‹ Notice biographique sur J.-B. MolièreChapitre 27 sur 236 · I . a Lucretius* irreligion is toc strong · texte numérisé non relu

I . a Lucretius* irreligion is toc strong

For earljr stomachs, to prove wholesome food. » (Don Juan de Byron, chant I"', stance xliii.)

s. Le Sjntagma philosophicum, au tome I*' des Œuvres^ p Ssg, et au tome II, p. a34. -^ Le rapprochement a été indiqué par M. C. J. Jeanne! dans son livre la Morale de Molière (1867).

SUR MOLIÈRE. 6i

que le raisonnement se soit, avec le raisonneur, cassé le nez. Notre impression est que Molière, qui jugeait bons, après la chute du Talet prédicateur, les morceaux de l'argumentation, lûssait comprendre aux spectateurs qu'il la retenait à son compte. Il a toujours aimé à donner à la raison des interprètes naïfs, bonnes gens sans culture, et d'autant moins suspects, Martine, Nicole et le Sganarelle du Festin de Pierre, un Sancho qui n'avait pas le bonheur de servir un honnête Don Quichotte.

PJas d'un biographe tient pour impeccable celui dont il raconte la vie. C'est sans cette partialité pour notre auteur que nous avons repoussé certaines préventions qu'à tort, selon nous, l'enseignement de Gassendi a fait concevoir sur sa morale et sur ses sentiments, trop facilement jugés impies. Nous croyons que l'école du sage maître a déposé dans son esprit et dans son âme les germes d'heureux (ruits destinés à mûrir; et ces fruits, ils nous ont semblé reconnaissables dans cette justesse et cet admirable équilibre du jugement, dans cette raison parfaite, dans cette étude si profonde, si vraiment philosophique, des passions et des mœurs, qui sont, à côté de la verve comique, les caractères frappants de ses œuvres. Nous n'oublions pas tootefofs que, s'il est permis de chercher quelles circonstances de jeunesse et de première éducation ont pu aider à la formation d'un grand esprit, il ne faut pas trop se flatter de les déterminer sûrement, ni vouloir, quand on croit en rencontrer quelques-unes, en exagérer le pouvoir. Le don du génie reste un mystère, et c'est la main de la nature surtout que l'on y devine.

On doit reconnaître d'ailleurs que si, par les leçons de Gassendi, la maison de Luillier a été bonne à Molière, elle n'était pas sans inconvénients lorsqu'elle le mettait dans l'intimité des Chapelle et des Cyrano. En quittant de tels camarades, il est entré dans la vie mal prémuni contre les entraînements de son âge; et l'on ne s'étonnera pas de le trouver tout à l'heure sans répugnance pour la société de nouveaux amis que ne recommandait pas la régularité de leur vie.

Rien ne nous ayant paru plus digne d'attention dans Tédu-

6a NOTICE BIOGRAPHIQUE

cation de Molière que l'histoire du cénacle gassendiste, on voudra bien nous pardonner de l'avoir faite un peu longue et d'avoir, entratné par elle, touché à quelques points que doivent ramener, dans l'ordre des temps, d'autres parties de cette biographie. Nous avons maintenant à suivre Molière depuis le moment ou il en a fini avec ses études philosophiques.

La durée de quelque mois qu'il faut tout au moins donner à ces études nous conduit facilement à la fin tle 1641. A partir de cette date, deux ans s'écoulèrent avant l'entrée de Molière dans la troupe de l'Illustre théâtre, un an seulement jusqu'au jour où sa résolution de se faire comédien paraît avoir été connue de son père. Cet intervalle de temps fut rempli par des études de droit. On a parlé aussi d'études de théologie ; c'est uniquement sur la foi de Tallemant, qui, dans l'historiette de Mondory, disant quelques mots de Madeleine Béjart, a écrit cette note : « Un garçon nommé Molière quitta les bancs de la^Sorbonne pour la suivre; il en fut longtemps amoureux, donnoit des avis à la troupe, et enfin s'en mit, et l'épousa^. » Voilà un homme bien informé I Une erreur comme celle du mariage avec Madeleine Béjart suffirait à montrer avec quelle légèreté il se faisait l'écho de tous les contes qu'il trouvait à ramasser. On fera donc bien d'être incrédule aux études en Sorbonne. Pour qu'elles ne fussent pas d'ailleurs invraisemblables, il eût fallu les placer au sortir du collège de Clermont et admettre que Molière y avait suivi le cours de philosophie, lequel y précédait celui de théologie. Il n'a certainement connu d'autre Sorbonne que la maison de Luillier.

Ses études du droit doivent au contraire être admises. Elles sont attestées par la Préface de 1 68a : « Au sortir des écoles de droit, il choisit la profession de comédien^ .» Grimarest, qui, dans le doute, n'avait d'abord rien dit de ces études, s'est ravisé tout à la fin de sa biographie, ayant été renseigné par la famille même de Molière». H

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