‹ Notice biographique sur J.-B. MolièreChapitre 214 sur 236 · BéeréêtUms lUtértùrt^ p. «3 et M · texte numérisé non relu

BéeréêtUms lUtértùrt^ p. «3 et M

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Uère, qui ne passait pas pour être une sotte. Tont an {èis ponrrait-on croire qu'elle insista^ arec quelque imprudence dans des circonstances si délicates, sur la faveur dont le roi avait honoré son mari. H n'est guère croyable non plot que le roi ait congédié avec brusquerie la veuve qui l'implorait. Nous avons une note, plus authentique, de Brossette sur le vers 19 de V Épure vu de Boileau^ Là, comme dans celle que lui attribuent les Bécréatiofu iittéraires^ le commentateur dit que le roi répondit à Mlle Molière de s'adreaier à l'autorité épiscopale, juge de l'aflTaire; mais il ne parie nullement de brusquerie dans ce renvoi très naturd k TsTcbe» véque; et, ce qui ne laisse guère supposer cette marque de mauvaise humeur, il ajoute : « Sa Majesté fit dire à ce prélat qu'il fit en sorte d'éviter l'éclat et le scandale. M. l'u^ ehevêque révoqua donc sa défense, è condition que l'enterrement seroit fait sans pompe et sans bruit. »

Louis XIV a été mis en scène tout autrement que dans la note recueillie par Cizeron-Rival, et arec moins de vraisemblance encore. On jugera si nous avons tort de ne pas accepter ce conte : « Le refus que le clei^é fit à'ealtrrtt Molière causa un grand scandale dans Paris. Le roi Louis XIY, informé de cet abus du pouvoir ecclésiastique, fit venir le curé de Saint^Eustache..., et lui ordonna d'enterrer le poète. Lorsque celui-ci s'excusa sur la profession de comédien qu'il exerçait, ajoutant qu'un tel homme ne pouvait être enterré en terre sainte : Jusque quelle g^v fondeur la terre etheUe âotme? demanda ingénument le Roi au curé. -^ Jusqu'à future pieds. Sire. — Ehl bien, enterrez4e à six pieds, et qsil nen soii plus question, répondit le Roi, et il tourna le dos an curé de Saint-Eustache*. » Un Louis XIV si ingénu, ou plutôt si indécemment railleur, est tout à fait nouveau. Ce qui n'a pas été inventé, c'est que Mlle Molière fit appel è l'inter» vention du roi, soit en sa présence, soit par écrit, et que cet appel ne (ut pas vain. Le célèbre vers de VÉpùre vu de

I. OÊu^rtt iê ïïolUam^Dtpréeux, édition in-4* de 1716, tome I, p. s36.

9. Muâie iss mommsmU fnutfaU, par Alexandre Lenoir, tome V, p. 198.

SUR kOLIERE. 441

Bcrileau, déjà rappelé ici, est un témoignage écrit ponr b postérité, et de la prière qui fut faite, et de la satisfaction que la volonté royale entendit que l'on y donnât. Il faut rendre cette justice au grand protecteur du poète, qu'il ne rema pas, après l'avoir perdu, l'estime qu'il avait eue pour lui de son vivant. « Aussitôt que Molière fut mort, dit Grimarest. Baron fut à Saint-Germain en informer le Roi; Sa Majesté en fut touchée et daigna le témoigner*. » Les faits prouvent clairement qu'il n'abandonna pas son protégé dans l'épineuse question des funérailles qui pourraient lui être accordées. Il est évident qu'il fit connaître à l'archevêque, comme Brossette en avait été infbrmé, le déplaisir que lui ferait un excès de rigueur. Cest la seule explication possible de la concession à laquelle se résigna l'autorité épi- SGopale, avec une répugnance visible et bien des restrictions. Le jour même où M. de Harlay avait annoncé' qu'il déciderait après enquête, il signa un arrêté qui permettait la sépulture ecclésiastique dans le cimetière de Saint-Eustache, mais sans aucune pompe, avec deux prêtres seulement, et hors des heures du jour, et interdisait tout service solennel. Cette demi-tolérance était accordée sans préjudice aux règles du rituel du diocèse, lesquelles étaient maintenues*. Voilà donc, quoique avec peine, un peu de terre sainte obte» nue. On ne peut cacher qu'il est resté des doutes si ce ne fut pas seulement en apparence.

« Le corps, pris rue de Richelieu devant l'hôtel de Crussol, dit le correspondant, déjà cité, de l'abbé Boyvin, a esté porté au cimetière de Saint-Joseph»et enterré au pied de la croix. » La tombe préparée à cette place ne saurait être que celle dont parle le Registre de La Grange : « il y a une tombe élevée d'un pied hors de terre ». Ces indications précises paraissent d'abord sans difficulté. On a cependant cru à une feinte par laquelle on aurait éludé les intentions du roi. Le respect dû au caractère épiscopal la ferait tenir pour impos-

i, La ru de M, de MolUre^ p. S93,

9. Voyez le texte de rairétë épiscopal, aux PUcês justificatives^ n* XVI. — La place donnëe à cette pièce, après la requiu^ est indiquée d-dessus, p. 435, acte 3.

44a NOTICE BIOGRAPHIQUE

iible« si l'archevêque qui gonvemait alors le diocèse de Paris n'était plutôt conna par l'intolérance de son zèle que par nne vie digne d'nn vrai pasteor. Titon du Tillet, dans son Parnasse français^ qu'il écrivait, il est vrai, un peu tard et publiait en 173a, a jeté de grands doutes sur le lieu de la sépulture de Molière. Voici le passage : « La femme de Molière fit porter une grande tombe de pierre, qu'on plaça ao milieu du cimetitee Saint-Joseph, où on la voit encore. Cette pierre ea fendue par le milieu, ce qui fut occasionna pêx une action très belle.... Deux ou trois ans après h. mort de son mari, il y eut un hiver très froid. Elle fit voitnrer cent vqyes de bois dans ledit cimetière, et les fit br<tter sur la tombe de son mari pour chauffer tous les pauvres duqnar» tier; la grande chaleur du feu ouvrit cette pierre en denx. Voilà ce que j'ai appris, il y a environ vingt ans, d'un an* cién chapelain de Saint-Joseph, qui me dit avoir sasiité à l'enterrement de Molière, et qu'il n'étoit pss inhumé sons cette tombe, mais dans un endroit plus éloigné, attenant la maison du chapelain*. » Lorsque l'on croyah Molière inhumé au pied delà croix, que pouvait être cet « endroit plus âoigué », sinon la partie du cimetière réservée à ceux qui ne devaient pas reposer en terre sainte? Autrement, pourquoi n'aurait-on pas laissé le corps où sa place était dMgnée et où il fut ostensiblement porté? Des objections ont été fiâtes à la révélation du chapelain*. 0 était alors, a-t-on dit, d'on âge où la mémoire est affaiblie. Mais pour avoir été préient à l'inhumation en 1673, il ne paraît pas nécessaire d'avoir été, vers 171a, d'une extrême vieiUesse. Le soovemr si précis d'une circonstance des plus extraordinaires peut

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