‹ Notice biographique sur J.-B. MolièreChapitre 28 sur 236 · La P-ie de M, de Molière, p. 3i!i-3i · texte numérisé non relu

La P-ie de M, de Molière, p. 3i!i-3i

suffirait peut-être du témoignage de Fauteur à'Élomire fypo^ eondre^y qui n'arait ce semble aucune raison d'inventer les licences prises à Orléans. Il nous apprend que Molière les obtint « moyennant finance ». Lorsqu'il fait parler Élomire lui-même, celui-ci se vante d'avoir appris les lois <\ fond, de s'être fait avocat et d'avoir suivi le barreau pendant cinq on six mois. Angélique (Madeleine Béjart) répond que dans Orléans un Âne pouvait acheter la licence, et qu'Elomire ne fut qu'une fois au Palais. L'ânerie de Molière n'est pas plus croyable là que dans le passage où Chalussay l'en a gratifié à sa sortie du collège de Clermont. Eût-il abordé avec peu de goût l'étude des lois, et n'eût-il fait que l'effteurer, il n'est pas douteux qu'elle a, comme toutes les antres, trouvé son intelligence ouverte. On a remarqué^ avec quelle exactitude il a fait parler la langue du droit à Scapîn dans les Fourberies^ au notaire Bonnefoy dans le Maiade imaginaire. Le soin de ses affaires avait sans doute pu, en différentes circonstances, lui rendre la connaissance du droit plus familière; mais nous ne doutons pas qu'une préparation, même superficielle, de sa licence n'ait commencé à l'y initier. Ceci paraît seul vrai dans les railleries de la médisante comédie, qu'à Orléans on devenait facilement licencié à beaux deniers comptants. Parmi plusieurs antres témoignages à l'appui, on a souvent cité un très piquant passage des Mémoires de Charles Perrault'.

Ce qui peut être surtout à noter dans le dernier complément des études de Molière, c'est qu'il atteste combien son père tint à lui donner une instruction étendue. Chalussay semble avoir été juste en l'appelant à cette occasion « ce bon père ». On n'est pas très assuré de ce qu'il espérait alors de son fils, toute autre chose sans doute que le parti qu'il allait lui voir prendre. Le plus probable n'est pas qu'il comptât le laisser plaider, mais bien lui faire exercer la profession paternelle, relevée alors par la charge de

T. Scène n du iHvoree comique, p. 76 et 83. 9. Voyez la Lmgtu du droit dans le théâtre de Molière^ par Eufgèxkt Paringault.

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