‹ Notice biographique sur J.-B. MolièreChapitre 26 sur 236 · I. La Vie de M, de Molière p · texte numérisé non relu

I. La Vie de M, de Molière p

». Jugemens des Sfavans,.. (1686), tome IV, 5« partie, p. 119.

6o NOTICE BIOGRAPHIQUE

saine'. » Nous avons vu combien Molière s'était nourri du poète épicurien. Toutefois Gassendi a toujours fait de son mieux pour rendre l'aliment moins dangereux, en avertissant d'en rejeter l'athéisme. Ainsi purgé de son venin, il risquait beaucoup moins d'égarer Molière. Après tout, on n'a aucune bonne raison de penser qu'il ait été très éloigné des sentiments mis par lui dans la bouche du sage de sa comédie de Tartuffe, Sans pouvoir affirmer qu'il en eût d'aussi parfaits, et sans tirer parti, plus qu'on ne voudrait peut-être le trouver juste, du vers de Cléante, qui semble plutôt la protestation de l'auteur que celle de son person* nage :

Je sais comme je parle, et le ciel voit mon cœur,

nous avons peine à croire que son esprit sérieux et profond n'ait pas été frappé des grandes vérités enseignées par Gassendi, le libre, mais religieux, philosophe.

On a remarqué dan» le Festin de Pierre la tirade de Sganarelle où, contre le vilain homme qu'il sert, le pauvre valet, avec sa grosse rectitude d'esprit, défend Dieu par le vieux, mais toujours bon, argument des causes finales. Otez la forme risible, appropriée au rôle, vous constaterez une évidente ressemblance de cette réclamation du bon sens avec des passages d'un écrit de Gassendi*. Molière les a certainement eus sous les yeux ou présents à la mémoire, et ne doit pas être soupçonné d'avoir voulu s'en railler dans une irrespectueuse parodie. Son intention, pour nous très claire, a été de mettre la vérité dans la bouche d'un simple, la vérité qui souvent a moins de nuages pour l'ingénuité que pour la science. Après cela, que Sganarelle s'embrouille plaisamment, et qu'en philosophant il s'évertue si bien qu'il tombe, la rieuse comédie le voulait ; mais Don Juan est seul à croire

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