Pages ISS
longtemps détestées aient passé un beau jour de la hiine ï l'amour, ce n'est pas une bizarrerie très commune. Ancao autre témoignage d'ailleurs ne confirme la scandaleuse histoire, dans laquelle on reconnaît clairement le parti pris de flétrir Bille Molière. Cela doit suffire pour ne pas la faire accepter; nous n'en aurions même point parlé, si quelquesuns, avec une confiance trop facile, ne l'étaient allés cher cher dans le livre calomnieux.
Bien moins grave, et aussi moins invraisemblable, est le bruit qui a couru sur les tendres sentiments de Coniet//e pour la comédienne qui l'eprésentait Psyché avec tant de charme. Robinet a dit, dans ses vers sur la première repré« sentation de Puichérie (novembre 167a) :
. . . L*auteur a fait ce poème Par reflet d'une estime extrême Pour la menreillease Psjchë,...
Ou Mademoiselle Molière*.
Cela pourrait signifier simplement que ComelUe avût écrit la comédie héroïque de 1672 pour donner un nouveau rôle à l'actrice dont l'excellent jeu l'avait si bien servi dans la tragédie-ballet. Mais alors comment se ferait-il que sa pièce n'eût pas été représentée au Palais-Royal, mais au Marais? La confiance dans un talent, auquel l'auteur de Ptdckèrie s'abstint d'avoir recours, ne semble donc pas avoir été, dans la pensée de Robinet, V estime extrétne dont il parle; et il est naturel de comprendre que certains vers de cette Puichérie passaient pour avoir été inspirés par un genre d'estime très difiiérent. L'insinuation de la LtUre en 9ers paraît surtout claire lorsqu'on la rapproche du passage de la Fie de Corneille^ où Fontenelle dit que son oncle « s*est dépeint lui-même avec bien de la force dans Martian, qm est un vieillard amoureux ». Il n'y a pas trop de (K£Bcultéà croire è une passion tardive de Corneille. Nous l'avons vu, en i658, épris, à l'âge de cinquante-deux ans, de la belle Mar- ^uise du Parc. Il a bien pu, même douze ans plus tard, se trouver encore le cœur vulnérable. Si c'est Mlle Molière qui a fisit