Voyex ces Mémoires aux pages so-s
valet de chambre du roi. Ce devait être naturellement l'espérance dont il s'était flatté lorsqu'il lui avait fait assurer la survivance de cette charge par lettres de provision datées du i4 décembre 1637*.
Grimarest dit qu'après avoir achevé ses études, Molière « fut obligé, à cause du grand âge de son père, d'exercer sa charge pendant quelque temps ». Il ajoute : « et même il fit le voyage de Narbonne à la suite de Louis XIII* ». Le grand âge du père de Molière est une erreur manifeste qui a mis en défiance sur tout le passage. Jean Poquelin, ayant alors quarante-sept ans, n'était ni vieux ni « devenu infirme et incapable de servir », comme l'a dit Voltaire, par amplification du texte de Grimarest. Il n'était pas besoin de cette mauvaise raison pour expliquer que le père se fût fait remplacer par son fils ; il désirait le produire, et aussi l'engager, le lier solidement. Des documents certains établissent que Jean Poquelin, en 164a, ne cessa pas de s'occuper à Paris de son commerce, et par conséquent ne fit pas son service auprès du roi'. Il devait pourtant ce service, même en voyage. Cela rend assez probable l'envoi du survivancier à sa place. Cette probabilité a fait chercher Molière sur les pas du roi, pendant les mois d'avril, mai et juin, que l'on croit avoir été ceux où il devait servira On a voulu le trouvera Sigean, petite ville à quelques lieues de Narbonne, où la maison d'un certain Melchior Dufort hébergea le service*. Or, fait-on remarquer, des relations entre ce Dufort
I. Recherche* sur Molière. DocuMBirr XLV, cote dix, p. 188. a. La Fie de M, de Molière, p. 14.