‹ Notice biographique sur J.-B. MolièreChapitre 177 sur 236 · Page · texte numérisé non relu

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SUR MOLIÉRB. 369

peu d'efTet, et ne point prêter son théâtre à une attaque contre^ un chef-d'œuvre admiré de tous, et dont assurément Molière, si bon'^juge, sentait lui-même la beauté. L'arme qu'un maladroit était venu lui offrir le blessa tout le premier, comme il dut s'en apercevoir, lorsqu'on répandit le bruit ridicule que c'était lui qui, de ses propres mains, l'avait forgée. On ne comprend guère l'injure que lui faisaient quelques-uns : il savait tout autrement railler. Grimarest a fait preuve de bien peu de jugement, quand il a parlé d'une attribution si évidemment stbsurde, comme s'il ne savait trop qu'en penser. Il prétend que Racine y fut trompé, et déclara la FoUe Querelle un des meilleurs ouvrages de Molière. S'il était vrad qu'il se fût amusé à parler ainsi, ce n'eût été qu'une épigramme de sa malice, à ne pas prendre au mot, et Grimarest a été bien peu fin de ne pas s'en douter.

ÏL ny a rien de plus certain que l'origine du désaccord entre Molière, non pas ici auteur de comédies, mais chef de troupe, et Racine, auteur tragique ; on peut donc s'étonner que Titon du Tillet l'ait cherchée dans « la jalousie du génie poétique* ». Les deux poètes étaient engagés sur des routes trop différentes pour se gêner l'un l'autre. Un jour, il est vrai, Racine a fait, comme par amusement, une de nos meilleures comédies ; mais elle ne fut jouée que vers la fin de 1668, longtemps après la rupture; et cette fantaisie ne se renouvela pas. En essayant un badinage aristophanesqne, destiné d'abord au théâtre de Scaramouche, il n'avait nullement songé à disputer le prix à l'inimitable Molière. Gelttî*ci, loin de se montrer jaloux, ne refusa pas son suffire à l'excellente «atire des juges et des avocats, à son double mérite de gaieté et de vérité. C'est du moins ce que croyait savoir Valincour. Après avoir dit que les deux premières représentations furent presque sifflées, il raconte que Molière, présent à la seconde, « ne se laissa pas entraîner au jugement de la ville, et dit en sortant que ceux qui se moquoient de cette pièce, méritoient qu'on se moquât d'eux* ». Louis Racine nous apprend que son

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