Les Points obscurs delà vie de Molière^ p
On croit bien reconnaître là une de ces associations de comédiens qui étaient nombreuses alors ; mais on Ta quelquefois entendu moins simplement. La Préface de 1682 avait dit^ : « [Molière] tâcha dans ses premières années de s'établir à Paris avec plusieurs enfans de famille, qui, par son exemple, s'engagèrent comme lui dans le parti de la comédie, sous le titre de r Illustre théâtre, » Cette qualification d'enfants de famille^ vraisemblablement donnée à Molière et à ses camarades pour leur faire honneur, a suggéré Vidée qu'ils ne furent pas d'abord des acteurs de profession. Perrault s'est contenté de constater que Molière « se joignît avec plusieurs jeunes gens de son âge et de son goût. » Mais Grimarest a présenté leurs débuts sous un jour qui lui plaisait mieux; on ne peut se défendre de le soupçon* ner d*avoir voulu arranger les choses de manière à justifier l'expression relevée dont s'étaient servis les biographes de 1682 : « C'étoit assez la coutume dans ce temps-là, dit-il, de représenter des pièces entre amis. Quelques bourgeois de ParisJ formèrent une troupe dont Molière étoit. Us jouèrent plusieurs fois pour se divertir ; mois ces bourgeois ayant suffisamment rempli leurs plaisirs, et s'imaginant être de bons acteurs, s'avisèrent de tirer du profit de leurs représentations*. » C'est assurément sur la foi de Grimarest, et sans avoir rencontré d'autres témoignages, que, dans un livre imprimé en 175a, on a dit : a [Molière] s'amusa avec quelques autres bourgeois, selon le goût de ce tempa-lk, à représenter des pièces de théâtre en bourgeoisie, c'est-àdire gratis, dans les maisons de quelques particuliers, mada ses camarades et lui se croyant bons acteurs, ils se mirent à jouer la comédie pour de l'argent'. » On a cru trouver la confirmation de ces commencements innocemment 6o«rgeois dans la remarque que les jeunes camarades, avant d'avoir formé une troupe régulière, paraîtraient avoir déjà