‹ Notice biographique sur J.-B. MolièreChapitre 195 sur 236 · La ne de M. de Moiière^ p · texte numérisé non relu

La ne de M. de Moiière^ p

MOLUOLB, X V '^

4oa NOTICE BIOGRAPHIQUE

rectification moqueuse avait été décochée avant la représentation de la comédie, et que Molière avait pris sa revanche par la contrefaçon des pointes de Bensserade^ Ce n'est point ce qui nous paratt le plus vraisemblable. Noos avons dit ailleurs* les objections qui se présentent tout d'abord à l'esprit.

Vers la fin du même troisième intermède , il y a des ven que Bensserade aurait eu peine h ridiculiser, et qu'avec tout son esprit il n'aurait jamais su faire. Sous le titre, familier k Molière, de Dépii amoureux , c'est ^ une imitatfon, pleine de grâce facile et charmante, du célèbre Donee gratur eram d'Horace. La muse de Molière, en se jouant, secouait des pierreries et laissait tomber des perles jusqu'au milieu des inévitables fadeurs des lieux communs de ces ballets.

il regardait si bien sa comédie comme un impromptu de fêtes, aussi éphémère que leurs fleurs et leurs illuminations, qu'elle ne fut pas imprimée de son vivant, ni jouée à la ville. Le Registre ne la nomme pas dans sa mention des divertissements de Saint-Germain. Elle n'est pourtant pas à dédaigner. Le rôle de l'astrologue Anaxarque a son prix. On y reconnaît lu philosophie de Molière, qui, en digne disciple de Gassendi, n'épargnait nulle part l'imposture et les crédules superstitions. Le personnage de Clitidas est très agréable ; Molière, qui le jouait, s'est amusé à lui donner quelques-uns de ses propres traits. La mémoire toute pleine de Corneille, il a, pour quelques scènes, trouvé son bien dans la comédie héroïque de Don Sanche d Aragon, Sostrate fait beaucoup penser à Don Sanche, bien qu'on ne découvre pas à la fin qu'il soit du sang royal ; et la princesse Ériphile est une autre dona Isabelle. Ce rôle est un de ceux où Molière a le plus délicatement éclairé les secrets du cœur des femmes. Ce serait du Marivaux, si ce n'était beaucoup mieux, c'est-à-dire sans le même abus de la finesse et des nuances trop subtiles du sentiment.

On a été frappé de la ressemblance du roman d'Ériphile

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