I. Voyes ci*desfiis, p
je me suis cra henvenx ; mais aujourd'hui que J6 sois accablé de peines sans pouvoir compter sur aucuns moments de sa« tisfaction et de douceur, je vois bien qu'il me faut quitter la partie ; je ne puis plus tenir contre les douleurs et les déplaisirs, qui ne me donnent pas un instant de relâche. Mais, ajouta-t-ïl en réfléchissant, qu'un homme souffire avant de mourir 1 Cependant je sens bien que je finis *. »
La pièce avait été représentée au Palais-Royal le fiendredi to février 167$, pour la première fois, puis le dimanche la et Je mardi 14. Ce fut avant la représentation suivante, donnée le vendredi 17, que le poète s'^ancha dans ces plaintes sur les souffrances de son âme et de son corps. Sa femme et Baron, vivement touchés et inquiets, le supplièrent avec larmes de ne pas jouer ce jour*lè, et de se remettre par quelque temps de repos. 11 ne faut retrancher aucune des paroles de sa réponse. Elles n'avaient pu manquer de se graver dans le souvenir du témoin qui les a répétées à Grimarest. Pleines d'une sollicitude charitable, qui même pouvait paraître exagérée, elles font descendre jusqu'à nous comme un dernier rayon de l'âme de« Molière, et son caractère en est éclairé d'un très beau jour : < Comment voulez-vous que je fasse? H 7 a cinquante pauvres ouvriers qui n'ont que leur journée pour vivre : que feront-ils si l'on ne joue pas? Je me reprocherois d'avoir négligé de leur donner du pain un seul jour, le pouvant ùdre absolument*. »
La Grange, avec une simplicité, dont on ne doit pas reprocher l'excès à un registre de recettes, se contente de dire : « Ce même jour*, après la comédie, sur les dix heures du soir. Monsieur de Molière mourut* dans sa maison, rue de Richelieu, ayant joué le rôle dudit Malade imaginaire^ fort incommodé d'un rhume et fluxion sur la poitrine qui lui causoit une grande toux, de sorte que dans les grands efforts qu'il ^X pour cracher, il se rompit une veine dans le corps, et ne vécut pas demi-heure ou trois quarts d'heure depuis ladite veine rompue'. »