I. Le Théâtre français sous Louis X/f^^ p. aaa
ne paraît pas s'être pressé de transférer à son second fils la survivance dont Tatné, tout à ses projets, le priait de éxs^ ser pour un autre de ses enfants. La première fois que Jean Poquelin le jeune est dit « tapissier et valet de chambre ordinaire du roi », c'est en i654, dans l'acte du 14 septembre, par lequel son père lui cède son fonds de commerce ; jusque-là Molière continua de prendre ce titre dans des actes publics, dans une obligation, par exemple, du 3i mars 1645* et dans un baptistaire de Narbonne en date du i o janvier i65o*, où il est inscrit comme parrain, et Mlle de Brie comme marraine. Il ne pouvait plus s'y regarder comme autorisé lorsque son frère fut légalement reçu en survivance. Jal a constaté que ce fut, au plus tard, dès 16S7'. Deux ans après, ce frère, dans l'acte de baptême d'un de ses enfants, est qualifié « marchand tapissier ordinaire du roi » ; Molière, le parrain, y est dit simplement « bourgeois de Paris » ; et, dans une quittance du i3 du même mois de mai iGSg, <c comédien de la troupe de Monsieur, ci-devant valet de chambre du roi* ». Jean Poquelin le jeune étant mort le 6 avril 1660, Molière reprit la survivance de la charge. Il fut porté sur l'état avec son père, et seul après la mort de celui-ci. La profession de comédien ne l'exclut pas de l'honneur de faire son service. Dans l'acte de son inhumation, comme dans l'inventaire fait après sa mort, il n'a d'autre titre que celui de « tapissier, valet de chambre du roi ». Une relation de ses obsèques nous apprend que la bière de bois dans laquelle fut porté son corps était recouverte du poêle des tapissiers; dernière preuve qu'il avait appartenu jusqu'à son heure suprême à l'honorable corporation.
En attendant que le tapissier reparaisse, et jusque dans le triste jour où il semblerait qu'il n'était plus guère at-