‹ Notice biographique sur J.-B. MolièreChapitre 30 sur 236 · Recherches sur Molière, p · texte numérisé non relu

Recherches sur Molière, p

4. Dans les Recherches sur Molière^ p. 146, DocuMurr II, cote ringt-huit, sont inventoriés deux certificau attestant que Jean Poquelin a servi le Roi durant le quartier d*avril, mai et juin i63i. Il faudrait pourtant savoir si la distribution des quartiers était la même tous les ans, si de celle de i63i on a le droit de conclore à celle de 1641. On verra plus loin qu'en i663 le quartier des Poquelin conmiençait au mois de janvier. CVtait, il est vrai, sous un autre règne.

5. \oyez V Histoire des pérégrinations de Molière dans le Langue-

et la troupe de Molière, à une époque ultérieure, sont constatées. Elles nous paraissent cependant d'un caractère discutable, et de toute façon l'indice est léger. On ne s'est pas contenté de tenir pour certaine la présence de Molière dans la suite royale, on lui a donné dans la terrible affaire du grand-écuyer Cinq-Mars un rôle qui, malgré le peu de droit du conspirateur à notre sympathie, a paru touchant. On s*e$t appuyé sur nous ne savons trop quelles pièces relatives à l'arrestation du favori, au témoignage desquelles des perquisitions auraient été faites dans le palais épiscopal de N^arbonne pour mettre la main sur lui, tandis qu'un jeune valet de chambre le cachait dans un cabinet obscur ^ Il n'en a pas fallu davantage pour reconnaître Molière dans ce jeune homme secourable. Avant d'accepter comme de l'histoire ce joli roman, la critique réclamerait quelque chose de plus que des inductions forcées, et d'ailleurs tirées de documents, qu'il eût au moins fallu produire et qui ne s'accordent pas avec les relations officielles. N'ayons pas trop de complaisance pour leq légendes, même quand elles flattent l'imagination par un certain air de poésie.

11 doit suffire, lorsque le témoignage de Grimarest fait au moins supposer une ancienne tradition, de ne pas rejeter la probabilité du voyage de Molière à la suite de Louis XIII. Il n'est pas inconciliable avec ses rapides études de droit, qui sont incontestablement de la même année 164a, ainsi que la licence prise à Orléans ; il en put trouver le temps, celui même de plaider une fois, comme on Ta dit, avant! son départ pour le Midi, sinon plutôt encore au retour.

Quelques-uns pensent que le voyage de 164 a le mit pour la première fois en relation avec Madeleine Béjart, qu'il aurait alors rencontrée dans une troupe comique. On a même marqué le lieu possible de cette rencontre, qui serait un village à quelques lieues de Ntmes, Montfrin, où Louis XIII, retournant à Paris, s'arrêta, pour prendre les eaux, dans la

doe, par Emmanuel Raymond (L. Galibert). Paris, i858, p. ai et as.

I. Histoire des pérégrinations de Molière dans le Languedoc^ p. a4* MoLiuia, X 5

seconde quinzaine de juin. La comédie y était jouée tous les jours ; et Ton veut que la Béjart y ait fait partie de la troupe des comédiens'. Si ingénieusement que l'on appuie ces conjectures par des remarques sur la composition probable de cette troupe, elles restent des conjectures.

VÉlomire hypocondre^ où Ton peut trouver quelques infor^ mations en les dégageant des charges grossières dont elles sont enveloppées, place les liaisons de Molière avec les Béjart à peu près vers le même temps, lorsque, pendant son apprentissage d'avocat, ceux-ci, le voyant faire des parades de l'Orviétan et de Bary son école de comédien, l'appelaient « le mangeur de vipères' ».

D'après Grimarest, ce fut « en formant sa troupe > qu'il « lia une forte amitié avec la Béjart' ». Cette forte amitie\ à quelque moment qu'on la fasse commencer, ne saurait être mise en doute, et il n'est pas téméraire de lui donner un autre nom. Boileau devait être bien informé, lorsqu'il disait à Brossette que Molière avait été amoureux de la Béjart*, sans donner d'ailleurs de date à cet amour. Ceux qui le révoquent en doute auront peine à faire partager leur indulgente confiance; mais on n'admettra pas facilement non plus le commérage de Tallemant*, qui fait quitter au jeune homme ses études pour suivre celle qui l'aurait charme. Bayle aussi l'a voulu croire. Il regrette qu'il n'en soit rien dit dans la Fie du poète par Grimarest : « On n'y a point, dit-il', rappelé un fait que bien des gens m'ont assuré, c'est qu'il ne se fit comédien que pour être auprès d'une comédienne dont il étoit fort amoureux. Je laisse à deviner si l'on s'en est tu parce que cela n'est pas véritable, ou de peur de lui faire peine. » Ainsi une amourette, beaucoup plus que

I . Voyez if. de Modène^ *es deux femmet^ et Madeleine Béjart^ par M.Henri Chardon (im Tolume grand in-8*, Paris, 1886), p. 193-197. 3. Voyez ci-dessus, p. rg.

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