I. Port-Royal^ tome III, p
a. Dans l'écrit déjà cité, p. 53.
sérieux profond mêlé dans tontes ses pièces à la pins franche gaieté. Enfin Ton n'accorderait pas trop peut-être à Gassendi, si l'on pensait que les sages et hautes leçons de ce maître, homme de bien, ont contribué à solidement établir dans l'âme de Molière les priifcipes de cette droiture qui l'a fait estimer et aimer. On n'a jamais pu dire que Molière ait été épicurien à la façon de Chapelle, qui ne l'était pas à celle de Gassendi. Quelque intime et durable que soit restée par la suite la liaison des deux camarades, leur genre de vie fut très dissemblable. Chapelle, c le grand ivrogne du Marais », pouvait se nommer, à plus juste titre qu'Horace, un pourceau du troupeau d'Épicure, dans lequel il prétendait faire entrer ses amis. Dans sa lettre en vers au marquis de Jonsac, célébrant une réunion de buveurs à la Croix de Lorraine, où se trouvait Molière, il s'est amusé à le montrer ce jour-là aussi peu sage que les autres :
Molière que bien connoissez, Et qui nous a si bien farcez Messieurs les coquets et coquettes,
beuToit assez
Pour vers le soir être en goguettes.
On sait par les Mémoires de Louis Racine et par Grimarest qu'il s'est également donné le plaisir d'enivrer traîtreusement Boileau, comme il s'en est vanté :
. . . renversant ta cmche à l'huile.
Je te mis le verre k la main.
Molière, tout comme Boileau, connaissait mieux la crache à l'huile que la bouteille aux petits glouglous. Tous deux ne cessaient d'exhorter leur incorrigible ami à se guérir de son vice. L'anecdote du souper d'Auteuil nous fait voir Molière seul raisonnable au milieu de gens mis en péril par la folie du vin. Non seulement sa faible santé, mais ses goûts le portaient à la sobriété. On ne doit pas se le figurer non plus d'une morale trop épicurienne en amour. De ce côté sans doute sa vie fut celle d'un comédien. Cependant Grimarest, qui parle quelque part de son « penchant pour le sexe^ a»,