consentement de la troupe du Marais, qui, la première, avait représenté Sertorius^ Corneille ne se serait pas plus gêné avec elle que ne le fit Racine avec la troupe de Molière. Ce précédent, fût-il plus clair, n'excuserait pas assez Racine, qui avait, au Palais-Royal, à garder des ménagements avec un ami, et ne devait pas oublier sa pièce de début accueillie, ses premiers pas encouragés. Nous avons seulement entendu écarter tout ce qui a été imaginé pour aggraver ses torts et exagérer ses devoirs de reconnaissance ; et, sans absoudre l'égolsme d'un talent impatient de se faire reconnaître et de ne plus être mis, par la faute de médiocres tragédiens, en danger de ne pas se révéler «vec éclat, nous demandons quelque indulgence pour une faiblesse, au-dessus de laquelle il serait bien héroïque à un poète, amoureux de gloire, de ne pas hésiter à s'élever.

n est remarquable que le Palais-Royal, après le jour où il connut l'offensant procédé, se contenta d'abord de fermer sa caisse an coupable, et que son dépit n'alla pas jusqu'à abandonner la pièce à l'Hôtel de Bourgogne; il la joua trois fois encore, le ao, le aa, enfin le 37 décembre, qui fut, en 1665, le dernier jour de ses représentations. S'il ne la reprit pas, lorsque l'on rouvrit le 21 février 1666, il est per-

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