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Il laquelle nons aurions tooIu donner place ici ; mais il annit fallu que, parmi ces pièces anonymes, il ne (ût pas impossible de la recoonattre. Eloquente ou non, le nom de son auteur doit en faire du moins mentionner l'existence. Cet auteur, assez inattendu, est M. de Modène, qui devait mourir peu de temps après notre poète, le premier jour de décembre de la même année. La pensée qu'il eut de jeter une fleur sur la tombe de Molière semble une preuve qu'il n'avait jamais été jaloux de lui, ou, tout au moins, que, depuis longtemps, il ne se souvenait plus d'une ancienne rivalité. La connaissance du fait qu'il avait écrit une épitaphe en son bonneur, nous la devons à une lettre que lui écrivit, le 3 mû 1673, sa belle-mère, Bfme L'Hermite, à qui il avait envoyé l'épîtapbe pour qu'elle la portât à l'imprimeur^. On y lit ces passages : « Pour l'épitaphe, l'on l'a trouvée fort belle.. .. Je ne doute pas que votre ouvrage ne soit fort bien reçu. Je crois que cela sera fort beau et que cela se vendra fort bien. »
Nous renvoyons pour les autres épitapbes, une exceptée, aux curieux recueils qui ont été faits de ces louanges et de ces satires. On y voit d'un côté se déchaîner les implacables haines qu'avait ameutées contre lui l'immortel railleur et le poète d'une supériorité écrasante, d'un autre c6té ceux qui reconnaissaient < le prix de sa muse éclipsée » devancer par leurs hommages la justice de la postérité.
NouA venons de dire que, ne citant pas ces épitapbes, il en est une pour laquelle nous ferions exception. Il ne nous serait pas pardonné d'omettre, quelque connus qu'ils soient, ces charmants vers de la Fontaine :
Souf ce tombeau giieiit Plaute et Térence, Et cependant le seul Molière y glt.
Leurs trois talents ne formoient qu'un esprit. Dont le bel art réjouissoit la France.
Ils sont partis! et j'ai peu d'espérance De les revoir. Malgré tous nos efforu.
Pour un long temps, selon toute apparence, Térence et Plaute et Molière sont moru.
I. La lettre a été publiée par M. Chardon, à la page 45o dt M. de ModàM... €i Modêlmm Béjwrî.
' Les deux grands auteurs latins n'ont pas à se plaindre de l'admirateur passionné de l'antiquité qui d'eux et de Molière ne faisait qu'un. H est très permis de croire que pour former cette trinité comique, c'était Molière qui apportait le plus. Que la Fontaine avait raison de prévoir que pour un lojig temps (soit dit sans vouloir contrarier personne, nous attendons toujours), on ne reverrait rien de pareil dans le bel art qui avait réjoui la France de son siècle I
Ailleurs que jdans une épitaphe, Boilean a parié, dans le même sens que la Fontaine, de l'art de Molière enseveli dans sa tombe :
L*ainiable comédie, avec lui terrassée, En Tiin d'un coup ai rude espéra revenir, Et sur ses brodequins ne put plus se tenir*.
Ce qu'il voyait tomber, ce qui lui inspirait la crainte d'une cbute sans relèvement, c'était la muse de YaimMe comédie^ non le théâtre où Molière l'avait logée, et qui devait, grftce à lui, faire reprendre aux brodequins leur aplomb. Ce théâtre ne parut ébranlé qpe dans le temps de la première secousse. Il Osnt dire qn^lques mois de son existence menacée, après la mort do son chef, puis des preuves de solidité qu'il donna, comme le faisait facilement prévoir la f<H*ce de ses fondations. Sur elles reposèrent bientôt les fermes assises de la Comédie frmnçai$e. En ne dépassant pas le jour où, sous ce nom, fut établie la maison de Molière, il nous semble que nous restons encore dans l'histoire de celui qui en avait assuré la durée*.
La Grange dit, dans son R$giMre^ que la troupe se trouva dans le désordre q>rès la perte irréparable qu'elle avait faite, et -que le roi eut dessein de Ta réunir à celle de l'Hôtel de Bourgogne*. Louis XIV doutait que, privée de aop illustre chef, elle fût en état de se soutenir. Dans cette défiance de son avenir, il parut vouloir, la sacrifier, et comme s'il n'avait accordé à Molière qu'une faveur toute personnelle et viagère, ne pas en fÛre hériter ses camarades.