‹ Notice biographique sur J.-B. MolièreChapitre 204 sur 236 · VoTes cMeMM, p. »S · texte numérisé non relu

VoTes cMeMM, p. »S

5. Yojcs aux PUets jmsùfiemiwts^ a* XIV, les extiaiu des registres des deux églîaet, qa*a frit coaaaiire Beftra, HûccriBtiom sur /.«lA. i^fmlim Jit/ièrw, p. ai et as.

vrec la morale. Nons dirons par quelle fa^lité ce fut à lui que relise crut applicables, et peut-être appliqua de fait, malgiré les appareuces, les séTérités de ses lois*

Si prèa qu'il fût, en 167a, de la fin de sa glorieuse carrière, nous allons le voir encore la fournir jusqu'au bout, sans que Vépuisement des forces de son corps ait fait défaillir celles de son génie ; car il produisit un nouveau chef-d'œuvre, où la richesse de son pinceau .comique, et l'admirable stjle de ses vers, furent dignes- de l'auteur du Tartuffe et du Misamhrope. Avant que la comédie, cadre du Béiei des àaliets^ dont Saint*Germain s'était amusé, fût en état d'être jouée au Palais-Royal, les Femnms swantes avaient paru sur ce théâtre, le 11 mars 167a.

Si Ton rapproche cette comédie de celle des Pi'Meuses ridicÊdes, dont elle reprenait les hc|^tilités contre les admiratrices des sottises du bel eqirit, on est frappé de la variété que le plus fécond des peintres a mise dans les deux tableaux. Ils ne se ressemblent que par l'objet des attaques. Non seulement le dernier en date nous offre une peinture beaucoup plus grande que celle de lôSg, mais n'a rien qui soit i comparer avec elle dans l'invention comique, non plus que dans les caractères. Ceux des Femmes saveuiies ont un bien autre relief que les amusantes caricatures des Précieuies^ quelque parfaite que soit en son gezire la petite comédie. Le bon bourgeois Gorgibus n'était qu'un très léger crayon de Ghrysale; Cathos et Madelon, qui ne se distinguent guère l'une de l'autre, ni de toutes les « pecques provinciales », mauvais singes de l'hôtel de Rambouillet, pâlissent en regard des trois types si variés de saVantes. Sans être plus amusants que Mascarille et Jodelet, Trissotin et Vadius sont beaucoup mieux que des personnages nie farce. Us ont une large et nécessaire place dans le tableau de la maison livrée au monde pédant. La Grange et du Groisy ont peu de physionomie à côté de Clitàndre. Marotte avait en traits bien moins marqués que Martine représenté la naïve servante qui n'est pas infectée du mauvais air. Quant à la charmante Henriette, rien, dans les Précieutes ridieuUs^ ne correspond à son rôle, le plus gracieusement fémimn que Molière ait écrit.

4»o NOTIGK BIOGRAPHIQUE

Ce rMe tnrtoat rend très claire son intention, qm n'était pas, comme qaelqaes*ans l'ont dit injustement, de condam« ner les femmes à rignprance. S'il y a, dans son oenvre pois* santé, quelque chose i regretter, ce n'est point la pensée, nullement étroite, qui leur a marqué leur place naturelle an foyer, mais seulement ceci : les portraits des deux pédants, ai vrais d'une vérité générale, auraient pu et dû dispenser le peintre d'en montrer an doigt de vivants modèles. Il avait, il est vrai, l'excuse des provocations de ses vfctuBes, surtout des injurieuses attaques de Gotin. Harcelé par de bourdonnants insectes, Molière n'était pas d'homeor à souA frir leur insolence. Impatient de les secouer et de les chasser loin de lui, il eut tort d'oublier qu'il s'était antrefrâ défendu dans t Impromptu de Fenaillet contre l'accusation de> toucher aux personnes. Le Mercure gidam de mars 167^ raconte qu'à l'occasion des Femmes tavatÊies û i^nonrida cette protestation, et que, deux jours avant la première représentation, il déclara, dans une harangue prononcée sur le théâtre, qu'il ne fallait pas chercher de personnalités dans sa pièce. U savait trop bien qu'on les y trouverait sans peine, tant il les avait laissé voir à découve^, ce qui écarte toute idée d'un mensonge, rien n'étant plus facile i com« prendre qu'une de ces plaisanteries, telles que Voltaire en a fait plus tard. La foute d'avoir rendu recmmaissables son Trissotin et sonVadius reste, malgré ce qui l'atténue jusqu'à un c^tain point, une petite tache dans un chef-d'œuvre qui, au point de vue de l'art, n'en offre aucune.

Molière a mis cette fois en scène un homme de cour tout différent de c^lui du Bourgeois gemilhomme. Tout ce qu'il avait observé d'aimable dans le noble monde, qui n'était pas uniquement celui des marquis ridicules, sa finesse d'es« prit, sa politesse exquise, Clitandre en est un type accompli, et à cette fleur de bon goût il joint l'extrême dâicafesse des sentiments. Que l'on n'accuse pas le poète d'avoir là chanté une palinodie. D n'a fait que développer dans cet agréable rôle celui que, bien des années avant, il avait donné à son chevalier Dorante de la Critique de tÊeoie des femmes. Ils représentent, l'un comme l'autre, le parfoit honnête homme, et opposent, presque dans les

SUE MOLIÈRE. 4ti

termes, le bon jagement de U cour aa < savoir enrouillë des pédants* ». C'était la pensée sincère de Molière. Parmi ceux qui portaient le point de Venise et des plumes, il avait des amis, chez qui il appréciait l'élégance de l'esprit, comme eux-mêmes la reconnaissaient chez lui. Ce sont ceiix4à qu'il a pu louer, sans être soupçonné de flatterie. Ajoutons qu'ils lui foomissaient, en regard des lourds et ennuyeux beaux esprits, t|n de ces contrastes par lesquels il aimait k éclairer les caractères. Si pourtant on le veut, il se peut aUssi que son habituelle adresse ait trouvé son compte à gagner les suffrages de la cour dans une comédie qui avait i se faire pardonner des libertés très hardies. La plus grande n'était pas de couvrir de ridicule un académicien aumônier du roi, mais de faire souvenir que le sonnet, porté aux nues par la sotte coterie de la maison de Philaminte, avait été applaudi, pour sa délicatesse, chez la cousine de Louis XIV. Il n'avait guère^ moins osé en faisant Inévitablement reconnaître dans la princesse Uranie, à qui le sonnet était adressé, la duchesse de Nemours, une des protectrices de l'abbé Cotin. Voil^ un des plus singuliers exemples de ce que la faveur royale l'encourageait à se permettre.

Les Femmes savamet furent jouées k Versailles le 17 sep* tembre 167a*, après la dix-neuvième représentation à la ville. Grimarest, dont le Mercure de 1723 et Voltaire ont accepté les assertions, prétend que la pièce, mal reçue k la cour, serait probablement tombée, si elle n'avait été soutenue par la constante bonté du roi pour Molière. 11 recommence l'histoire qu'il nous a contée k propos du Bourgeois gentilhomme^ et fait de nouveau parler, suivant son artifice favori, un marquis et un comte, personnages auxquels il s'obstinait, on ne sait pourquoi, k prêter d'impertinentes critiques. Le roi lui-même, cette première fois qu'il entend le chef-d'œuvre, n'ouvre pas la bouche, marquant par ce mutisme sa désapprobation, son ennui. Ce fut seulement

I. Voyez la Critique de VÉcoU tUs Femmêi^ scène vi, p. 353*355 dia tome III.

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