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9. D*aprèa le RegUtre^ la troupe reçoit k Saint-Germaitt , du i" décembre 1666 au se fërrier 1667, ziooo lirres pour deux années de la pension (p. 86) ; — à Versailles, du 6 au 9 noTembre 1667, 6000 livres pouv une année (p. 91); — à la fermeture de Paquet 1669, 6000 livres pour une année (p. io3); — à Saint- Germain, du 3o janvier au 18 février 1670, laooo livres pour deux années (p. 109); — en avril 1671, la pension ayant été augmentée, 7000 livres pour une année (p. i3o); — en mars 1673, un mois après la mort de Molière, 7000 livres pour une année
A cette dernière date, huit années de la pension avaient donc été payées, et c'est bien le compte. Depuis que la troupe était devenue troi^ du Roi^ elle avait reçu 38 000 livres, au titre de pension. Il y avait eu aussi diverses gratifications et des dons de costumes. En novembre 1688, à Saint-Germain, où l'on joua, pour la première fois, VApwre devant le roi, on eut une gratification de 3ooo livres (p. 99 du Registre). On croirait que par cet exemple de générosité, il se fit un plaisir de compléter la leçon que Molière donnait aux Harpagons.
4o( NOTICE BIOGRAPHIQUE
troupe un changement qui n'est pas sans intërêt. On se loa- TÎent que Baron, après avoir joué à Saint-Germain, en décembre 1666, le rôle de Myrtil dans MéUtxrte^ avait demandé au roi la permission de se retirer. Pour se soos* traire aux mauvais traitements de Bille Molière, il avait été rejoindre la troupe de la Raisin, dont Molière l'avait tiré. Bien que regrettant toujours son protecteur, et regretté par lui, il n'avait jamais voulu revenir. La troupe de la Raisin n'ayant pu se soutenir, il s'était engagé dans une autre, goi jouait également en province. Molière cependant ne le perdait pas de vue. « Quelques jours après qu'on eut recomlûencé après Pâques [1670], dit le Registre*^ M. de Molière manda de la campagne le S^ Baron, qui se rendit k Pans, après avoir reçu une lettre de cachet, et eut une part. » k la marge de ces lignes, La Grange a placé l'anneau teinté de bleu, signe d'heureux événement. U a certainement voulu constater la joie de Molière. Voilé la première entrée de Baron dans la troupe; car au temps de Mélicerte, presque enfant encore, il n'en faisait pas régulièrement partie. Son admission en 1 670 fait honneur à la constance deMplière dans un attachement presque paternel, et è la sûreté de son jugement, qui ne s'était pas trompé sur de grandes espérances de talent. Elles furent justifiées d'une manière brillante, et l'on peut être assuré que ses excellentes leçons contribuèrent beaucoup à former un des meilleurs comédiens du dixseptième siècle et du suivant. Les circonstances do retour de Baron ont quelque chose de touchant. Molière, ayant appris que le jeune homme parlait toujours ie Im avec reconnaissance, lui envoya à Dijon une lettre d'une extrême bonté, avec l'ordre qu'il avait obtenu du roi. Le jour de son arrivée, il alla au-devant de lui k une des portes de la ville».
Le récit de Grimarest, dont les détails ont évidemment été recueillis de la bouche de Baron, est accompagné de réflexions donnant à penser qu'à ce moment-là les chagrins de Molière, le vide qui s'était fait dans son intérieur, l'en-