I. Tome IX, p. io
mis de penser qa'il s'était senti vaincu par ane troupe mgique plus goûtée.
Quinze mois après cpx* Alexandre avait passé du Pal&ift- Royal à THÔtel de Bourgogne, Mlle du Parc prit, aux vacances de Pâques 1667, le même chemin, engagée par Racine à suivre sa fortune. Louis Racine paratt dater de sa désertion le refroidissement entre son père et Molière^; maii il est antérieur à ce nouveau grief, qui, sans être la première cause de la mésintelligence, piit seulement Tentretenir. Cette fois, le Bcgistre de La Grange se borne à dire* : > W\e du Parc a quitté la troupe, et a passé à l'Hôtel de Bourgogne, où elle a joué YAndramaque de M. Racine. » Ces derniers mots seuls semblent marquer que derechef Racine < en avait mal usé », et laissent entendre que c'était Im qni avait détourné l'inconstante camarade. Pas un mot de regret pour la transfuge, qui n'en était pas à sa première infi« délité, et que sans doute quelques-unes des comédiennes, particulièrement la Béjart, n'étaient pas trop contrariées de voir s'éloigner. Le mobile du second méfait de Racine ne fut pas l'ambition de voir son œuvre bien interprétée, mais l'amour, passion plus puissante encore sur un jeune cceur. Molière se regarda plus que jamais comme pleinement en droit de donner cours à son ressentiment. H ouvrit son théâtre à une petite pièce par laquelle on espérait chagriner Racine, très sensible aux moindres piqûres. Elle était intitulée la Folle querelle ou la critique dAnirtmaque, Subligny en était l'auteur. Le Palais-Royal donna la première représentation de cette comédie satirique le 18 mai 1668, six mois après celle à*Androinaque à l'Hôtel de Bourgogne. Pour un plat de vengeance, il était servi bien peu chaud; pauvrement accommodé d'ailleurs, et sans assez de sel. Pas trop de vinaigre non plus, il le faut reconnaître. On aime à penser que Molière n'aurait pas voulu une guerre plus méchante. Pourvu que l'acte d'hostilité ne fût pas trop cruel, il était juste, comme représaille. Mieux eût valu pourtant ne pas donner à son ressentiment cette satisfaction de
t. Mémoires^ p. a36.