Recherches sur Molière. Docijmekt XXVIII, p. aoi
tendu, il va ponr le moment s'effacer et faire place au comédien.
L'acte par lequel Jean-Baptiste Poquelîn et ses associés se lièrent pour une entreprise théâtrale fut passé le 3o juin 1643 ^ Cette pièce, conservée dans les archives d'un des notaires de Paris, est très curieuse par les renseignements qu'elle fournit, et parce que le théâtre qui tient à honneur d'être toujours la maison de Molière pourrait la regarder cofflme son plus ancien titre ; sa fondation du moins devait un jour en sortir. De cette date du 3o juin il résulte que Tassociation ne fut réglée que six mois après la quittance citée plus haut, qui nous a paru l'annoncer assez clairement, et qui est des premiers jours de la même année. Cette quittance nous ayant montré l'opposition du père désarmée, de nouveaux efforts de sa part pour renouveler la lutte ne sont pas vraisemblables, et mieux vaut essayer, comme on l'a fait', d'expliquer le retard de six mois par un événement qui mit en deuil les Béjart, principaux associés de Molière, la mort, sans date précise, mais vers ce temps, du chef de leur famille, Joseph Béjart. On pourrait entrevoir aussi, comme explication, non pas une mort, mais une naissance, qui aurait forcé la première comédienne à quelque repos, si J'on savait mieux la date de cette naissance, et s'il y avait quelque chose de plus que des conjectures, très contestées, sur la véritable mère de l'enfant, conjectures dont nous aurons trop à parler.
L'acte d'association fut signé dans la maison de la veuve de Joseph Béjart, Marie Hervé, qui donnait à la troupe trois de ses enfants, Joseph, Madeleine et Geneviève. Les autres camarades étaient Denys Beys, Clérin, Bonnenfant, George Pinel, Madeleine Malingre, Catherine des Urlis. La troupe prenait le nom àUllttstre théâtre.
1. £ud. Soulië Ta fait connaitre le premier dans la Correspondance littéraire da s5 janTier i865. Nous le donnons aux Pièces justificatives^ n* 1 1 1 , d*après le texte plus complet que M. Louis Moland a inséré dans sa Fie de Molière^ au tome I des Œuvres complètes du poète (deuxième édition, i885), p. 43*45-